Dalida


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Biographie

La future star internationale naît d'emblée sous le signe du déracinement : fille d'un couple d'Italiens originaires de Calabre, Yolanda Gigliotti naît le 17 janvier 1933, en Egypte, au Caire, où ses parents se sont installés.

Destinée initialement à une carrière de secrétaire, l'attrait du glamour et des paillettes va la faire dévier de sa sage trajectoire : s'étant présentée, en cachette de ses parents, à un concours de beauté, elle remporte le premier prix.

Miss Egypte 1954, la beauté exotique est rapidement repérée par le milieu du cinéma égyptien, alors particulièrement actif. Dans la ... Lire la suite

La future star internationale naît d'emblée sous le signe du déracinement : fille d'un couple d'Italiens originaires de Calabre, Yolanda Gigliotti naît le 17 janvier 1933, en Egypte, au Caire, où ses parents se sont installés.

Destinée initialement à une carrière de secrétaire, l'attrait du glamour et des paillettes va la faire dévier de sa sage trajectoire : s'étant présentée, en cachette de ses parents, à un concours de beauté, elle remporte le premier prix.

Miss Egypte 1954, la beauté exotique est rapidement repérée par le milieu du cinéma égyptien, alors particulièrement actif. Dans la Hollywood de l'Orient, Yolanda se retrouve à jouer les tentatrices voluptueuses dans quelques mélo-loukoums. Repérée par un réalisateur français, Marco de Gastyne, elle apparaît, sous le nom de Dalila, dans un film français, Le Masque de Toutankhmamon.

Conquise par cette expérience, persuadée de pouvoir réussir dans le cinéma en France, Yolanda s'envole pour Paris en décembre 1954. Mais, manque de chance, des actrices, en France, il y en a déjà ; producteurs et réalisateurs français ne sont pas du genre à se laisser impressionner par un titre de Miss Egypte. Face à la vache enragée qui menace, « Dalila » prend des cours de chant pour subvenir à ses besoins et trouve des engagements dans divers cabarets.

La chance va venir d'une rencontre avec trois hommes, Bruno Coquatrix, Lucien Morisse et Eddy Barclay. L'ayant remarquée, Coquatrix l'invite à participer au concours pour amateurs  « Les numéros 1 de demain », organisé à l'Olympia, qu'il vient de racheter. Dalila y interprète « Etrangère au Paradis ». Sont présents à cette occasion, un peu par hasard,  Lucien Morisse, directeur artistique d'Europe 1, et l'illustre éditeur de disques Eddy Barclay.

Conquis, Lucien Morisse décide de prendre sous son aile la carrière de la jeune italo-égyptienne, vite rebaptisée « Dalida ». Après deux disques au succès mitigé, Morisse pense lui faire interpréter une chanson en italien, « Guaglione ». Mais Gloria Lasso, alors vedette « latino » en titre, a réservé le titre. Morisse déniche finalement la chanson « Bambino », qui lui semble correspondre au registre de sa nouvelle vedette. Lancée avec enthousiasme par le boss d'Europe 1 (la chanson passe à l'antenne toutes les heures), « Bambino » remporte un succès foudroyant, propulsant d'emblée Dalida au rang de vedette. Grâce à cette chanson, elle sera la première interprète à remporter un Disque d'Or.

Quelques semaines plus tard, la petite italienne du Caire fait la première partie du spectacle de Charles Aznavour sur la scène de l'Olympia. Son partenariat avec Lucien Morisse, personnel autant que professionnel (le pygmalion épousera sa trouvaille en 1961) permet à Dalida de lancer magistralement sa carrière, sur un registre exotique, sentimental et enjoué, menaçant puis détrônant tout à fait l'espagnole Gloria Lasso dans le registre de la diva latine. Le public apprécie sa beauté typée, son début de strabisme et son accent indéfinissable et roucoulant, mélange d'italien et d'arabe.

