Voilà donc le « best seller » en question allant vers les 90 millions d'exemplaires.
L'intrigue est déjà longuette et rend mieux au cinéma mais à part précisément « l'intuition » du peintre génial cela est alambiqué, fonctionnel en tant que polar mais extravagant du point de vue chrétien.
D'une part : comment penser qu'un être, Jésus - qui déclare « je suis la Lumière du monde » « le Père et moi, nous somme Un » - évangile de Jean - ou « Je suis le Tout, Fendez du bois, soulevez cette pierre et vous m'y trouverez » puisse être dans un rapport d'altérité, impliquant une telle relation, en l'occurrence avec Marie-Madeleine.
De plus et de fait il n'y a pas de descendance effective, signifiante du Christ.
Le mot « Avatar » est dans l'air du fait du film, avatar du sanscrit Avatara, « descente du ciel sur la terre », donc la descendance éventuelle du Christ vient de là où Il est : d'en haut.
Déjà qu'il est facile de constater que même du point de vue artistique, le génie ne se transmet pas, le cas du « show biz' » étant différent, il ne s'agit pas de génie.
Mais même pour quelqu'un ne se ralliant pas à l'état christique de « l'homme » Jésus, le roman comme beaucoup l'ont constaté abonde en inexactitudes, monsieur Brown fait ce qu'il veut de l'histoire et des dates.
Le Prieuré de Sion est bien plus récent, les Templiers ne connaissaient pas forcément « ce secret là » et ne faisaient pas « chanter » l'église mais était devenus un pouvoir économique dangereux pour le Roi et le Pape, et il n'y a pas de coïncidence de méridien "Roselyn" entre la chapelle en Ecosse et Saint Sulpice entre autres « inventions ».
Pour autant le remarquable évangile de Jean et le formidable apocryphe de Thomas montre bien la présence de Mariam ou Marie proche de Jésus.
Le questionnant sur les disciples (probablement pas si proches) dans Thomas, rejeté par Pierre, plus ou moins cité dans le quatrième évangile dont il n'est pas commode de situer ni Jean ni « le disciple qu'Il aimait ».
Ce qui est une autre investigation et une autre histoire.
Le chef d'œuvre de Léonard De Vinci est intéressant mais n'autorise pas le scénario de base et les inventions de Dan Brown.
Dont on pourrait comprendre qu'il écrive des fictions mais alors revendiquées comme telles, ne mettant pas en scènes l'histoire officielle ou cachée (alors révélée à sa façon).
Il a un parcours singulier et intéressant inclus l'intérêt pour la cryptologie, l'alphabet hébreux et les documents retrouvés à Nag Hammadi.
Sur ce dernier point, l'auteur ne va pas jusqu'à simplement cité le magnifique « évangile selon Thomas » qui pourtant une fois plus a lieu d'être valorisé et loué.
Son gout de l'inédit voire de la conspiration ne va pas jusque là pourtant il est en fait peu cité, « on » préfère toujours en encore les « Manuscrits de la Mer Morte » !?.
Mais le livre de cet auteur que l'on peut qualifier de cultivé ne mérite même pas cet exceptionnel succès.
2 à 2,5 étoiles pas plus.