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N'y a-t-il aucun lecteur qui n'ait rêvé de tuer un romancier dont le livre était décevant ? Aucun insomniaque qui n'ait souhaité voir le paisible dormeur foudroyé par la mort ? Max Aub, la plume acerbe et drôle, se fait le troubadour cosmopolite de ces vicissitudes intempestives auxquelles l'âme humaine est soumise.
Si, dans une brève préface, il présente son ouvrage comme des confessions recueillies de par le monde, c'est pour encore mieux nous railler Car bien entendu, ces courts propos tendant plus à l'aphorisme qu'au témoignage, ne sont réels qu'en pensée. Et Max Aub croque tout ce qui surgit de manière furtive et inavouée dans l'esprit de l'individu contrarié. Meurtres par jeu, colère, ennui, vengeance, peur, indifférence, toutes les possibilités sont offertes, légitimées avec une logique aussi implacable qu'irrésistible. "Mon papa m'a dit qu'il ne m'abandonnerait pas Il n'a pas pu le faire." Le petit catéchisme de Max Aub n'a ni religion, ni morale, ni psychologisme. Certes, il prend pourtant toutes ces formes, et s'achane sur le rythme d'une litanie incroyable d'assassinats absurdes et sinistres. Mais il émarge au cerveau du lecteur comme le miroir de ses propres fantasmes.
Et de fait, si ces petits meurtres sont à notre convenance, nous semblent si ironiques et jubilatoires, c'est précisément parce qu'ils prennent leur source dans cet instant fugace où tout esprit contrit se rêve en cynique assassin Un rêve auquel les mots donnent leur absolution et qui permettra à tous les lecteurs de ce petit recueil de savoir jouir de la pensée en sachant résister à l'acte ou à celui qui le prodigue.--Sylvaine Jeminet--
Si, dans une brève préface, il présente son ouvrage comme des confessions recueillies de par le monde, c'est pour encore mieux nous railler Car bien entendu, ces courts propos tendant plus à l'aphorisme qu'au témoignage, ne sont réels qu'en pensée. Et Max Aub croque tout ce qui surgit de manière furtive et inavouée dans l'esprit de l'individu contrarié. Meurtres par jeu, colère, ennui, vengeance, peur, indifférence, toutes les possibilités sont offertes, légitimées avec une logique aussi implacable qu'irrésistible. "Mon papa m'a dit qu'il ne m'abandonnerait pas Il n'a pas pu le faire." Le petit catéchisme de Max Aub n'a ni religion, ni morale, ni psychologisme. Certes, il prend pourtant toutes ces formes, et s'achane sur le rythme d'une litanie incroyable d'assassinats absurdes et sinistres. Mais il émarge au cerveau du lecteur comme le miroir de ses propres fantasmes.
Et de fait, si ces petits meurtres sont à notre convenance, nous semblent si ironiques et jubilatoires, c'est précisément parce qu'ils prennent leur source dans cet instant fugace où tout esprit contrit se rêve en cynique assassin Un rêve auquel les mots donnent leur absolution et qui permettra à tous les lecteurs de ce petit recueil de savoir jouir de la pensée en sachant résister à l'acte ou à celui qui le prodigue.--Sylvaine Jeminet--