A partir de 1958, et sept ans de suite, Dalida remporte l'Oscar de Radio Monte-Carlo. Tournées internationales, triomphes à répétition. Son frère cadet, Bruno Gigliotti, en profite pour venir faire son trou à Paris et débuter lui aussi une carrière de chanteur, sous le nom d'Orlando. Dalida surfe sur le succès mais sa vie privée et amoureuse se ressent du rythme de travail que lui impose son époux-pygmalion-manager. En guise de voyage de noces, elle repartira en tournée. Quelques mois après son mariage, Dalida finit par se séparer de Lucien Morisse, qu'elle quitte pour une liaison - elle-même éphémère - avec Jean Sobieski (acteur et peintre, futur père de l'actrice américaine Leelee Sobieski). Un triomphe à l'Olympia, la même année, confirme à Dalida que malgré la vague yé-yé, elle est là pour durer.

Star européenne, grâce notamment à sa capacité à chanter en plusieurs langues, vedette jusqu'en Asie, Dalida demeure harassée de travail et préoccupée par un besoin de s'affirmer et de se cultiver. L'autodidacte s'intéresse à la philosophie orientale, lit beaucoup, et travaille sa sophistication, en teignant notamment ses cheveux en blond (à partir de 1964). Dalida est très entourée par sa famille : sa cousine Rosy est sa secrétaire et son frère Orlando, qui a abandonné ses ambitions de chanteur, devient son manager à partir de 1966.

En octobre 1966, sous l'impulsion du label italien RCA, Dalida rencontre Luigi Tenco, jeune chanteur-compositeur « engagé ». RCA souhaite présenter au traditionnel concours de la chanson italienne de San Remo un morceau que Tenco se chargera de composer et qu'ils interprèteront en duo. Dalida fréquente beaucoup Luigi Tenco pour la préparation du concours et de leur chanson, « Ciao Amore », et finira par avoir une liaison avec lui : ils vont jusqu'à envisager le mariage. Selon certaines versions rapportées bien plus tard par la presse italienne, leur relation simplement amicale aurait été montée en épingle dans un but publicitaire. Quelle que soit la vérité, leur relation semble avoir été forte, comme le montrera la suite.

En janvier 1967, lors du festival de San Remo, « Ciao Amore » n'est pas retenu par le jury. Tenco se suicide le soir même dans sa chambre d'hôtel, en dénonçant le conformisme commercial de San Remo. Dalida, bouleversée, enregistrera une version en solo de « Ciao Amore » avant de tenter elle-même de se suicider quelques mois plus tard.

La brève et tragique histoire de Luigi Tenco marque Dalida à la fois personnellement et artistiquement : elle change de jeu de scène, s'habille de grandes robes blanches, affiche un look de Madone. Elle remporte un nouveau triomphe à l'Olympia en octobre 1967. Le public apporte toute son affection à une star qu'il sait et sent blessée et meurtrie : une sorte de malédiction morbide semble peser sur la star ; son premier mari, Lucien Morisse, se suicide à son tour en 1970. Dalida continue de vouloir cultiver son esprit (yoga et analyse jungienne à la clé), d'anoblir son répertoire. Après le succès populaire de « Darladiladada », elle chante « Avec le temps » de Léo Ferré et décide d'interpréter exclusivement des chansons ayant à ses yeux un intérêt artistique et poétique.

Devant le scepticisme de Bruno Coquatrix, Dalida loue elle-même l'Olympia fin 1971 et remporte un nouveau succès. En 1973, elle interprète « Paroles paroles », gigantesque tube, en duo avec Alain Delon.

Dans les années 1970, Dalida change encore d'apparence. Chevelure de plus en plus flamboyante, corps sculpté  par des robes en lamé, Dalida cesse d'être madone pour se faire « star hollywoodienne ». En 1972, elle rencontre un jeune journaliste à Ici Paris, Pascal Sevran qui deviendra l'un de ses intimes et composera pour elle, l'année suivante, « Il venait d'avoir 18 ans », nouveau et gigantesque succès qui demeurera l'un des classiques de Dalida.

Dalida a constitué autour d'elle un entourage virevoltant, composé d'artistes, d'intellectuels, de politiques (elle devient ainsi l'amie de François Mitterrand). Dans ce mélange de future jet-set artistique et d'intelligentsia de gauche (Jacques Attali et autres Roger Hanin font également partie de l'entourage de la chanteuse), surnage le nouveau compagnon de Dalida, un certain Richard Chanfray, mythomane mondain qui prétend être le Comte de Saint-Germain, célèbre aventurier « immortel » du XVIIIème siècle. Pour pittoresque qu'il puisse être, Chanfray n'en sera pas moins la dernière grande passion de Dalida, qu'il fréquentera jusqu'en 1981. « Saint-Germain », sous la houlette d'Orlando, interprètera non sans un certain talent quelques chansons, dont un duo avec Dalida.

