Crosby, Stills and Nash

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Biographie

En 1967, le guitariste David Crosby vient d'être viré des Byrds par Roger McGuinn et Chris Hillman, mécontents de sa participation au set du Buffalo Springfield durant le festival de Monterey au mois de juin où il remplaçait Neil Young à la demande de Stephen Stills. Les Byrds, inventeurs du folk-rock, rendus mondialement célèbres par des titres comme leurs reprises de Dylan, « Mister Tambourine Man », de Pete Seeger « Turn! Turn! Turn! » ou « Eight Miles High » co-écrit par Crosby. Après cinq années au long desquelles s'affirme son goût pour les mélodies progressives et les accords « ... Lire la suite

En 1967, le guitariste David Crosby vient d'être viré des Byrds par Roger McGuinn et Chris Hillman, mécontents de sa participation au set du Buffalo Springfield durant le festival de Monterey au mois de juin où il remplaçait Neil Young à la demande de Stephen Stills. Les Byrds, inventeurs du folk-rock, rendus mondialement célèbres par des titres comme leurs reprises de Dylan, « Mister Tambourine Man », de Pete Seeger « Turn! Turn! Turn! » ou « Eight Miles High » co-écrit par Crosby. Après cinq années au long desquelles s'affirme son goût pour les mélodies progressives et les accords « ouverts » de sa guitare (open-tuning; il s'accorde en mi-si-ré-sol-la-ré) au contact de Joni Mitchell, il se retrouve à produire le premier album de la chanteuse, qui lui écrira le hit « Woodstock », avant qu'il ne croise la route de Stephen Stills. Ce dernier, autre étoile au firmament de la musique sixties américaine, vient de connaître un destin quasi-similaire : son groupe, le Buffalo Springfield, vient d'imploser après trois albums, miné par les divergences de vues de ses deux principaux leaders, lui-même et un certain Neil Young, guitariste canadien invivable oscillant sans cesse entre le désir de l'aventure collective et la fuite en solitaire. Le groupe a néanmoins le temps d'inscrire deux joyaux au fronton du rock: « For What It's Worth » de Stills et «Mister Soul » de Young. Le troisième homme, Graham Nash, est dans la même situation. Les Hollies, groupe anglais créé en 1961 dont il était le principal chanteur, très inspiré par les Everly Brothers, a pris part à l'invasion britannique qui déferla sur les ondes US. Ses énormes hits (« Carrie Anne », « Bus Stop » entre autres) l'ont fait rivaliser alors avec ses compatriotes Beatles et autres Rolling Stones, mais, submergés par la vague psychédélique, ils peinent à trouver une direction crédible. Un album de reprises de Bob Dylan est enregistré avec Nash, mais il ne sortira qu'amputé de ses parties vocales, remplacées par la voix de son successeur Terry Sylvester; seule une version de « Blowin' In The Wind » voit le jour en 45t, et seulement en Suède. Et Graham Nash quitte famille, groupe, patrie, et s'exile en Californie.

Ils enregistrent le disque Crosby, Stills and Nash qui sort le 29 mai 1969 et se place parmi les meilleures ventes d'albums. Echaudés par leurs expériences respectives (les groupes dont ils étaient les piliers continuent sans eux mais sous le même nom), ils choisissent de donner leurs noms propres au disque pour se garantir d'une éventuelle récupération par l'un d'eux. Et l'officialisent par un vrai contrat, encouragés par le boss d'Atlantic, Ahmet Ertegun. Pari gagnant : le trio trouve sa voie en conjuguant d'extraordinaires harmonies vocales à des jeux de guitares très rocks et chacun d'entre eux donne le meilleur de lui-même dans des compositions pleine du souffle de l'époque. « Marrakesh Express », « Helplessly Hoping », « 49 Bye-Byes » ou « Suite : Judy Blue Eyes » affichent une facilité insolente et trouvent immédiatement un public qui s'engouffre dans ces rêves d'évasion et de liberté nouvelle. L'album doit beaucoup à Stephen Stills, véritable initiateur du projet et directeur des répétitions: il fait preuve d'une incroyable créativité au piano, à la guitare tout autant qu'à la basse (la batterie est tenue par Dallas Taylor). Et il devient disque d'or en octobre suivant, le jour même où la compagne de Crosby, Christine Hinton, se tue dans un accident de la route.

