Les films de guerre sont souvent manichéens et par là-même complètement ridicules.
... Enfin, on va dire les mauvais... Et il y en a eu. Les ennemis sont toujours trèèèèèès méchants, et les gentils trèèèèèès gentils...
Ce film insiste plus sur ce qui se passe dans la tête des soldats, ils ont chacun leur vision de ce gigantesque merdier. Pas un ne réagit de la même manière. Les personnages se dévoilent peu à peu. Le meilleur exemple est James, le démineur vedette-casse-cou-super-héros : il devient humain au fur et à mesure qu'on le connait. Celui qu'on prenait pour le n-ième John Wayne révisé Stallone amélioré Bruce Willis révèle une personnalité plus complexe qu'il n'y parait.
A propos de James, le constat de la fin est effrayant et renvoie à la citation du tout début du film que l'on croyait purement anecdotique...
La bande-annonce suggérait beaucoup d'action, il n'y en a pas tant que ça. Et ce n'est pas plus mal. C'est simplement dommage pour ceux qui espérait des explosions à tous les coins de rue. Mais finalement, est-ce que la tension n'en est pas plus forte ? Se contenter de montrer le démineur qui transpire et désamorce le bazar quand l'horloge est à 00:01, on l'a tellement vu. Avec ce film, on réalise la vraie vie de ces gens. Surtout que la scène de début où le gars en tenue lourde reste sur le carreau. Hééééé non, la méga-super tenue ne peut pas tout faire. On reste scotché sur le fauteuil.
Il a été reproché à ce film de mettre les irakiens trop en arrière-plan, terroristes en puissance, spectateurs, indifférents, profiteurs, etc... Il fut bien comprendre que le pays est économiquement dévasté, alors les petits trafics en tout genre sont une manière de survivre, point. Ce parti-pris de ne s'intéresser qu'aux soldats n'est pas si stupide, car cela montre une chose : les américains qui vont là-bas n'ont pas l'air de comprendre grand chose au pays, à ce qui s'y passe. Et comment le pourrait-il ? Qui est capable de le faire ? C'est le Vietnam des années 2000 ! Un bourbier. Alors mettre autant de décalage entre occidentaux et irakiens montre bien la stupidité première de celui qui a tout déclenché : W !
On a en fait l'impression que la situation est inextricable comme le chapelet de bombes que James déterre à un moment... Comment se sortir de ça ? Comme faire en sorte que les irakiens puissent vivre en paix après le retrait des troupes occidentales ?
Tout le film est contenu dans cette scène. Au sens premier : le travail à très haut risque du démineur, et au sens figuré : c'est un sac de noeuds explosifs...
Ce film est à ranger à coté de "Das Boot" de Wolfgang Petersen", "Voyage au bout de l'enfer" de Michael Cimino, et les deux Eastwood "Mémoire de nos pères" avec les "Lettres d'Iwo Jima".