Basé sur ses propres expériences pendant ses années d'études à Moscou, Kadaré raconte ses rencontres avec l'élite des écrivains soviétiques. Sa déception est énorme. Les membres de la corporation des écrivains ne sont que des pures conformistes, des flatteurs ultra loyaux, des socialistes frustrés, des calomniateurs et des informants corrompus. Ils se comportent comme une bande de lâches, qui sont très bien au courant de ce qui se passe en réalité en URSS, mais préfèrent radoter sur des thèmes de 'bergers et de bergères'. En fait, ils fabriquent les parfaites tyroliennes demandées par le régime.
Le summum est une énorme campagne d'insultes de Boris Pasternak organisée par l'Etat soviétique après l'attribution du Prix Nobel. Par les médias, tout un pays est mobilisé pour conspuer Pasternak. Kadaré est dévasté par l'ampleur d'une campagne macabre contre un de ses plus brillants citoyens.
De plus, les conditions de vie en URSS présagent celles dans sa propre patrie.
Ce roman a le même haut niveau que l'essai mordant de Czeslaw Milosz 'La pensée captive'.