1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La douceur des tôles froissées., 12 septembre 2010
Howard Shore fait parti de ces compositeurs incontournables qui ont su parfaitement comprendre à chaque fois le travail du réalisateur pour fusionner avec les images une musique en parfaite adéquation.
A l'instar de John Williams pour Spielberg, danny Elfmann pour Burton (jadis) ou Carter Burwell et les frères Cohen ou ici donc Shore avec Cronemberg pour qui cette collaboration date depuis Rage, le travail réalisé est sidérant, tant le renouvellement des idées et la propension à changer son ordre d' inspiration ne cesse de surprendre.
Les thèmes et les ambiances d'un film à un autre ne sont jamais les mêmes. Jazz psychédélique et déstructuré avec l'aide d' Ornette Colmanes pour Naked Lunch, Quatuor à corde vertigineux et architectural d'inspiration Shostakovitchienne pour Spider...
Crash donne le ton lui, avec ses premières notes acérées sorties d'une guitare électrique angoissée et douce à la fois. Forme atonale et matte exprimant une sorte de mouvement lent sur une carrosserie, sur des détails de métal, des pare-chocs et que le tout semble se mouvoir de façon organique. Ce que souhaite dépeindre depuis toujours le réalisateur de Videodrome.
La principale caractéristiques que l'on reconnaît tout de suite chez Howard Shore, c'est cette mélancolie sourde qui accompagne toutes ses partitions. Qu'elles soient discrètes et sobres pour Le Silence des Agneaux ou plus imposantes pour les besoins de films tel que Le Seigneur des Anneaux, il y a toujours ce fond d'affliction.
Crash ne déroge donc pas à cette thématique de fond.
le film est entièrement baignée par une photographie de décrépitude, de rouille, de salissure invoquant la fin d'un cycle, d'un monde. Le score ne fait lui qu'accompagner l'ensemble, le désappointement ou une certaine douceur qu'on tous les protagonistes. Ce qui judicieusement, contrebalancent avec les ressorts mêmes du film et ce qu'il invoque. des accidents, des morts horribles, de la souffrance physique, des traumatismes. Il y a en effet, certe, de la tristesse qui répond à un monde qui semble fini, à bout mais où les personnages ne pensent pas la même chose. Il y a en effet dans les films de Cronemberg comme pour les partitions de Shore presque toujours une fin ouverte, optimistes et sereine.
jamais, compositeur et réalisateurs avaient su autant se compléter en épousant les mêmes contour de concert et rendre ainsi aussi palpable ce qui pour d'autres aurait ressembler uniquement à un jeux cérébral et froid, ennuyeux ou prétentieux.
Avec Cronemberg et Shore, toute devient douceur et empathie.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non