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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
La Somme de toutes les Peurs, 17 janvier 2005
L'horreur, l'épouvante et l'effroi ont trouvé en Lovecraft leur script absolu. Dans la lignée des immenses Edgar Alan Poe et Guy de Maupassant, cet auteur américain a livré, dans la première moitié du XXème siècle, certains des plus textes les plus effrayants qui soient. Peut-être aussi maudit que ses propres personnages, Lovecraft aura pourtant vécu sa courte vie entre les maladies et la misère... D'où peut-être cette véritable passion du macabre et du morbide...Un terrible dieu croupissant dans les profondeurs maritimes refait surface et plonge l'humanité dans l'apocalypse... C'est lui, Dagon, dont la seule soif réside dans la mort. La mort, Herbert West la connaît. Et même, la maîtrise, puisque ses travaux consiste en la réanimation des cadavres. Malheureusement pour lui, ses expériences ses soldent par de répercutants échecs, l'obligeant à trouver toujours plus de corps, si possible, très frais... Dagon apprécie aussi particulièrement l'horreur. Une épouvante semblable à celle de ce voyageur qui, par un malheureux concours de circonstances, se retrouve prisonnier d'une pyramide des plus hostiles, abritant des adorateurs cruels et monstrueux... Dagon, enfin, savoure la pourriture. Cette même décomposition à laquelle sera confrontée ce cartographe sur Mars, alors qu'il trouve un diamant absolument gigantesque, mais diablement protégé... Voilà qui amuse les hommes lézards et les Autres Dieux... La peur dans son état le plus primal, celle qui noue les tripes, celle qui plonge nos nuits dans des cauchemars sans fin... voilà l'obsession de Lovecraft. Pourtant, entre deux horreurs monstrueuses, on trouve une perle poétique, d'une étonnante mélancolie. Un peu comme si, malgré tout, l'auteur avait connu quelques minutes de bonheur qu'il savait, par avance, éphémère... Le recueil (une trentaine de nouvelles) démontre la puissance créatrice de Lovecraft, tout en soulignant certaines limites : descriptions récurrentes (la fameuse « lune gibeuse »), propos parfois très dérangeants (l'auteur était-il raciste ? misogyne ?) et désillusions de temps en temps puériles... Il n'en demeure pas moins que Lovecraft est devenu un classique à part entière à qui, des auteurs tels que Stephen King ou Dean R. Koontz doivent beaucoup.
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