Complété dès l'année suivante par Neil Young, ancien partenaire de Stephen Stills au sein du Buffalo Springfield, le trio devenu quatuor éphémère entre alors définitivement dans la légende, propulsé qu'il est par les succès de ses disques (Déjà Vu n°1 des ventes en 1970, idem pour le double live 4 Way Street enregistré la même année) et la renommée planétaire qui touche les groupes ayant participé au Festival de Woodstock en août 1969. La nation Woodstock dont « Teach Your Children » devient l'hymne, domine le monde musical et trouve dans ce super groupe son porte drapeau idéologique, la jeunesse y contemple le reflet parfait de ses préoccupations d'alors, les thèmes écologiques et libertaires alternant avec les dénonciations du pouvoir en place, qu'il mène la guerre au Vietnam ou qu'il réprime dans le sang des manifestations étudiantes: « Long Time Gone », écrit par David Crosby sur l'Amérique la nuit suivant l'assassinat de Robert Kennedy, et qui servira de bande son au début du film Woodstock.

Neil Young ne tarde cependant pas à réclamer son indépendance et le quatuor implose dès 1970 sous l'effet de dissensions internes exacerbées par les caprices de divas de ses membres. Après Stills en novembre 70, Crosby en février et Nash en Mai 71, Stills sort son deuxième opus solo en juin 71, et Crosby & Nash leur premier album en duo en avril 72, une semaine avant le premier album du nouveau groupe de Stills, Manassas. La rupture semble consommée, mais le gros succès de la compilation-best of (après seulement deux disques en studio et un seul en concert !) So Far en août 74 (n°1) prouve que la formation est toujours populaire. Ballottés entre les tentatives infructueuses d'enregistrement à quatre d'un nouvel album studio, ils capitalisent sur cette renaissance en entreprenant une gigantesque tournée des stades en 1974, la première du genre avant celle des Rolling Stones l'année suivante. Crosby, Stills et Nash ne se retrouvent finalement ensemble qu'en 1977 pour enregistrer CSN, album mis immédiatement en orbite par trois chansons qui prendront place parmi les classiques du groupe: « Just A Song Before I Go » de Nash, « Fair Game » et « Dark Star » de Stills. La tonalité globale de l'album est moins rock mais atteint sa cible avec des compositions gracieuses quoique pour certaines surproduites (le somptueux pamphlet limite athée « Cathedral »  de Nash), défaut récurrent de trois musiciens plus perfectionnistes que toujours audacieux.

En tournée quasi permanente en 1977/78, l'association laisse ensuite respirer ses membres pour d'autres projets en solo comme ceux de Stills (l'album studioThoroughfare Gap en septembre 78), Nash (Earth & Sky de février 80), sur scène (le live Crosby and Nash de 77), le coup de la compil' à nouveau (Crosby & Nash en 78 et Replay en décembre 80) avant que le trio ne remette ça en 1982 et la sortie le 21 juin de Daylight Again, dernier album digne d'intérêt avant une nette dégradation d'inspiration aggravée par des déficiences personnelles de plus en plus flagrantes, le plus touché étant David Crosby que l'on retrouve en prison en 1982 et sur le billard treize ans plus tard pour une transplantation de ce qui lui reste de foie. Un vrai miracle donc que cet album, surtout quand on sait que Crosby n'y a que peu contribué, diminué par sa dépendance aux drogues : l'inédite combinaison Stills-Nash sait éviter les pièges du son FM car le disque (même s'il sonne daté) évite le tout-synthétiseur très en vogue à l'époque. On en retiendra les fameux «Wasted On The Way » de Nash et « Southern Cross » de Stills, deux hits permettant d'entretenir la flamme du trio. Car même si les voix sont encore là, les auteurs semblent usés. Neil Young, sans doute torturé par le remord envers ses anciens partenaires, essaie de remettre le bateau à flot en 1988 avec l'album American Dream enregistré dans son propre ranch à Woodside au sud de San Francisco, mais refuse partir en tournée. Le trio fait alors appel à des invités pour donner un peu de consistance à ses sorties, ce que retrace le live Live It Up sorti le 11 juin 1990 sur lequel on retrouve Peter Frampton, Branford Marsalis ou Roger McGuinn. Le 31 mars précédent, CSN donne un concert majestueux au Grand Rex à Paris, où l'on remarque des larmes de joie dans les yeux de nombreux fans de la première heure...