Dalida, en attendant, se renouvelle encore et inaugure en 1975 la vogue Disco, avec « J'attendrai », le premier tube français du genre. Quelques années plus tôt, elle avait refusé un contrat de dix ans aux Etats-Unis, se fermant de fait le marché de ce pays : elle prend sa revanche en 1978, en remportant un triomphe grâce à son show au Carnegie Hall de New York. Elle renoue ensuite avec ses racines égyptiennes, en chantant en arabe, « Salma Ya Salama » et réalise une tournée au Moyen-Orient (1979).

Présence quasi-obligatoire de toutes les émissions de variété, Dalida est à l'orée des années 1980 une star incontournable en France, tout en conservant son rayonnement à l'étranger. L'élection de François Mitterrand en 1981 la propulse au rang d'égérie du nouveau régime, écornant quelque peu son image de star consensuelle ; son engagement semble avoir cependant été davantage amical que politique. Ce sont cependant ses bonnes relations avec l'establishment socialiste qui lui permettront en 1984, selon l'expression de Max Guazzini, de « sauver toute la bande FM ». Par le soutien spectaculaire qu'elle apporte à la manifestation pour la défense de la radio libre NRJ dirigée par son ami Guazzini, Dalida assure la survie de plusieurs stations de radio et contribue à faire de NRJ un empire médiatique.

Mais malgré son succès (un Disque de Diamant, créé spécialement pour elle, en 1981) Dalida va mal. En 1983, le suicide de son ex-compagnon, l' «immortel » Richard Chanfray, la plonge à nouveau dans une cruelle dépression. En 1985, elle est éprouvée par des opérations oculaires destinées à corriger un strabisme qui va en s'aggravant.

L'année suivante, elle a l'occasion de renouer avec le cinéma, grâce au rôle principal du film égyptien Le Sixième jour , qu'elle interprète directement en arabe sous la direction du grand cinéaste Youssef Chahine. La critique salue sa prestation et le public arabe est ému de voir une « star occidentale » jouer dans un film égyptien. Mais ce succès d'estime sera le dernier. La solitude personnelle, le sentiment d'avoir raté sa vie de femme en privilégiant sa vie de star, lui pèsent trop : le 3 mai 1987, le public apprend le suicide de Dalida dans son appartement de Montmartre. La vedette a laissé ce simple mot : « Pardonnez-moi, la vie m'est insupportable ».

Quelque peu statufiée de son vivant, Dalida redevient par-delà la mort une vedette au-delà de toutes les modes. Dalida, recordwoman des ventes de disques pour une artiste de la chanson française (65 millions de son vivant et plus de 9 millions depuis son décès), star internationale à peu près partout dans le monde à l'exception des pays anglo-saxons, incarne de manière spectaculaire la parabole d'une star absolue brûlée aux feux de la rampe. Avec à son répertoire autant de classiques inaltérables (« Ciao amore ciao ») que de perles kitschs invraisemblables, Dalida est à elle seule un phénomène de la chanson et sa place dans le coeur du public lui assure encore aujourd'hui une place au firmament des étoiles. Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

La future star internationale naît d'emblée sous le signe du déracinement : fille d'un couple d'Italiens originaires de Calabre, Yolanda Gigliotti naît le 17 janvier 1933, en Egypte, au Caire, où ses parents se sont installés.

Destinée initialement à une carrière de secrétaire, l'attrait du glamour et des paillettes va la faire dévier de sa sage trajectoire : s'étant présentée, en cachette de ses parents, à un concours de beauté, elle remporte le premier prix.

Miss Egypte 1954, la beauté exotique est rapidement repérée par le milieu du cinéma égyptien, alors particulièrement actif. Dans la Hollywood de l'Orient, Yolanda se retrouve à jouer les tentatrices voluptueuses dans quelques mélo-loukoums. Repérée par un réalisateur français, Marco de Gastyne, elle apparaît, sous le nom de Dalila, dans un film français, Le Masque de Toutankhmamon.

