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La Curée [Broché]

Emile Zola , Henri Mitterand , Jean Borie
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Quatrième de couverture

La France de Napoléon III vue par Zola : " A cette heure, Paris offrait, pour un homme comme Aristide Saccard, le plus intéressant des spectacles. L'Empire venait d'être proclamé... Le silence s'était fait à la tribune et dans les journaux. La société, sauvée encore une fois, se félicitait, se reposait, faisait la grasse matinée, maintenant qu'un gouvernement fort la protégeait et lui ôtait jusqu'au souci de penser et de régler ses affaires. La grande préoccupation de la société était de savoir à quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l'heureuse expression d'Eugène Rougon, Paris se mettait à table et rêvait gaudriole au dessert... L'Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l'Europe. "

Détails sur le produit

  • Broché: 380 pages
  • Editeur : Gallimard (14 septembre 1999)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070411419
  • ISBN-13: 978-2070411412
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Derrière les tranchées de la ville nouvelle..., 5 mai 2010
Par 
Nastasia Buergo (France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Curée (Broché)
Voici le second volet du fameux cycle des Rougon-Macquart où l'on poursuit, comme dans La Fortune des Rougon, le cheminement mondain du rameau "Rougon" de la famille, avec la seconde génération, notamment trois enfants de Pierre Rougon, à savoir le dernier fils, Aristide Rougon, qui change son nom en Saccard, pour ne pas compromettre, au cas où, la réputation du frère aîné, Eugène, impliqué en politique (voir Son Excellence Eugène Rougon), ainsi que l'une des s½urs, Sidonie Rougon, entremetteuse, courtière, bref ombre grise très utile ou très dangereuse, au choix. Nous suivons la farouche avidité au gain d'Aristide qui se morfond de n'être que ce qu'il est à son arrivée à Paris et qui va encore ruminer un moment sa pauvreté. Mais, son frère Eugène lui ayant dégoté une place dans l'administration de la voirie, Aristide va vite comprendre l'intérêt que peut revêtir ce merveilleux délit d'initié, à savoir, connaître à l'avance les emplacements des immeubles qui seront évacués pour le percement des célèbres grands boulevards Haussmanniens. Évidemment, spéculation et fortune seront au bout de chaque boulevard. Fortune née en un jour, croquée en deux heures, en somme le monde qui flambe sans compter.
Cependant, rien n'eut été possible à Aristide sans les premiers capitaux indispensables aux premières spéculations mirifiques, et c'est dans la fin prématurée et bienvenue de sa première épouse que Saccard va trouver le filon par l'entremise de sa s½ur Sidonie. Rattraper le crime d'une conception honteuse en dehors des liens du mariage par une jeune fille de bonne famille. Il faut vite unir la belle Renée avant que son ventre ne prenne des proportions scandaleuses... et voici la fortune de Saccard livrée sur un plateau par la dot confortable de l'étourdie.
Renée va vivre dans la débauche de millions de toilettes inavouables et même, même, dans l'indicible inceste dont je vous laisse découvrir la nature car il ne faut point trop en dire.
Ce livre est selon moi le symétrique du volume 18, L'argent où ici est détaillée la vie de débauche et du grand luxe, l'aliénation morale de la femme, mais peu les montages financiers, tandis que dans l'argent, c'est le contraire. En tout cas, un éclairage intéressant sur cette période de création du nouveau Paris, même si certaines descriptions et certains passages sur les bals et sur le luxe des pièces ou des vêtements sont un peu longs par rapport à d'autres opus plus toniques.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un classique, 17 décembre 2011
Par 
Eminian - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La curee (Poche)
Émile François Zola (1840-1902) écrivain et journaliste, est considéré comme le chef de file du naturalisme. C'est l'un des romanciers français les plus populaires, l'un des plus publiés, traduits et commentés au monde. Sur le plan littéraire, il est principalement connu pour Les Rougon-Macquart, fresque romanesque en vingt volumes dépeignant la société française sous le Second Empire et qui met en scène la trajectoire de la famille des Rougon-Macquart à travers ses différentes générations. Les dernières années de sa vie sont marquées par son engagement dans l'affaire Dreyfus avec la publication en janvier 1898, dans le quotidien L'Aurore, de l'article intitulé « J'Accuse'! » qui lui a valu un procès pour diffamation et un exil à Londres.
Second volume de cette saga des Rougon-Macquart, La Curée est parue en 1872 et traite de la vie débauchée du Paris sous le Second Empire, spéculations et enrichissements éhontés basés sur les grands travaux de reconstruction menés par le baron Haussmann.
« Aristide Rougon s'abattit sur Paris, au lendemain du 2 Décembre, avec ce flair des oiseaux de proie qui sentent de loin les champs de bataille. » Le provincial à l'ambition démesurée va commencer modestement, par son frère Eugène devenu ministre grâce à son soutien à Napoléon III, il obtient un emploi à la mairie de Paris, vivant chichement avec sa femme Angèle de santé fragile et leur fille, tandis que leur fils Maxime est resté chez ses grands-parents à Plassans. Emploi subalterne, mais poste d'observation idéal, il a accès à tous les plans de reconstruction de la ville.
Quand sa femme décède, Aristide se remarie aussitôt par pur intérêt, avec Renée Béraud du Châtel, une très jeune femme compromise. Ce sera la première marche vers les sommets. Ayant changé de nom et se faisant désormais appeler Aristide Saccard, il s'engage dans la spéculation en profitant de sa connaissance anticipée de la démolition des vieux quartiers pour acheter à bas prix les immeubles qui seront ensuite rachetés au prix de l'or par l'Etat. La curée bat son plein et sa fortune ne fera que grandir au rythme des travaux haussmanniens. Menant grand train, dépenses somptueuses, l'argent coule à flots et quand ses spéculations commenceront à s'essouffler il n'hésitera pas à escroquer sa propre femme qui a hérité d'un bien immobilier.
Parallèlement aux magouilles d'Aristide, l'auteur décrit les relations amoureuses libres entre le spéculateur et sa jeune femme, tandis que l'un passe ses soirées avec ses maîtresses, l'autre finit par tomber amoureuse du propre fils de son mari, Maxime, un jeune gandin oisif qui la mènera « dans tous les endroits équivoques où ils pouvaient coudoyer le vice brutal, en goûtant les joies de l'incognito ».
Quand Aristide Saccard, pris entre ses créanciers et l'appât du gain, manigancera un mariage arrangé entre Maxime et une riche héritière bientôt mourante, c'en sera trop pour Renée qui sombrera dans la folie avant de mourir d'une méningite.
Immanquablement, Zola me fait toujours penser à Balzac. Les Rougon-Marquart et La Comédie humaine, des romans denses qui dressent des portraits féroces de leurs époques, des personnages extraordinaires ' même s'il s'agit de vilénie ' des caractères inoubliables.
Dans La Curée, Zola s'attaque à la spéculation et à la soif de l'or, il décrit les mécanismes des arnaques montées par Aristide mais ce sont aussi les roublardises de son frère Eugène, qui dans l'ombre tire des ficelles secrètes, ou encore leur s½ur Sidonie, une entremetteuse de bas étage, elle aussi poussé par des besoins vénaux, « Elle était bien du sang des Rougon. Il reconnut cet appétit de l'argent, ce besoin de l'intrigue qui caractérisait la famille ». Déjà les tares de l'hérédité familiales sont posées dans ce deuxième volume des Rougon-Maquart.
Mais Zola ce sont aussi des descriptions à n'en plus finir, quand il peint sous nos yeux (littéralement !) des intérieurs bourgeois, les robes des femmes lors d'un bal, les tables dressées avant un festin etc. Peintures de caractères aussi, roublardises d'escrocs, ruses d'amants, aucun sentiment n'est étranger à Zola, tout est machiavélique. L'auteur sait aussi nous plonger au c½ur des riches hôtels particuliers comme au fond des masures délabrées. Descriptions d'une précision clinique, qu'il doit certainement à son passé journalistique, on sort de ces longues pages de lectures, abasourdis et gavés 'sans que ce soit péjoratif. Au contraire.
« Cependant la fortune des Saccard semblait à son apogée. Elle brûlait en plein Paris comme un feu de joie colossal. C'était l'heure où la curée ardente emplit un coin de forêt de l'aboiement des chiens, du claquement des fouets, du flamboiement des torches. Les appétits lâchés se contentaient enfin, dans l'impudence du triomphe, au bruit des quartiers écroulés et des fortunes bâties en six mois. La ville n'était plus qu'une grande débauche de millions et de femmes. Le vice, venu de haut, coulait dans les ruisseaux, s'étalait dans les bassins, remontait dans les jets d'eau des jardins, pour retomber sur les toits, en pluie fine et pénétrante. »