Les années quatre-vingt dix voient ensuite une nouvelle alternance de projets solitaires, à deux, à trois (le décevant After The Storm en 1994 pourtant produit par le magicien Glyn Johns), à quatre (Looking Forward en 99), mais jamais très novateurs, le groupe se contentant de rejouer son passé, comme en 1994 où il participe, pour fêter les 25 ans de son existence, à une nouvelle édition du Festival de Woodstock, ou lors de nombreuses manifestations caritatives auxquelles il prend part, perpétuant là un activisme social et écologique qui est aussi sa marque depuis ses débuts.

Les tournées lucratives s'enchaînent néanmoins, principale motivation d'artistes à bout de souffle, qui reprennent quand même un peu de leurs couleurs quand ils soutiennent Neil Young en concert (la tournée Freedom Of Speech entamée en 2006 et qui court encore en 2007) dans son combat anti-Bush, véritable cure de jouvence pour de vieux hippies qui regardent stupéfaits une nouvelle génération reprendre leurs chansons aux thèmes finalement éternels.

Copyright 2014 Music Story Thierry Gaydon

En 1967, le guitariste David Crosby vient d'être viré des Byrds par Roger McGuinn et Chris Hillman, mécontents de sa participation au set du Buffalo Springfield durant le festival de Monterey au mois de juin où il remplaçait Neil Young à la demande de Stephen Stills. Les Byrds, inventeurs du folk-rock, rendus mondialement célèbres par des titres comme leurs reprises de Dylan, « Mister Tambourine Man », de Pete Seeger « Turn! Turn! Turn! » ou « Eight Miles High » co-écrit par Crosby. Après cinq années au long desquelles s'affirme son goût pour les mélodies progressives et les accords « ouverts » de sa guitare (open-tuning; il s'accorde en mi-si-ré-sol-la-ré) au contact de Joni Mitchell, il se retrouve à produire le premier album de la chanteuse, qui lui écrira le hit « Woodstock », avant qu'il ne croise la route de Stephen Stills. Ce dernier, autre étoile au firmament de la musique sixties américaine, vient de connaître un destin quasi-similaire : son groupe, le Buffalo Springfield, vient d'imploser après trois albums, miné par les divergences de vues de ses deux principaux leaders, lui-même et un certain Neil Young, guitariste canadien invivable oscillant sans cesse entre le désir de l'aventure collective et la fuite en solitaire. Le groupe a néanmoins le temps d'inscrire deux joyaux au fronton du rock: « For What It's Worth » de Stills et «Mister Soul » de Young. Le troisième homme, Graham Nash, est dans la même situation. Les Hollies, groupe anglais créé en 1961 dont il était le principal chanteur, très inspiré par les Everly Brothers, a pris part à l'invasion britannique qui déferla sur les ondes US. Ses énormes hits (« Carrie Anne », « Bus Stop » entre autres) l'ont fait rivaliser alors avec ses compatriotes Beatles et autres Rolling Stones, mais, submergés par la vague psychédélique, ils peinent à trouver une direction crédible. Un album de reprises de Bob Dylan est enregistré avec Nash, mais il ne sortira qu'amputé de ses parties vocales, remplacées par la voix de son successeur Terry Sylvester; seule une version de « Blowin' In The Wind » voit le jour en 45t, et seulement en Suède. Et Graham Nash quitte famille, groupe, patrie, et s'exile en Californie.