Conquise par cette expérience, persuadée de pouvoir réussir dans le cinéma en France, Yolanda s'envole pour Paris en décembre 1954. Mais, manque de chance, des actrices, en France, il y en a déjà ; producteurs et réalisateurs français ne sont pas du genre à se laisser impressionner par un titre de Miss Egypte. Face à la vache enragée qui menace, « Dalila » prend des cours de chant pour subvenir à ses besoins et trouve des engagements dans divers cabarets.

La chance va venir d'une rencontre avec trois hommes, Bruno Coquatrix, Lucien Morisse et Eddy Barclay. L'ayant remarquée, Coquatrix l'invite à participer au concours pour amateurs  « Les numéros 1 de demain », organisé à l'Olympia, qu'il vient de racheter. Dalila y interprète « Etrangère au Paradis ». Sont présents à cette occasion, un peu par hasard,  Lucien Morisse, directeur artistique d'Europe 1, et l'illustre éditeur de disques Eddy Barclay.

Conquis, Lucien Morisse décide de prendre sous son aile la carrière de la jeune italo-égyptienne, vite rebaptisée « Dalida ». Après deux disques au succès mitigé, Morisse pense lui faire interpréter une chanson en italien, « Guaglione ». Mais Gloria Lasso, alors vedette « latino » en titre, a réservé le titre. Morisse déniche finalement la chanson « Bambino », qui lui semble correspondre au registre de sa nouvelle vedette. Lancée avec enthousiasme par le boss d'Europe 1 (la chanson passe à l'antenne toutes les heures), « Bambino » remporte un succès foudroyant, propulsant d'emblée Dalida au rang de vedette. Grâce à cette chanson, elle sera la première interprète à remporter un Disque d'Or.

Quelques semaines plus tard, la petite italienne du Caire fait la première partie du spectacle de Charles Aznavour sur la scène de l'Olympia. Son partenariat avec Lucien Morisse, personnel autant que professionnel (le pygmalion épousera sa trouvaille en 1961) permet à Dalida de lancer magistralement sa carrière, sur un registre exotique, sentimental et enjoué, menaçant puis détrônant tout à fait l'espagnole Gloria Lasso dans le registre de la diva latine. Le public apprécie sa beauté typée, son début de strabisme et son accent indéfinissable et roucoulant, mélange d'italien et d'arabe.

A partir de 1958, et sept ans de suite, Dalida remporte l'Oscar de Radio Monte-Carlo. Tournées internationales, triomphes à répétition. Son frère cadet, Bruno Gigliotti, en profite pour venir faire son trou à Paris et débuter lui aussi une carrière de chanteur, sous le nom d'Orlando. Dalida surfe sur le succès mais sa vie privée et amoureuse se ressent du rythme de travail que lui impose son époux-pygmalion-manager. En guise de voyage de noces, elle repartira en tournée. Quelques mois après son mariage, Dalida finit par se séparer de Lucien Morisse, qu'elle quitte pour une liaison - elle-même éphémère - avec Jean Sobieski (acteur et peintre, futur père de l'actrice américaine Leelee Sobieski). Un triomphe à l'Olympia, la même année, confirme à Dalida que malgré la vague yé-yé, elle est là pour durer.

Star européenne, grâce notamment à sa capacité à chanter en plusieurs langues, vedette jusqu'en Asie, Dalida demeure harassée de travail et préoccupée par un besoin de s'affirmer et de se cultiver. L'autodidacte s'intéresse à la philosophie orientale, lit beaucoup, et travaille sa sophistication, en teignant notamment ses cheveux en blond (à partir de 1964). Dalida est très entourée par sa famille : sa cousine Rosy est sa secrétaire et son frère Orlando, qui a abandonné ses ambitions de chanteur, devient son manager à partir de 1966.

En octobre 1966, sous l'impulsion du label italien RCA, Dalida rencontre Luigi Tenco, jeune chanteur-compositeur « engagé ». RCA souhaite présenter au traditionnel concours de la chanson italienne de San Remo un morceau que Tenco se chargera de composer et qu'ils interprèteront en duo. Dalida fréquente beaucoup Luigi Tenco pour la préparation du concours et de leur chanson, « Ciao Amore », et finira par avoir une liaison avec lui : ils vont jusqu'à envisager le mariage. Selon certaines versions rapportées bien plus tard par la presse italienne, leur relation simplement amicale aurait été montée en épingle dans un but publicitaire. Quelle que soit la vérité, leur relation semble avoir été forte, comme le montrera la suite.

