"Les démons de la liberté - Brute Force" est un drame policier américain de Jules Dassin (1946-1h38) en N/B
Scénario : Richard Brooks et Robert Patterson (d'après son histoire)
Photo : William Daniels / Musique : Miklos Rozsa / Montage : Edward Curtiss
Casting : Burt Lancaster (Joe Collins), Hume Cronyn (Capitaine Munsey), Charles Bickford (Gallagher), Yvonne de Carlo (Gina Ferrara), Ann Blyth (Ruth), Ella Raines (Cora Lister), Anita Colby (Flossie), Sam Levene (Louie Miller), Jeff Corey (Stack), John Hoyt (Spencer), Jack Overman (Kid Coy), Roman Bohnen (Warden Barnes)...
Synopsis : Une prison surpeuplée est sous le commandement du gardien en chef, le capitaine Munsey, un dangereux sadique qui espère devenir le directeur du pénitencier. Joe Collins n'a qu'une idée en tête, s'évader pour rejoindre Ruth, la femme qu'il aime...
Quelques flashbacks permettent de découvrir des tranches de vie de quelques prisonniers de la cellule R17. On cerne alors, pour chacun d'entre eux, les motivations qui les habitent. La prison étant le sujet principal de l'histoire, une sommaire description s'impose d'emblée pour situer les lieux et sa population :
Westgate est un pénitencier surpeuplé. Perdu au milieu d'un îlot et entouré de très hauts murs, dont le seul accès est un pont relevable. Le solide portail s`ouvre en actionnant un levier qui agit également sur le pont. Les deux s'ouvrant ou se fermant, simultanément, par l'action d'un gardien du mirador. Il est donc pratiquement impossible de s'échapper. Le thème du film est l'univers carcéral, filon déjà très exploité à l'époque mais bien plus encore depuis quelques années. En décrivant les gardiens comme des brutes, particulièrement le capitaine Munsey le pire de tous qui torture cruellement les détenus susceptibles de lui fournir des renseignements pour en faire des mouchards, le réalisateur prend ouvertement le parti des prisonniers. Il va alors délibérément nous rendre témoin de toutes les bassesses du chef gardien allant jusqu'à nous montrer la torture qu'il pratique sur un prisonnier. Le sadique Munsey couvre les cris des prisonniers qu'il frappe sur une musique de Wagner. Personne n'ose s'opposer à ses méthodes, pas même le directeur qui est un brave type mais trop lâche pour imposer son autorité. Dans la cellule R17 se trouve Joe Collins et ses cinq codétenus Spencer, Becker, Stack, Lister, Coy qui remplace Frankie McLain mort par la faute du capitaine Munsey. On sent monter la tension et la révolte qui gronde...
Les films sur l'univers carcéral sont nombreux et l'on peut même dire qu'ils remontent au tout début du cinéma mais ce ne sont souvent que des courts métrages. Il faut attendre les années 30 pour trouver des films structurés qui s'apparentent très souvent aux films noirs. Quelques exemples non exhaustifs : 1932, "
Je suis un évadé" de Mervyn LeRoy et "20 000 ans sous les verrous" de Michel Curtiz. 1936, "
Je n'ai pas tué Lincoln (VOST)" de John Ford. 1939, "A chaque aube je meurs" de William Keighley. 1950, "Caged" de John Cromwell. 1955, "Femmes en prison" de Lewis Seiler. 1958, "
Je veux vivre !" de Robert Wise. 1960, "
Le Trou" de Jacques Becker. 1962, "Le prisonnier d'Alcatraz" de John Frankenheimer. 1973, "
Papillon (Édition simple) version longue de Franklin Schaffner. 1979, "
L'Evadé d'Alcatraz" de Don Siegel. 1980, "
Brubaker" de Stuart Rosenberg. 2008, "
Hunger [Import anglais]" de Steve McQueen (l'homonyme anglais du célèbre acteur américain). 2009, "
Un prophète (César 2010 du Meilleur Film)" de Jacques Audiard. Etc.
Conclusion: Pour son deuxième film Burt Lancaster nous montre, après « les tueurs », l'étendue de son talent. Il est, avec Hume Cronyn, la pièce maîtresse de ce bon film noir. Très belles images en noir et blanc de William Daniels.