Ils enregistrent le disque Crosby, Stills and Nash qui sort le 29 mai 1969 et se place parmi les meilleures ventes d'albums. Echaudés par leurs expériences respectives (les groupes dont ils étaient les piliers continuent sans eux mais sous le même nom), ils choisissent de donner leurs noms propres au disque pour se garantir d'une éventuelle récupération par l'un d'eux. Et l'officialisent par un vrai contrat, encouragés par le boss d'Atlantic, Ahmet Ertegun. Pari gagnant : le trio trouve sa voie en conjuguant d'extraordinaires harmonies vocales à des jeux de guitares très rocks et chacun d'entre eux donne le meilleur de lui-même dans des compositions pleine du souffle de l'époque. « Marrakesh Express », « Helplessly Hoping », « 49 Bye-Byes » ou « Suite : Judy Blue Eyes » affichent une facilité insolente et trouvent immédiatement un public qui s'engouffre dans ces rêves d'évasion et de liberté nouvelle. L'album doit beaucoup à Stephen Stills, véritable initiateur du projet et directeur des répétitions: il fait preuve d'une incroyable créativité au piano, à la guitare tout autant qu'à la basse (la batterie est tenue par Dallas Taylor). Et il devient disque d'or en octobre suivant, le jour même où la compagne de Crosby, Christine Hinton, se tue dans un accident de la route.

Complété dès l'année suivante par Neil Young, ancien partenaire de Stephen Stills au sein du Buffalo Springfield, le trio devenu quatuor éphémère entre alors définitivement dans la légende, propulsé qu'il est par les succès de ses disques (Déjà Vu n°1 des ventes en 1970, idem pour le double live 4 Way Street enregistré la même année) et la renommée planétaire qui touche les groupes ayant participé au Festival de Woodstock en août 1969. La nation Woodstock dont « Teach Your Children » devient l'hymne, domine le monde musical et trouve dans ce super groupe son porte drapeau idéologique, la jeunesse y contemple le reflet parfait de ses préoccupations d'alors, les thèmes écologiques et libertaires alternant avec les dénonciations du pouvoir en place, qu'il mène la guerre au Vietnam ou qu'il réprime dans le sang des manifestations étudiantes: « Long Time Gone », écrit par David Crosby sur l'Amérique la nuit suivant l'assassinat de Robert Kennedy, et qui servira de bande son au début du film Woodstock.

Neil Young ne tarde cependant pas à réclamer son indépendance et le quatuor implose dès 1970 sous l'effet de dissensions internes exacerbées par les caprices de divas de ses membres. Après Stills en novembre 70, Crosby en février et Nash en Mai 71, Stills sort son deuxième opus solo en juin 71, et Crosby & Nash leur premier album en duo en avril 72, une semaine avant le premier album du nouveau groupe de Stills, Manassas. La rupture semble consommée, mais le gros succès de la compilation-best of (après seulement deux disques en studio et un seul en concert !) So Far en août 74 (n°1) prouve que la formation est toujours populaire. Ballottés entre les tentatives infructueuses d'enregistrement à quatre d'un nouvel album studio, ils capitalisent sur cette renaissance en entreprenant une gigantesque tournée des stades en 1974, la première du genre avant celle des Rolling Stones l'année suivante. Crosby, Stills et Nash ne se retrouvent finalement ensemble qu'en 1977 pour enregistrer CSN, album mis immédiatement en orbite par trois chansons qui prendront place parmi les classiques du groupe: « Just A Song Before I Go » de Nash, « Fair Game » et « Dark Star » de Stills. La tonalité globale de l'album est moins rock mais atteint sa cible avec des compositions gracieuses quoique pour certaines surproduites (le somptueux pamphlet limite athée « Cathedral »  de Nash), défaut récurrent de trois musiciens plus perfectionnistes que toujours audacieux.