En janvier 1967, lors du festival de San Remo, « Ciao Amore » n'est pas retenu par le jury. Tenco se suicide le soir même dans sa chambre d'hôtel, en dénonçant le conformisme commercial de San Remo. Dalida, bouleversée, enregistrera une version en solo de « Ciao Amore » avant de tenter elle-même de se suicider quelques mois plus tard.

La brève et tragique histoire de Luigi Tenco marque Dalida à la fois personnellement et artistiquement : elle change de jeu de scène, s'habille de grandes robes blanches, affiche un look de Madone. Elle remporte un nouveau triomphe à l'Olympia en octobre 1967. Le public apporte toute son affection à une star qu'il sait et sent blessée et meurtrie : une sorte de malédiction morbide semble peser sur la star ; son premier mari, Lucien Morisse, se suicide à son tour en 1970. Dalida continue de vouloir cultiver son esprit (yoga et analyse jungienne à la clé), d'anoblir son répertoire. Après le succès populaire de « Darladiladada », elle chante « Avec le temps » de Léo Ferré et décide d'interpréter exclusivement des chansons ayant à ses yeux un intérêt artistique et poétique.

Devant le scepticisme de Bruno Coquatrix, Dalida loue elle-même l'Olympia fin 1971 et remporte un nouveau succès. En 1973, elle interprète « Paroles paroles », gigantesque tube, en duo avec Alain Delon.

Dans les années 1970, Dalida change encore d'apparence. Chevelure de plus en plus flamboyante, corps sculpté  par des robes en lamé, Dalida cesse d'être madone pour se faire « star hollywoodienne ». En 1972, elle rencontre un jeune journaliste à Ici Paris, Pascal Sevran qui deviendra l'un de ses intimes et composera pour elle, l'année suivante, « Il venait d'avoir 18 ans », nouveau et gigantesque succès qui demeurera l'un des classiques de Dalida.

Dalida a constitué autour d'elle un entourage virevoltant, composé d'artistes, d'intellectuels, de politiques (elle devient ainsi l'amie de François Mitterrand). Dans ce mélange de future jet-set artistique et d'intelligentsia de gauche (Jacques Attali et autres Roger Hanin font également partie de l'entourage de la chanteuse), surnage le nouveau compagnon de Dalida, un certain Richard Chanfray, mythomane mondain qui prétend être le Comte de Saint-Germain, célèbre aventurier « immortel » du XVIIIème siècle. Pour pittoresque qu'il puisse être, Chanfray n'en sera pas moins la dernière grande passion de Dalida, qu'il fréquentera jusqu'en 1981. « Saint-Germain », sous la houlette d'Orlando, interprètera non sans un certain talent quelques chansons, dont un duo avec Dalida.

Dalida, en attendant, se renouvelle encore et inaugure en 1975 la vogue Disco, avec « J'attendrai », le premier tube français du genre. Quelques années plus tôt, elle avait refusé un contrat de dix ans aux Etats-Unis, se fermant de fait le marché de ce pays : elle prend sa revanche en 1978, en remportant un triomphe grâce à son show au Carnegie Hall de New York. Elle renoue ensuite avec ses racines égyptiennes, en chantant en arabe, « Salma Ya Salama » et réalise une tournée au Moyen-Orient (1979).

Présence quasi-obligatoire de toutes les émissions de variété, Dalida est à l'orée des années 1980 une star incontournable en France, tout en conservant son rayonnement à l'étranger. L'élection de François Mitterrand en 1981 la propulse au rang d'égérie du nouveau régime, écornant quelque peu son image de star consensuelle ; son engagement semble avoir cependant été davantage amical que politique. Ce sont cependant ses bonnes relations avec l'establishment socialiste qui lui permettront en 1984, selon l'expression de Max Guazzini, de « sauver toute la bande FM ». Par le soutien spectaculaire qu'elle apporte à la manifestation pour la défense de la radio libre NRJ dirigée par son ami Guazzini, Dalida assure la survie de plusieurs stations de radio et contribue à faire de NRJ un empire médiatique.

