Les accords SYKES-PICOT de mai 1916 prévoyaient une zone B d'influence anglaise (Mesopotamie, Palestine) et une zone A d'influence française (grande Syrie, Cilicie). Pourtant, seule une escadre française protégeait le canal de Suez, à la défaite Ottomane, seuls des marins français avaient débarqué à Beyrouth, mais seulement trois bataillons (DFPS) avaient tardivement participé aux opérations en Palestine. Les Anglais étaient seuls à Alexandrette. Mais la France recevra ses deux mandats sur la Syrie et le Liban, de la SDN. Suivant les termes de ces mandats et l'accord Sykes-Picot, ces pays devaient devenir des pays indépendants et arabes. Malheureusement, le gouvernement Français suivit le honteux exemple des pratiques coloniales du gouvernement Anglais et traita ces pays comme des colonies. Le Liban reposant sur les Maronites et la Syrie divisée sans vergogne en trois districts "autonomes", plus le district d'Alexandrette. Le tout sous l'autorité du Haut Commissaire Français pour les deux pays. Après la révolte des Druses de 1925, une constitution fut promulguée unilatéralement en 1930; puis un traité de 1936, ratifié par le parlement Syrien mais jamais ratifié par la Chambre des Députés. Le traité devait conduire à indépendance.
Après la trahison miltaire de Vichy et "l'affaire de Syrie", les élections de 1943 favorables au nationalistes, le débarquement de troupes coloniales à Damas et le bombardement de la ville, les Britanniques intervinrent avec un ultimatum et les deux pays indépendants rejoignirent les Nations Unies en 1946.
Par traité en date du 29 mai 1937, le gouvernement français avait offert le territoire du SANDJAK à la Turquie. Pourquoi? On craignait de voir la Turquie dans le camp Allemand, comme pour la première guerre.
Comment? Ce livre remarquable sur une question peu connue vous montrera la perfidie d'un gouvernement qui signe un traité pour "garantir l'intégrité territoriale du Sandjak". Traité du 23 jun 1939 "portant règlement définitif des questions territoriales entre la Turquie et la Syrie". Il ne s'agit pas de condamner la Turquie qui se relevait d'une guere douloureuse qui avait vu, pour eux, la trahison de leurs frères musulmans sous une direction militaire étrangère. Pour le gouvernement Français dire "en tenant compte de l'évolution déjà accomplie" (traité d"amitié et d'alliance entre la France et la Syrie du 22 décembre 1936)
est proprement déshonorant.
Il faut vraiment connaître l'histoire coloniale du Proche Orient et ses blessures profondes pour comprendre l'histoire moderne.