En tournée quasi permanente en 1977/78, l'association laisse ensuite respirer ses membres pour d'autres projets en solo comme ceux de Stills (l'album studioThoroughfare Gap en septembre 78), Nash (Earth & Sky de février 80), sur scène (le live Crosby and Nash de 77), le coup de la compil' à nouveau (Crosby & Nash en 78 et Replay en décembre 80) avant que le trio ne remette ça en 1982 et la sortie le 21 juin de Daylight Again, dernier album digne d'intérêt avant une nette dégradation d'inspiration aggravée par des déficiences personnelles de plus en plus flagrantes, le plus touché étant David Crosby que l'on retrouve en prison en 1982 et sur le billard treize ans plus tard pour une transplantation de ce qui lui reste de foie. Un vrai miracle donc que cet album, surtout quand on sait que Crosby n'y a que peu contribué, diminué par sa dépendance aux drogues : l'inédite combinaison Stills-Nash sait éviter les pièges du son FM car le disque (même s'il sonne daté) évite le tout-synthétiseur très en vogue à l'époque. On en retiendra les fameux «Wasted On The Way » de Nash et « Southern Cross » de Stills, deux hits permettant d'entretenir la flamme du trio. Car même si les voix sont encore là, les auteurs semblent usés. Neil Young, sans doute torturé par le remord envers ses anciens partenaires, essaie de remettre le bateau à flot en 1988 avec l'album American Dream enregistré dans son propre ranch à Woodside au sud de San Francisco, mais refuse partir en tournée. Le trio fait alors appel à des invités pour donner un peu de consistance à ses sorties, ce que retrace le live Live It Up sorti le 11 juin 1990 sur lequel on retrouve Peter Frampton, Branford Marsalis ou Roger McGuinn. Le 31 mars précédent, CSN donne un concert majestueux au Grand Rex à Paris, où l'on remarque des larmes de joie dans les yeux de nombreux fans de la première heure...

Les années quatre-vingt dix voient ensuite une nouvelle alternance de projets solitaires, à deux, à trois (le décevant After The Storm en 1994 pourtant produit par le magicien Glyn Johns), à quatre (Looking Forward en 99), mais jamais très novateurs, le groupe se contentant de rejouer son passé, comme en 1994 où il participe, pour fêter les 25 ans de son existence, à une nouvelle édition du Festival de Woodstock, ou lors de nombreuses manifestations caritatives auxquelles il prend part, perpétuant là un activisme social et écologique qui est aussi sa marque depuis ses débuts.

Les tournées lucratives s'enchaînent néanmoins, principale motivation d'artistes à bout de souffle, qui reprennent quand même un peu de leurs couleurs quand ils soutiennent Neil Young en concert (la tournée Freedom Of Speech entamée en 2006 et qui court encore en 2007) dans son combat anti-Bush, véritable cure de jouvence pour de vieux hippies qui regardent stupéfaits une nouvelle génération reprendre leurs chansons aux thèmes finalement éternels.