Mais malgré son succès (un Disque de Diamant, créé spécialement pour elle, en 1981) Dalida va mal. En 1983, le suicide de son ex-compagnon, l' «immortel » Richard Chanfray, la plonge à nouveau dans une cruelle dépression. En 1985, elle est éprouvée par des opérations oculaires destinées à corriger un strabisme qui va en s'aggravant.

L'année suivante, elle a l'occasion de renouer avec le cinéma, grâce au rôle principal du film égyptien Le Sixième jour , qu'elle interprète directement en arabe sous la direction du grand cinéaste Youssef Chahine. La critique salue sa prestation et le public arabe est ému de voir une « star occidentale » jouer dans un film égyptien. Mais ce succès d'estime sera le dernier. La solitude personnelle, le sentiment d'avoir raté sa vie de femme en privilégiant sa vie de star, lui pèsent trop : le 3 mai 1987, le public apprend le suicide de Dalida dans son appartement de Montmartre. La vedette a laissé ce simple mot : « Pardonnez-moi, la vie m'est insupportable ».

Quelque peu statufiée de son vivant, Dalida redevient par-delà la mort une vedette au-delà de toutes les modes. Dalida, recordwoman des ventes de disques pour une artiste de la chanson française (65 millions de son vivant et plus de 9 millions depuis son décès), star internationale à peu près partout dans le monde à l'exception des pays anglo-saxons, incarne de manière spectaculaire la parabole d'une star absolue brûlée aux feux de la rampe. Avec à son répertoire autant de classiques inaltérables (« Ciao amore ciao ») que de perles kitschs invraisemblables, Dalida est à elle seule un phénomène de la chanson et sa place dans le coeur du public lui assure encore aujourd'hui une place au firmament des étoiles. Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

La future star internationale naît d'emblée sous le signe du déracinement : fille d'un couple d'Italiens originaires de Calabre, Yolanda Gigliotti naît le 17 janvier 1933, en Egypte, au Caire, où ses parents se sont installés.

Destinée initialement à une carrière de secrétaire, l'attrait du glamour et des paillettes va la faire dévier de sa sage trajectoire : s'étant présentée, en cachette de ses parents, à un concours de beauté, elle remporte le premier prix.

Miss Egypte 1954, la beauté exotique est rapidement repérée par le milieu du cinéma égyptien, alors particulièrement actif. Dans la Hollywood de l'Orient, Yolanda se retrouve à jouer les tentatrices voluptueuses dans quelques mélo-loukoums. Repérée par un réalisateur français, Marco de Gastyne, elle apparaît, sous le nom de Dalila, dans un film français, Le Masque de Toutankhmamon.

Conquise par cette expérience, persuadée de pouvoir réussir dans le cinéma en France, Yolanda s'envole pour Paris en décembre 1954. Mais, manque de chance, des actrices, en France, il y en a déjà ; producteurs et réalisateurs français ne sont pas du genre à se laisser impressionner par un titre de Miss Egypte. Face à la vache enragée qui menace, « Dalila » prend des cours de chant pour subvenir à ses besoins et trouve des engagements dans divers cabarets.

La chance va venir d'une rencontre avec trois hommes, Bruno Coquatrix, Lucien Morisse et Eddy Barclay. L'ayant remarquée, Coquatrix l'invite à participer au concours pour amateurs  « Les numéros 1 de demain », organisé à l'Olympia, qu'il vient de racheter. Dalila y interprète « Etrangère au Paradis ». Sont présents à cette occasion, un peu par hasard,  Lucien Morisse, directeur artistique d'Europe 1, et l'illustre éditeur de disques Eddy Barclay.

Conquis, Lucien Morisse décide de prendre sous son aile la carrière de la jeune italo-égyptienne, vite rebaptisée « Dalida ». Après deux disques au succès mitigé, Morisse pense lui faire interpréter une chanson en italien, « Guaglione ». Mais Gloria Lasso, alors vedette « latino » en titre, a réservé le titre. Morisse déniche finalement la chanson « Bambino », qui lui semble correspondre au registre de sa nouvelle vedette. Lancée avec enthousiasme par le boss d'Europe 1 (la chanson passe à l'antenne toutes les heures), « Bambino » remporte un succès foudroyant, propulsant d'emblée Dalida au rang de vedette. Grâce à cette chanson, elle sera la première interprète à remporter un Disque d'Or.