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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La fille de Minos et de Pasiphaé, style Second Empire, 18 juillet 2007
Par 
zybine, amateur éclairé (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Curée (Poche)
Trop hâtivement réduit au roman de la spéculation immobilière et de l'éventrement de Paris par le Baron Haussmann, le second opus des Rougon-Macquart (1872) est surtout le roman, très actuel, de l'inceste et de l'orgie des plaisirs et des appétits. On retrouve ici le second fils de Rougon et d'Adelaïde Fouque, Aristide. Médiocre plumitif et médiocre républicain à Plassans, il a, en montant à Paris, changé de nom et de métier pour bâtir une fragile fortune dans l'immobilier. Sa réussite et le groupe au sein duquel il évolue (hommes d'affaires, promoteurs immobiliers, politiciens et grandes mondaines) offre à Zola l'occasion de nous dépeindre un terrible tableau de la soif de richesses, du goût du paraître, de l'ostentation sans vergogne des « nouveaux riches » du Second Empire. On notera en particulier le brio avec lequel il nous donne à voir la traduction des goûts vulgaires de cette classe dans l'ameublement de leurs appartements, les vêtements qu'ils portent, les loisirs qu'ils adoptent. Cependant, le caeur du roman est bien la liaison du fils d'Aristide, l'efféminé et retors Maxime, ce « gosse de riches » dirait-on aujourd'hui, gavé de plaisirs et sans morale, avec sa belle-mère Renée, la seconde épouse de Saccart. Renée est un des plus beaux personnages de Zola, par ses faiblesses et ses passions, et l'on s'amusera à adosser à chaque personnage de la Curée un personnage de Phèdre, la saeur d'Aristide, Sidonie Rougon, faisant une fort convenable Oenone. Le roman choqua en son temps et on comprend aisément pourquoi : peinture du goût du luxe et de la luxure d'une nouvelle classe dominante faite de parvenus, franches allusions à l'homosexualité et à l'inceste, abîme général de corruption... Le Second Empire était mal parti et sa chute était aussi écrite et inéluctable que celle de Renée.
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