Crash est à la fois le meilleur film de David Cronenberg et le meilleur livre de James G. Ballard, dont il est tiré.
Une cohorte de personnes réunies par le hasard de la traumatologie de la route, y succombe ou y succombera à la fascination qu'exerce une sorte de gourou appocalyptique moderne, dont l'obsession est de mettre en scène et d'érotiser les accidents de la circulation. Cronenberg - et avant lui Ballard - ouvrent ici la boîte de pandore aux tabous et en laissent s'échapper plus d'un : mort, mutilation, suicide, homosexualité, fétichisme des plaies et des bosses, transgression en tout genre. Un must !
Paradoxalement, la scène la plus choquante du film le doit à la puissance du dialogue : le narrateur fait l'amour avec son épouse et en même temps doit répondre à un interrogatoire digne des films de Catherine Breillat les plus inspirés.
Bref, Crash est une exploration des pulsions les plus enfouis de nos contemporains, avec en toile de fond cette question toute Ballardienne : ne somme nous finalement que le produit du degré de technicité de notre société ?
Les points forts du film sont incontestablement la reconstitution de l'accident de James Dean et "l'allumage en règles" d'un marchand de voitures par la très craquante rosanna Arquette.
Un film qui n'a pas eu le succès qu'il méritait, en particulier dans les pays anglo-saxons et à qui il sera sans doute fait justice de l'aspect prophétique, dans quelques années. En attendant, n'hésitez pas à tenter l'expérience.