Il y a vraiment longtemps qu'un livre ne m'avait pas captivé à ce point. Difficile de le quitter et une fois terminé, on se sent déçu d'être arrivé au bout du voyage. L'écriture est superbe et l'auteur déroule son histoitre avec un maîtrise qu'on ne rencontre pas souvent dans un premier roman. L'intrigue est simple : Le père Flavier, modeste curé de campagne veille sur un secret inconnu qu'un archéologue, arrivé depuis peu au village, risque de mettre à jour. Tout celà au début du XIXème siècle, en France. Dans la plupart des romans de ce type, la nature du secret est primordiale et sur elle repose tout l'intérêt de la progression narrative. Rien de cela ici. On apprend assez vite de quoi il s'agit. Passé un premier moment de frustation, on se rend vite compte que le suspense n'en demeure pas moindre. Le fait de changer régulièrement de point de vue narratif est aussi des plus intéressant : au point de vue du curé succède celui de l'archéologue. D'aucun en aurait profiter pour nous raconter deux fois la même histoire, mais l'auteur utilise ce procédé pour faire réellement avancer l'intrigue. Les personnages sont consistants et vraiment crédibles. Même l'histoire d'amour pourtant fort improbable entre Abel, le bedeau du curé et la fille de l'archéologue semble couler de source sans jamais verser dans la mièvrerie. Ce livre me semble échapper à toute tentative de classement : pas vraiment un polar, ni même un roman relevant du fantastique, la nature du secret m'a un peu fait penser à de la SF dans le genre de se qu'écrivait Lovecraft mais tout en restant très originale. Et puis de toute façon, s'il y a une catégorie dans laquelle ce livre entre parfaitement, c'est celle des lectures qui vous marquent et qu'on n'oublient pas. J'attends avec impatience le second roman de Frédéric Merchadou. Et je ne pense pas être le seul dans ce cas. En tous les cas : Bravo !