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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
le moins pire n'est pas le meilleur,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Désobéissance civile et démocratie : Sur la justice et la guerre (Broché)
La démocratie comme le prétendait Churchill est sans doute le moins pire des systèmes mais encore faudrait-il qu'elle ne soit pas une coquille vidée de toute sa substance, une sorte d'illusion dont l'étiquette serait le seul contenu, et c'est justement cette évaluation qu'Howard Zinn entreprend de faire en visitant l'histoire de la première démocratie mondiale, la sienne.Auteur d'une remarquable Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 a nos jours il est bien placé pour connaître le sujet, et nous révèle à l'aide d'exemples précis les contradictions flagrantes qui existent entre les intentions claironnées par les pères fondateurs de la constitution et la réalité. Sur un air sirupeux et pompeux digne de « si tous les gars du monde » la constitution entérinait de fait un dispositif chargé de préserver une propriété privée qui était d'abord celle des fondateurs, de leurs amis puis de leur race et de leur religion. Ainsi en fixant leurs règles du contrat social les nouveaux maîtres s'appropriaient définitivement les lieux, légalisaient la rapine des terres indiennes et accordaient à chaque voyou aventurier ou simple illuminé par la bonne lumière le statut de prophète d'une destinée manifeste annonçant sa nouvelle terre sans doute promise, mais privée. Alors malheur à ceux qui n'étaient pas du bon moule, celui de la race, l'origine, de la classe sociale ou à tous les contestataires de l'ordre établi, ces communistes antipatriotes, simples abolitionnistes ou tout simplement humaniste lucides qui tentaient de réveiller un peuple sous influence. A ceux-là s'opposent le droit à l'évidente mauvaise foi, à la manipulation éhontée des textes jusqu'à prétendre par exemple que si le quatorzième amendement établit que l' « Etat » ne doit pas s'opposer à la libre expression de ses citoyens, rien n'oblige une entreprise privée à faire de même puisqu'après tout elle n'est pas nommément citée dans les textes. Une véritable casuistique qui aurait fait pâlir d'envie la jésuitique d'antan et qui penche toujours du même côté. En tous cas un « argumentum ad verecundiam » autrement dit un argument d'autorité qui instaure un nouveau royaume à la Machiavel dans lequel ce n'est plus la justice mais l'autorité qui fait loi, une autorité distribuée en cascade aux cireurs de pompes, valets et mandataires d'un ordre nouveau né du profit et dévoué aux profiteurs. C'est un véritable voyage au travers d'un fascisme qui s'est fardé des apparences d'une démocratie dont la seule liberté est d'être conforme aux standards. Une démocratie qui a méprisé les nègres, les indiens les mauvais émigrés et qui aujourd'hui méprise ses pauvres. Une démocratie qui fait du capitalisme libéral l'idéal humaniste d'un laissé faire hasardeux qui ne s'applique qu'aux pauvres mais disparaît dès lors qu'il s'agit d'aider le grand capital à sortir des crises provoquées par son avidité et son cynisme sans fond. Un parcours éprouvant, un constat désespérant, une remise à l'heure des pendules et une constatation, la démocratie n'est jamais aboutie ni surtout acquise, elle est un combat incessant que ne peut toujours être confié à l'urne car comme le dit un des quidams de ce livre « Si le vote était utile il serait interdit ». A lire sous puissants tranquillisants, tout abus pouvant entraîner des effets indésirables. Deux petites remarques cependant. Il est dommage qu'il ne soit fait aucune prospective sur le nouveau rôle d'internet dans le cadre de la liberté d'expression. En suite il est regrettable qu'une faute d'inattention ait laissé passer page 165 cette tarte à la crème de la boulette qui situe la guerre civile du Biafra au Niger et non au Nigéria. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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