Je viens d'apprendre la disparition de John Barry, à 77 ans, père de l'immortel thème de James Bond.
Grand amateur de B.O.F, ce commentaire sur une musique de 1990 se veut un humble hommage à l'un des plus marquants compositeurs du genre. Parmi le nombre impressionnant de partitions écrites par John Barry, beaucoup ont été gravées. Elles sont toujours disponibles intégralement ou en compilation, ce qui montre l'importance de son apport. Cela pose d'ailleurs question quant à celle que je devais retenir pour écrire ces quelques lignes.
Un grand nombre d'amateurs se remémorera Out of Africa ou Danses avec les Loups, car ces films ont connu un succès planétaire, et leur musique aussi par ricochet, deux créations oscarisées.
Je commente donc une réédition de 2004, comportant 24 titres, et non l'édition de 1990 qui n'en comportait que 18 et avait reçu 6 x 5* des commentateurs.
Dès les notes lointaines de trompettes soutenues aux cordes graves, le décor est planté : les grands espaces des prairies, l'immensité, l'ouest américain. Une caisse claire au timbre lugubre répond à ce thème : l'histoire sera nostalgique, grave ; pas un western héroïque quoique magnifique à la John Ford, mais la tragédie d'un monde qui va disparaître. Génie d'un compositeur qui, en quelques mesures, nous empoigne dans cette histoire d'un homme qui découvrira un peuple, une culture, et partagera sa cruelle destinée. Celle aussi d'un cœur capable d'amitié envers un loup, symbole d'une nature libre qui sera trahie.
John Barry devient peintre : illustrant aussi la vie, le quotidien dans la « chasse du bison » (The Buffalo Hunt). L'orchestration est variée et sublime. Comme je l'écris souvent, cette musique est une suite symphonique autonome même si voir le film est une démarche incontournable.
John Barry vient de rentrer dans la légende de la musique.