Quelques semaines plus tard, la petite italienne du Caire fait la première partie du spectacle de Charles Aznavour sur la scène de l'Olympia. Son partenariat avec Lucien Morisse, personnel autant que professionnel (le pygmalion épousera sa trouvaille en 1961) permet à Dalida de lancer magistralement sa carrière, sur un registre exotique, sentimental et enjoué, menaçant puis détrônant tout à fait l'espagnole Gloria Lasso dans le registre de la diva latine. Le public apprécie sa beauté typée, son début de strabisme et son accent indéfinissable et roucoulant, mélange d'italien et d'arabe.

A partir de 1958, et sept ans de suite, Dalida remporte l'Oscar de Radio Monte-Carlo. Tournées internationales, triomphes à répétition. Son frère cadet, Bruno Gigliotti, en profite pour venir faire son trou à Paris et débuter lui aussi une carrière de chanteur, sous le nom d'Orlando. Dalida surfe sur le succès mais sa vie privée et amoureuse se ressent du rythme de travail que lui impose son époux-pygmalion-manager. En guise de voyage de noces, elle repartira en tournée. Quelques mois après son mariage, Dalida finit par se séparer de Lucien Morisse, qu'elle quitte pour une liaison - elle-même éphémère - avec Jean Sobieski (acteur et peintre, futur père de l'actrice américaine Leelee Sobieski). Un triomphe à l'Olympia, la même année, confirme à Dalida que malgré la vague yé-yé, elle est là pour durer.

Star européenne, grâce notamment à sa capacité à chanter en plusieurs langues, vedette jusqu'en Asie, Dalida demeure harassée de travail et préoccupée par un besoin de s'affirmer et de se cultiver. L'autodidacte s'intéresse à la philosophie orientale, lit beaucoup, et travaille sa sophistication, en teignant notamment ses cheveux en blond (à partir de 1964). Dalida est très entourée par sa famille : sa cousine Rosy est sa secrétaire et son frère Orlando, qui a abandonné ses ambitions de chanteur, devient son manager à partir de 1966.

En octobre 1966, sous l'impulsion du label italien RCA, Dalida rencontre Luigi Tenco, jeune chanteur-compositeur « engagé ». RCA souhaite présenter au traditionnel concours de la chanson italienne de San Remo un morceau que Tenco se chargera de composer et qu'ils interprèteront en duo. Dalida fréquente beaucoup Luigi Tenco pour la préparation du concours et de leur chanson, « Ciao Amore », et finira par avoir une liaison avec lui : ils vont jusqu'à envisager le mariage. Selon certaines versions rapportées bien plus tard par la presse italienne, leur relation simplement amicale aurait été montée en épingle dans un but publicitaire. Quelle que soit la vérité, leur relation semble avoir été forte, comme le montrera la suite.

En janvier 1967, lors du festival de San Remo, « Ciao Amore » n'est pas retenu par le jury. Tenco se suicide le soir même dans sa chambre d'hôtel, en dénonçant le conformisme commercial de San Remo. Dalida, bouleversée, enregistrera une version en solo de « Ciao Amore » avant de tenter elle-même de se suicider quelques mois plus tard.

La brève et tragique histoire de Luigi Tenco marque Dalida à la fois personnellement et artistiquement : elle change de jeu de scène, s'habille de grandes robes blanches, affiche un look de Madone. Elle remporte un nouveau triomphe à l'Olympia en octobre 1967. Le public apporte toute son affection à une star qu'il sait et sent blessée et meurtrie : une sorte de malédiction morbide semble peser sur la star ; son premier mari, Lucien Morisse, se suicide à son tour en 1970. Dalida continue de vouloir cultiver son esprit (yoga et analyse jungienne à la clé), d'anoblir son répertoire. Après le succès populaire de « Darladiladada », elle chante « Avec le temps » de Léo Ferré et décide d'interpréter exclusivement des chansons ayant à ses yeux un intérêt artistique et poétique.

Devant le scepticisme de Bruno Coquatrix, Dalida loue elle-même l'Olympia fin 1971 et remporte un nouveau succès. En 1973, elle interprète « Paroles paroles », gigantesque tube, en duo avec Alain Delon.

