« Enfin venait la catégorie de blessures qui avait de toute évidence le plus occupé l'esprit de Vaughan : celle des lésions génitales encourues lors des accidents de la route » (page 208). Une phrase qui résume à elle toute seule les thèmes majeurs de ce roman de Ballard : le subtil mariage de l'érotisme, de la pornographie et de la technologie à travers la description d'un personnage présentant une paraphilie peu commune : une violente attirance sexuelle pour les blessures dues aux accidents de la route divers. Synopsis du roman : le narrateur, James Ballard, cause la mort d'un homme dans un accident de voiture dans lequel il est lui même gravement blessé. De retour chez lui, dans son appartement surplombant l'autoroute et les milliers de voitures défilant quotidiennement, Ballard rencontre Vaughan, homme obsédé par les accidents de voiture célèbres, allant jusqu'à les reconstituer pour assouvir ses pulsions. Peu à peu, aux côtés de Vaughan, Ballard se prend au jeu de la perversité en mariant sexe, violence et automobile'Une question domine la lecture de ce livre : l'existence de Vaughan lui même. En effet, il apparaît dans la vie de l'auteur peu après son accident, et en disparaît en se tuant dans un ultime accident. Ballard lui même en vient à douter de son existence. Alors personnage réel ou troubles mentaux de Ballard suite au traumatisme de l'accident ? Cette question apporte de la profondeur dans la réflexion qui soit être menée sur le roman, afin d'éviter de le considérer comme une œuvre à caractère uniquement pornographique, et ceci malgré quelques descriptions très crues de l'auteur. Pour conclure sur cette critique du premier volet de la « Trilogie de béton » de J. G. Ballard, je pense qu'il s'agit d'une excellente exploitation des rapports troubles et parfois intenses des hommes avec la technologie. A lire absolument, mais à ne pas mettre entre toutes les mains.