Ce livre est absolument fondateur pour comprendre la situation de l'Espagne diplomatique durant la Seconde République, et plus encore sur la situation de cette même Espagne divisée durant la guerre civile. Cela dit, on peut lui émettre quelques critiques : il est vrai qu'avec 400 pages, il est construit pour un public averti qui connait déjà au moins dans les grandes lignes l'histoire de l'Espagne durant l'entre deux guerres. D'autre part, la non-présence d'une bibliographie et l'agencement des notes de bas de pages (à la fin du chapitre) a pour effet de perdre parfois le lecteur. La non-présence de cette bibliographie ne permet pas non plus de voir et surtout de quantifier avec clarté le nombre de livres utilisés. Malgré tout, ce livre est assez intéressant et sa structure nous permet de comprendre largement de quoi il s'agit. Cet effort, conjugué avec celui de rendre la plupart des archives et manuels consultés compréhensible pour un public français, est louable et probablement est constitutif du travail de Jean François Berdah.
La démocratie assassinée, la République Espagnole et les grandes puissances (1931-1939) est ainsi un livre qui, selon les mots mêmes de Geneviève Dreyfus-Armand dans Vingtième Siècle Revue d'Histoire en 2001, « constitue une contribution décisive à la connaissance des relations internationales ['] et des mécanismes externes qui ont inexorablement contribué à broyer la République espagnole. »