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5.0 étoiles sur 5
rock de cristal, ou le miracle isolé, 17 janvier 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Danger Money (CD)
Certains considèrent cet album comme la dernière grande réussite de l'âge d'or du progressif; on pourrait dire également le premier d'une nouvelle ère, où ce genre va se simplifier quelque peu, se durcir au niveau du son et de la rythmique, se concentrer dans des formats plus courts aussi, ou à l'inverse surenchérir en se dilatant dans des concept-albums incroyablement longs et ennuyeux (quand ce n'est pas se répéter dans un conformisme nostalgique et parfois délibérément passéiste), et perdre ainsi le plus souvent son caractère "progressif" (ce qui ne veut pas forcément dire désagréable ou inécoutable pour autant)...
J'ai connu cet album bien avant le premier du trio, et c'est de loin mon préféré des deux, même si j'aime aussi "UK", à la coloration beaucoup plus "jazz-rock" du fait de la présence énergisante d'Allan Holdsworth et de son jeu de guitare si particulier. En réalité, les deux albums pourraient avoir été réalisés par deux groupes différents, tellement ils sont dissemblables, tant dans le fond que dans la forme. Et le son de "Danger Money" est excellent, bien supérieur à celui de son prédécesseur.
Ce disque est bel et bien le "super album d'un super groupe", où le talent éclate dans tous les sens... Une sorte d'E.L.P simplifié (dans le bon sens du terme) croisé avec le Asia des deux premiers albums : voilà comment on pourrait résumer ce disque où les claviers du prodige Eddie Jobson (ex-Roxy Music, Curved Air et F. Zappa) règnent en maître, et où la guitare du premier album est remplacée par le violon du même E. Jobson. Au chant et à la basse, John Wetton (ex-Uriah Heep, King Crimson, futur Asia et Wishbone Ash; il fera même un passage éclair chez Atoll pour la réédition du dernier album "Rock Puzzle").
A la batterie, Terry Bozzio, ex-Zappa également (ce dernier a décidément formé un nombre incalculable de musiciens), qui a par la suite créé le groupe Missing Persons avec entre autres le bassiste/claviers new-age Patrick O'Hearn.
L'album comporte six titres, et si l'on considère le disque vinyl, deux morceaux ambitieux et imposants encadrent sur chaque face un titre "pop", au format plus traditionnel (couplet + refrain). Une construction en "miroir" et une symétrie telle qu'on la trouve couramment dans la musique classique.
Les grands moments de l'album sont donc les quatre titres "extérieurs", tous différents, mais tous fulgurants, magnifiques, inoubliables.
Ma préférence va au premier et au dernier : "Danger Money", avec son introduction grandiose et dramatique, et un passage central rappelant celui du "Red" de King Crimson. Dans ce titre puissant et imposant, l'orgue est absolument superbe. Quant à "Carrying No Cross", c'est sans l'ombre d'un doute l'une des meilleures suites de toute la musique "progressive". Un titre tout simplement incroyable, qui débute dans une sorte de brouillard électronique d'ou émergent d'abord de curieuses figures soniques puis finalement la voix de John Wetton, pour une belle mélodie mélancolique dont c'est l'une des spécialités; ensuite, tout change avec le long et fameux développement instrumental spectaculaire qui suit (et qui a lui seul vaudrait presque l'acquisition de l'album), pendant lequel on est ballotté et secoué comme rarement, grâce à l'hallucinante virtuosité de Jobson à l'orgue et aux synthés. Vers la fin de ce périple aussi vertigineux qu'un parcours dans les montagnes russes, se produit une cassure à laquelle on ne s'attends pas : un piano virulent se retrouve seul (l'effet est saisissant) : contraste abrupt... Puis un synthétiseur aux arpèges ultra-rapides prends le relai, la batterie à l'unisson, dans un effet tout aussi frappant; une dernière accélération se produit avant que le climat s'apaise enfin pour la conclusion avec la même mélodie triste qu'au début.
Cette suite mémorable se hisse sans problème au même niveau que les plus grandes fresques progressives de la décennie précédente.
J'aime beaucoup également "The Only Thing She Needs", le morceau le plus rapide de l'album, où le talent de T. Bozzio s'exprime pleinement, et "Caesar's Palace Blues", le plus groove, où cette fois-ci c'est le violon transparent d'Eddie Jobson qui joue les premiers rôles. Quant aux deux titres plus "FM", "Rendez-Vous 6:02" et "Nothing To Lose" (d'ailleurs au climat opposé), ils sont très agréables à écouter mais sont là aussi pour équilibrer l'ensemble avec plus de légèreté et mettre également les autres habilement en valeur.
Un album mélodique, énergique, magnifique de musicalité autant que d'efficacité et que tous les amateurs de progressif vénèrent mais aussi fortement recommandé aux autres, aux amoureux de bonne musique en général et de claviers en particulier. Culte.
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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
magnifique, 15 mars 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Danger Money (CD)
ce trio composé de john Wetton(chant,basse)ex king crimson,uriat heep. De eddiejobson(claviers,violon) ex roxy music,king crimson,zappa et du terrifiant terry Bozzio(batterie,percus)ex zappa,donne naissance a cette unique album studio dans cette formation, mais c'est une perle absolue!!!
inspiration mélodique,richesse des arrangements,grande imagination dans les climats sonores et bien sur virtuosité(mais sans démonstration)MAGNIFIQUE!
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