Florence Carala, épouse du célèbre industriel Simon Carala, s'entretient, dans le cadre d'une conversation téléphonique, avec Julien Tavernier. Ils sont amants et ont formé le projet d'assassiner ledit Simon Carala. Dans une demi-heure Florence signifie à Julien qu'elle l'attendra sur la terrasse du Royal Camée, un café parisien situé Boulevard Haussmann. Julien est de fait le collaborateur de son mari et travaille dans le même immeuble que ce dernier au sein du Consortium Carala, une importante société d'armement. L'appel terminé, Tavernier quitte son bureau et se rend auprès de Geneviève, la secrétaire, pour lui demander qu'elle ne le dérange « sous aucun prétexte ». Une fois rentré, il ouvre le tiroir d'un meuble où sont classés plusieurs dossiers, y saisit une paire de gants, un revolver et un grappin, et sort du bureau par la fenêtre. Dès lors, il parvient à monter à l'étage supérieur en gravissant la façade, s'introduit dans les locaux de la direction pour se retrouver à terme face à Simon Carala. En quelques minutes, Tavernier sort son revolver, une arme qui en réalité appartient à son patron (« Qui vous a donné mon revolver ? Qui ? ») et tue celui-ci. Son intention est de faire croire à un suicide. Aussi, élimine-t-il tous les indices susceptibles de l'accuser pour enfin sortir de l'immeuble sans avoir été remarqué, ni par Geneviève, ni par Maurice, le gardien.
Il est dix-neuf heures trente ce samedi quand il regagne son véhicule dans l'idée d'avoir accompli le crime parfait et de pouvoir profiter du week-end avec sa complice. Mais au moment de démarrer, il s'aperçoit que la corde du grappin est demeurée suspendue. Il revient aussitôt sur ses pas, entre dans l'immeuble et prend l'ascenseur. Cependant, au bout de quelques minutes à peine, Maurice, qui ne l'a pas vu, coupe l'électricité. L'ascension est subitement interrompue. Tavernier se retrouve bloqué dans la cabine entre deux étages ; une situation pour le moins inconfortable d'autant plus qu'entre-temps, Louis, qui fréquente Véronique, une jeune fleuriste du quartier, et trouvant le véhicule de Tavernier, dont le moteur est en train de tourner, très à son goût, monte à bord impunément et propose à cette dernière d'aller faire un tour. Non loin de là, sur la terrasse du Royal Camée, Florence Carala commence à s'impatienter de la venue de Julien, quand elle aperçoit soudain la voiture de celui-ci passer sans s'arrêter avec deux personnes à son bord. Imaginant alors que son amant est parti avec la jeune fleuriste, qu'elle eut par ailleurs le temps d'identifier, Florence commence à errer seule dans les rues en monologuant (« Julien est un lâche. Il n'ose pas être heureux... »)
Cette réalisation de Louis Malle, du reste, se fonde sur une intrigue mettant en exergue l'art du contrepoint. En effet, à l'action principale qui consiste dans le meurtre fomenté par les deux amants, demeure superposé le motif secondaire de l'assassinat d'un couple d'Allemands commis par Louis, jeune délinquant qui usurpe l'identité de Julien Tavernier. Progressivement, néanmoins, l'imbroglio dans lequel semble pris ce dernier se dénoue par le fait de l'ouverture d'une enquête criminelle mise en oeuvre par le commissaire Cherrier, laquelle apporte un éclairage sur les tenants et les aboutissants de la culpabilité de chacun. La musique originale de Miles Davis, à cet égard, corrobore le savant usage de la nuance qui caractérise l'interprétation et la mise en scène. Enfin, Jeanne Moreau, Maurice Ronet et Lino Ventura confèrent aux dialogues de Roger Nimier et au caractère des personnages inventés par Noël Calef un style sans égal qui situe cette adaptation au rang des chefs-d'oeuvre de la Nouvelle Vague.