Dostoïevski a été admiré car dans ses romans il nous entraine dans l'esprit même des personnages, dans leur mental, cela est fait de façon saisissante et réaliste, parfois étouffant et lourd, comme peut l'être l'esprit possédé et tourmenté de notre personnage principal Raskolnikov.
Il faut lire, au delà de la folie, de la condition humaine, de la crasse et de la pauvreté, bien au delà des apparences; le pauvre devient riche, la prostituée et le criminel deviennent des sauveurs.
Ce livre est riche et profond, il est impossible de le résumer, je vous invite à vous y plonger vous-même pour en saisir tout le sens car un commentaire ne peut suffire, mais peut être qu'il peut vous décider à lire ce monument qui parfois peut intimider.
Raskolnikov est un étudiant russe qui vit a st Petersburg, il est révolté pas sa condition de pauvreté extrême et arrête ses études, il élabore alors un plan dans ses rêveries absurdes et ses errances sans but a travers la ville.
Il s'imagine être un napoléon, un grand homme qui a le droit de tuer pour faire le bien, un délire ou se mêlent la folie et la maladie. Il est écrasé par le poids de sa condition, par les quatre murs de sa chambre minuscule et crasseuse, par son esprit que se renferme sur lui-même.
Ce projet qu'il murit c'est le meurtre d'un vieille usurière, cela parait être une issue qui lui permettrait de respirer, de reprendre ses études, de ne plus être un poids pour sa famille, de se faire une situation et même de faire le bien autour de lui.
Sacrifier une personne pour le bien de beaucoup d'autres c'est même un acte pur et honorable.
Ce meurtre est d'autant plus légitime que l'usurière n'est qu'un pou qui exploite le peuple dés½uvré, alors que lui fait le bien, il donne alors que lui-même meurt de faim il donne même a tord et a travers refusant ainsi le sacrifice de sa famille qui l'entretien en redistribuant la totalité de ce qu'il reçoit.
Ce meurtre il l'exécute plus ou moins consciemment, mais il n'en profitera pas, ce n'est pas le remord qui le ronge mais la rage envers lui-même, la rage de ne pas avoir réussi a réaliser jusqu'au bout ce qu'il a entrepris et d'être découvert et arrêté, car le meurtre ce n'était que le premier pas décisif et nécessaire pour réaliser le reste.
S'il a échoué c'est qu'il n'est rien, même pas le napoléon qu'il espérait, il n'est rien et le bagne est bien peu de chose comparé à la torture psychologique qu'il s'inflige.
Etrangement attiré par Sofia, Il se reconnait en elle car elle a sacrifié son enfance en se prostituant pour faire survivre sa famille elle a sacrifié son âme et son corps pour les sauver.
Sofia pour lui c'est un sauveur comme lui-même, il lui confie son crime et ses faiblesses, il accepte le bagne comme une punition pour avoir été mauvais et non pas parce qu'il a tué.
C'est Sofia qui le remettra sur le droit chemin car en le suivant au bagne elle l'accompagne dans son châtiment, et son amour sera le début de la résurrection de raskolnikov, sa vie d'avant est effacée pour un nouveau départ, une nouvelle vie l'attend a la sortie du bagne, une vie qui sera sans doute guidée pas la lecture de la BIBLE qu'il envisage ...
Tout au long du roman nous remarquons une certaine connotation biblique qui parfois est intraduisible, St LAZARE c'est un peu Raskolnikov qui ressuscite a la vie, qui prend conscience de la vie .
C'est bien dommage de ne pas pouvoir lire ce livre en russe car j'ai bien l'impression que nous perdons avec la traduction une partie de l'essence même du livre, je vous conseille si vous vous le pouvez, la version originale !