Copyright 2014 Music Story Thierry Gaydon

En 1967, le guitariste David Crosby vient d'être viré des Byrds par Roger McGuinn et Chris Hillman, mécontents de sa participation au set du Buffalo Springfield durant le festival de Monterey au mois de juin où il remplaçait Neil Young à la demande de Stephen Stills. Les Byrds, inventeurs du folk-rock, rendus mondialement célèbres par des titres comme leurs reprises de Dylan, « Mister Tambourine Man », de Pete Seeger « Turn! Turn! Turn! » ou « Eight Miles High » co-écrit par Crosby. Après cinq années au long desquelles s'affirme son goût pour les mélodies progressives et les accords « ouverts » de sa guitare (open-tuning; il s'accorde en mi-si-ré-sol-la-ré) au contact de Joni Mitchell, il se retrouve à produire le premier album de la chanteuse, qui lui écrira le hit « Woodstock », avant qu'il ne croise la route de Stephen Stills. Ce dernier, autre étoile au firmament de la musique sixties américaine, vient de connaître un destin quasi-similaire : son groupe, le Buffalo Springfield, vient d'imploser après trois albums, miné par les divergences de vues de ses deux principaux leaders, lui-même et un certain Neil Young, guitariste canadien invivable oscillant sans cesse entre le désir de l'aventure collective et la fuite en solitaire. Le groupe a néanmoins le temps d'inscrire deux joyaux au fronton du rock: « For What It's Worth » de Stills et «Mister Soul » de Young. Le troisième homme, Graham Nash, est dans la même situation. Les Hollies, groupe anglais créé en 1961 dont il était le principal chanteur, très inspiré par les Everly Brothers, a pris part à l'invasion britannique qui déferla sur les ondes US. Ses énormes hits (« Carrie Anne », « Bus Stop » entre autres) l'ont fait rivaliser alors avec ses compatriotes Beatles et autres Rolling Stones, mais, submergés par la vague psychédélique, ils peinent à trouver une direction crédible. Un album de reprises de Bob Dylan est enregistré avec Nash, mais il ne sortira qu'amputé de ses parties vocales, remplacées par la voix de son successeur Terry Sylvester; seule une version de « Blowin' In The Wind » voit le jour en 45t, et seulement en Suède. Et Graham Nash quitte famille, groupe, patrie, et s'exile en Californie.

Ils enregistrent le disque Crosby, Stills and Nash qui sort le 29 mai 1969 et se place parmi les meilleures ventes d'albums. Echaudés par leurs expériences respectives (les groupes dont ils étaient les piliers continuent sans eux mais sous le même nom), ils choisissent de donner leurs noms propres au disque pour se garantir d'une éventuelle récupération par l'un d'eux. Et l'officialisent par un vrai contrat, encouragés par le boss d'Atlantic, Ahmet Ertegun. Pari gagnant : le trio trouve sa voie en conjuguant d'extraordinaires harmonies vocales à des jeux de guitares très rocks et chacun d'entre eux donne le meilleur de lui-même dans des compositions pleine du souffle de l'époque. « Marrakesh Express », « Helplessly Hoping », « 49 Bye-Byes » ou « Suite : Judy Blue Eyes » affichent une facilité insolente et trouvent immédiatement un public qui s'engouffre dans ces rêves d'évasion et de liberté nouvelle. L'album doit beaucoup à Stephen Stills, véritable initiateur du projet et directeur des répétitions: il fait preuve d'une incroyable créativité au piano, à la guitare tout autant qu'à la basse (la batterie est tenue par Dallas Taylor). Et il devient disque d'or en octobre suivant, le jour même où la compagne de Crosby, Christine Hinton, se tue dans un accident de la route.

Complété dès l'année suivante par Neil Young, ancien partenaire de Stephen Stills au sein du Buffalo Springfield, le trio devenu quatuor éphémère entre alors définitivement dans la légende, propulsé qu'il est par les succès de ses disques (Déjà Vu n°1 des ventes en 1970, idem pour le double live 4 Way Street enregistré la même année) et la renommée planétaire qui touche les groupes ayant participé au Festival de Woodstock en août 1969. La nation Woodstock dont « Teach Your Children » devient l'hymne, domine le monde musical et trouve dans ce super groupe son porte drapeau idéologique, la jeunesse y contemple le reflet parfait de ses préoccupations d'alors, les thèmes écologiques et libertaires alternant avec les dénonciations du pouvoir en place, qu'il mène la guerre au Vietnam ou qu'il réprime dans le sang des manifestations étudiantes: « Long Time Gone », écrit par David Crosby sur l'Amérique la nuit suivant l'assassinat de Robert Kennedy, et qui servira de bande son au début du film Woodstock.