Dans les années 1970, Dalida change encore d'apparence. Chevelure de plus en plus flamboyante, corps sculpté  par des robes en lamé, Dalida cesse d'être madone pour se faire « star hollywoodienne ». En 1972, elle rencontre un jeune journaliste à Ici Paris, Pascal Sevran qui deviendra l'un de ses intimes et composera pour elle, l'année suivante, « Il venait d'avoir 18 ans », nouveau et gigantesque succès qui demeurera l'un des classiques de Dalida.

Dalida a constitué autour d'elle un entourage virevoltant, composé d'artistes, d'intellectuels, de politiques (elle devient ainsi l'amie de François Mitterrand). Dans ce mélange de future jet-set artistique et d'intelligentsia de gauche (Jacques Attali et autres Roger Hanin font également partie de l'entourage de la chanteuse), surnage le nouveau compagnon de Dalida, un certain Richard Chanfray, mythomane mondain qui prétend être le Comte de Saint-Germain, célèbre aventurier « immortel » du XVIIIème siècle. Pour pittoresque qu'il puisse être, Chanfray n'en sera pas moins la dernière grande passion de Dalida, qu'il fréquentera jusqu'en 1981. « Saint-Germain », sous la houlette d'Orlando, interprètera non sans un certain talent quelques chansons, dont un duo avec Dalida.

Dalida, en attendant, se renouvelle encore et inaugure en 1975 la vogue Disco, avec « J'attendrai », le premier tube français du genre. Quelques années plus tôt, elle avait refusé un contrat de dix ans aux Etats-Unis, se fermant de fait le marché de ce pays : elle prend sa revanche en 1978, en remportant un triomphe grâce à son show au Carnegie Hall de New York. Elle renoue ensuite avec ses racines égyptiennes, en chantant en arabe, « Salma Ya Salama » et réalise une tournée au Moyen-Orient (1979).

Présence quasi-obligatoire de toutes les émissions de variété, Dalida est à l'orée des années 1980 une star incontournable en France, tout en conservant son rayonnement à l'étranger. L'élection de François Mitterrand en 1981 la propulse au rang d'égérie du nouveau régime, écornant quelque peu son image de star consensuelle ; son engagement semble avoir cependant été davantage amical que politique. Ce sont cependant ses bonnes relations avec l'establishment socialiste qui lui permettront en 1984, selon l'expression de Max Guazzini, de « sauver toute la bande FM ». Par le soutien spectaculaire qu'elle apporte à la manifestation pour la défense de la radio libre NRJ dirigée par son ami Guazzini, Dalida assure la survie de plusieurs stations de radio et contribue à faire de NRJ un empire médiatique.

Mais malgré son succès (un Disque de Diamant, créé spécialement pour elle, en 1981) Dalida va mal. En 1983, le suicide de son ex-compagnon, l' «immortel » Richard Chanfray, la plonge à nouveau dans une cruelle dépression. En 1985, elle est éprouvée par des opérations oculaires destinées à corriger un strabisme qui va en s'aggravant.

L'année suivante, elle a l'occasion de renouer avec le cinéma, grâce au rôle principal du film égyptien Le Sixième jour , qu'elle interprète directement en arabe sous la direction du grand cinéaste Youssef Chahine. La critique salue sa prestation et le public arabe est ému de voir une « star occidentale » jouer dans un film égyptien. Mais ce succès d'estime sera le dernier. La solitude personnelle, le sentiment d'avoir raté sa vie de femme en privilégiant sa vie de star, lui pèsent trop : le 3 mai 1987, le public apprend le suicide de Dalida dans son appartement de Montmartre. La vedette a laissé ce simple mot : « Pardonnez-moi, la vie m'est insupportable ».

Quelque peu statufiée de son vivant, Dalida redevient par-delà la mort une vedette au-delà de toutes les modes. Dalida, recordwoman des ventes de disques pour une artiste de la chanson française (65 millions de son vivant et plus de 9 millions depuis son décès), star internationale à peu près partout dans le monde à l'exception des pays anglo-saxons, incarne de manière spectaculaire la parabole d'une star absolue brûlée aux feux de la rampe. Avec à son répertoire autant de classiques inaltérables (« Ciao amore ciao ») que de perles kitschs invraisemblables, Dalida est à elle seule un phénomène de la chanson et sa place dans le coeur du public lui assure encore aujourd'hui une place au firmament des étoiles. Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis


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