Ca commence sur les chapeaux de roues avec un duo Clapton-Sonny Landreth. Ce dernier est fabuleux à la slide, il chante bien, un peu à la Johnny Winter et il a de fabuleuses Strats, épatant. Suit Robert Randolph à la pedal steel et son groupe pour un fabuleux funk-blues de haute volée (on pense à Sly and the Family Stone), soli ravageurs, très inspirés, sonorité rappelant Hendrix. Il est rejoint par Pino Daniele et Joe Bonamassa qui ne peuvent que faire de la figuration face à ce diable à la pedal-steel, qui en plus a une voix formidable.
Le concert se poursuit avec Robert Cray, accompagné d'Hubert Sumlin et de Jimmie Vaughan. Bien que malade, Sumlin a encore de beaux restes, superbe feeling et groove aérien. Par contre, Jimmie Vaughan c'est la cata: Son pourri, doigtés d'hémiplégique,zéro feeling, voix annonante et fausse. Son look de mafioso gominé n'arrange rien. Quand il y a eu distribution de talent chez les Vaughan, il avait du partir acheter le pain!
Puis ZZ Top nous gratifie de deux morceaux, c'est un peu mou de la patte, les vacances commencent tôt au Texas cette année? S'en suit Doyle Bramhall II, sympathique comme une porte de prison, blues-rock laborieux, pas de quoi casser trois pattes à Ducky Betts... Heureusement Gary Clark Jr et sa superbe Epiphone Casino rouge nous ramène au pays d'un blues noir et inspiré (y aura-t-il aussi des quotas, comme au foot?).
Ca repart dans le country avec Sheryl Crow qui ressemble de plus en plus à Lance Armstrong. Ca s'écoute gentiment, mais elle a une horrible robe verte... Bert Jansch nous offre ensuite une très belle ballade irlandaise, très émouvante, suivie par un petit cours de blues de la part de Stephan Grossman et de Keb Mo', sympa pour les ignares comme moi! Arrive Vince Gill, pour moi la révélation de ce concert. Avec sa vieille Telecaster un peu élimée au manche, son look de bûcheron intellectuel et sa banane permanente, il nous offre une prestation country-blues de toute beauté. Il faut dire qu'il est accompagné d'une bande de joyeux lascars: James Burton, l'Achille Zavatta de la telecaster, Albert Lee, Keb Mo' et Earl Klugh à la guitare classique, qui jouera après un superbe Angelina en solo et le seul passage jazzy du concert avec son groupe. John Mayer clot ce premier DVD avec une prestation peu convaincante, la formule trio lui convenant peut-être moins (voir son live avec un groupe plus consistant).
Derek Trucks a la tête de Gregg Allman, mais heureusement les doigts de son frangin. Accompagnant une Susan Tedeschi très pêchue, il nous gratifie de superbes passages de slide que Warren Haynes, totalement impuissant, ne peut qu'admirer (même punition pour David Hidalgo et Cesar Rosas!). On a droit ensuite à un petit match entre Buddy Guy, Ron Wood et Jonny Lang: 3-0-0 (c'est encore les noirs qui gagnent).
Survient le sorcier Jeff Beck. Dans Nessun Dorma de Puccini (bluesman italien) son touché, son jeu de vibrato, cette musicalité incroyable qui sort de sa Stratocaster atteint les étoiles alors que le ciel se couche sur Chicago. Dieu en profite pour arriver, I Shot the Sheriff un peu moyen, mais avec son vieux complice Winwood, il nous gratifie d'un Voodoo Chile (not slight return) de toute beauté. Après Dieu, le roi arrive, un peu fatigué et dans The Thrill is gone, BB King nous montre qu'il sait encore faire chanter Lucille. Chacun fayote un peu, c'est de bonne guerre!
Un très beau concert, animé par Bill Murray en transformiste, merci Eric!