Le truc avec un album d'Annihilator, c'est qu'on est toujours certain de trouver 2 ou 3 morceaux de folie, même sur un album mineur. "Criteria for a Black Widow" fait partie de ces albums là.
Ah, de toute évidence, on veut nous faire croire que l'Annihilator de la grande époque est de retour, et que cet album va pouvoir égaler les classiques du thrash que sont "Alice in Hell" et "Never Neverland". On remet Alice sur la pochette, Randy Rampage (qui officiait sur le premier album culte du groupe) est de retour derrière le micro, on trouve même un morceau qui s'intitule "Schizos are never alone part III": suite d'un instrumental époustouflant paru lui aussi sur "Alice in Hell" 10 ans auparavant. 10 ans... une belle date anniversaire, tout concorde, cet album doit forcément être une tuerie. Et bah non.
Et pourtant, ça commence très fort avec "Bloodbath", morceau thrash rapide, puissant et... implacable. On se dit que ça y est, que Jeff Waters, suprême leader de la formation, est revenu aux sources du thrash hyper speed dont il a le secret après ses égarements machinesques pénibles sur le précédent album "Remains". Il enfonce même le clou avec "Back to the Palace" en 2e position, réference au morceau qui ouvrait le cultissime "Never Neverland". Mais après, l'album, sans être foncièrement mauvais, cesse d'impressionner. Il agace même parfois, comme sur l'affreuse chanson titre... quelle horreur ce morceau! J'ai rarement entendu ça! Heureusement d'ailleurs...
Et puis, disons le franchement, Randy Rampage n'est vraiment pas un excellent chanteur. Jeff Waters chantait mieux sur les albums précédents, et il engagera de bien meilleurs vocalistes par la suite. Bref, on s'ennuie un peu vers le milieu de l'album, à écouter se succéder des morceaux à la manière d'Alice, mais sans la flamme. Tout cela semble en vérité assez peu inspiré. Heureusement, la neuvième piste, très justement intitulée "Sonic Homicide", nous réveille en nous mettant une bonne grosse claque et nous rappelle en passant le génie du thrash que Jeff Waters peut incarner quand il s'en donne la peine.
Bon, tout cela c'était en 1999, et je me suis dit à l'époque que le groupe se mettait à tourner en rond. J'ai été un peu déçu mais n'ai pas perdu la foi pour autant, et j'ai bien eu raison. Le vrai retour du maître n'allait, en effet, pas tarder à avoir lieu. Mais ceci est une autre histoire...