Neil Young ne tarde cependant pas à réclamer son indépendance et le quatuor implose dès 1970 sous l'effet de dissensions internes exacerbées par les caprices de divas de ses membres. Après Stills en novembre 70, Crosby en février et Nash en Mai 71, Stills sort son deuxième opus solo en juin 71, et Crosby & Nash leur premier album en duo en avril 72, une semaine avant le premier album du nouveau groupe de Stills, Manassas. La rupture semble consommée, mais le gros succès de la compilation-best of (après seulement deux disques en studio et un seul en concert !) So Far en août 74 (n°1) prouve que la formation est toujours populaire. Ballottés entre les tentatives infructueuses d'enregistrement à quatre d'un nouvel album studio, ils capitalisent sur cette renaissance en entreprenant une gigantesque tournée des stades en 1974, la première du genre avant celle des Rolling Stones l'année suivante. Crosby, Stills et Nash ne se retrouvent finalement ensemble qu'en 1977 pour enregistrer CSN, album mis immédiatement en orbite par trois chansons qui prendront place parmi les classiques du groupe: « Just A Song Before I Go » de Nash, « Fair Game » et « Dark Star » de Stills. La tonalité globale de l'album est moins rock mais atteint sa cible avec des compositions gracieuses quoique pour certaines surproduites (le somptueux pamphlet limite athée « Cathedral »  de Nash), défaut récurrent de trois musiciens plus perfectionnistes que toujours audacieux.

En tournée quasi permanente en 1977/78, l'association laisse ensuite respirer ses membres pour d'autres projets en solo comme ceux de Stills (l'album studioThoroughfare Gap en septembre 78), Nash (Earth & Sky de février 80), sur scène (le live Crosby and Nash de 77), le coup de la compil' à nouveau (Crosby & Nash en 78 et Replay en décembre 80) avant que le trio ne remette ça en 1982 et la sortie le 21 juin de Daylight Again, dernier album digne d'intérêt avant une nette dégradation d'inspiration aggravée par des déficiences personnelles de plus en plus flagrantes, le plus touché étant David Crosby que l'on retrouve en prison en 1982 et sur le billard treize ans plus tard pour une transplantation de ce qui lui reste de foie. Un vrai miracle donc que cet album, surtout quand on sait que Crosby n'y a que peu contribué, diminué par sa dépendance aux drogues : l'inédite combinaison Stills-Nash sait éviter les pièges du son FM car le disque (même s'il sonne daté) évite le tout-synthétiseur très en vogue à l'époque. On en retiendra les fameux «Wasted On The Way » de Nash et « Southern Cross » de Stills, deux hits permettant d'entretenir la flamme du trio. Car même si les voix sont encore là, les auteurs semblent usés. Neil Young, sans doute torturé par le remord envers ses anciens partenaires, essaie de remettre le bateau à flot en 1988 avec l'album American Dream enregistré dans son propre ranch à Woodside au sud de San Francisco, mais refuse partir en tournée. Le trio fait alors appel à des invités pour donner un peu de consistance à ses sorties, ce que retrace le live Live It Up sorti le 11 juin 1990 sur lequel on retrouve Peter Frampton, Branford Marsalis ou Roger McGuinn. Le 31 mars précédent, CSN donne un concert majestueux au Grand Rex à Paris, où l'on remarque des larmes de joie dans les yeux de nombreux fans de la première heure...

Les années quatre-vingt dix voient ensuite une nouvelle alternance de projets solitaires, à deux, à trois (le décevant After The Storm en 1994 pourtant produit par le magicien Glyn Johns), à quatre (Looking Forward en 99), mais jamais très novateurs, le groupe se contentant de rejouer son passé, comme en 1994 où il participe, pour fêter les 25 ans de son existence, à une nouvelle édition du Festival de Woodstock, ou lors de nombreuses manifestations caritatives auxquelles il prend part, perpétuant là un activisme social et écologique qui est aussi sa marque depuis ses débuts.

Les tournées lucratives s'enchaînent néanmoins, principale motivation d'artistes à bout de souffle, qui reprennent quand même un peu de leurs couleurs quand ils soutiennent Neil Young en concert (la tournée Freedom Of Speech entamée en 2006 et qui court encore en 2007) dans son combat anti-Bush, véritable cure de jouvence pour de vieux hippies qui regardent stupéfaits une nouvelle génération reprendre leurs chansons aux thèmes finalement éternels.

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