Danny Elfman


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Biographie

Fils d'un pilote de l'US Air Force, Daniel Robert Elfman voit le jour le 29/5/1953. Nul, à part lui-même et l'administration américaine, ne sait vraiment s'il pousse ses premiers vagissements à Los Angeles (Californie) ou à Amarillo (Texas), mais c'est cependant dans la Cité des Anges qu'il passe la majeure partie de sa jeunesse, prenant pour modèle son frère, Richard, aussi excentrique que lui. Passant une grande partie de son temps libre dans les divers cinémas de Los Angeles, le jeune Danny, qui se rêve déjà en réalisateur oscarisable, développe très vite une acuité particulière pour ... Lire la suite

Fils d'un pilote de l'US Air Force, Daniel Robert Elfman voit le jour le 29/5/1953. Nul, à part lui-même et l'administration américaine, ne sait vraiment s'il pousse ses premiers vagissements à Los Angeles (Californie) ou à Amarillo (Texas), mais c'est cependant dans la Cité des Anges qu'il passe la majeure partie de sa jeunesse, prenant pour modèle son frère, Richard, aussi excentrique que lui. Passant une grande partie de son temps libre dans les divers cinémas de Los Angeles, le jeune Danny, qui se rêve déjà en réalisateur oscarisable, développe très vite une acuité particulière pour l'habillage sonore des films, et montre très jeune une sincère admiration pour Bernard Herrmann, le compositeur attitré d'Alfred Hitchcock, celui-là même qui est à l'origine de la bande originale de Psychose (1960) et, bien évidemment, du célèbre « thème de la douche ».

Intuitivement, Elfman commence à appréhender le concept de la fusion nécessaire entre un film et son environnement musical. C'est tout naturellement qu'il se lance lui-même dans la musique, sous le patronage de Richard, sans prendre la peine de passer par la case « école de musique ». Autodidacte surdoué, Danny Elfman est - et restera - un intuitif complet misant davantage sur la spontanéité créative, la primauté de l'ambiance sonore et l'approche globale autant que fusionnelle entre image et son, que sur le strict respect des partitions. Cette vision plus qu'originale de la composition lui vaudra de se faire considérer comme un fumiste doublé d'un jean-foutre par quelques-uns de ses futurs confrères.

Autodidacte de la contre-culture

Mais, à la seconde moitié des années 1970, le plus créatif de la famille n'est pas Danny, mais son aîné, Richard. Théâtreux avant-gardiste et particulièrement déjanté, Richard est à la Californie ce que Richard O'Brien (concepteur et metteur en scène du Rocky Horror Picture Show) est à la Grande-Bretagne. Fou de séries B, Z et de cinéma de plein-air autant que de punk rock et de théâtre « conceptuel », l'aîné des frères Elfman est le créateur de la troupe de théâtre-rock The Mystic Knight Of The Oingo Boingo auquel Danny se joint pour le chant, la guitare rythmique et, déjà, la composition musicale. Avec sa voix haut perchée et ses arrangements foutraques, Danny devient le leader charismatique de ce groupe atypique, dont l'ambiance sonore mêle synthés, cuivres et instruments acoustiques. Difficilement classable dans un genre musical, Oingo Boingo devient l'une des formations cultes de la scène alternative californienne avec ses titres bigarrés (« Perfect System », « Wild Sex (in the Working Class) » ou le très dérangeant « Little Girls » dénonciation mordante de la pédophilie sous forme d'apologie vacharde de celle-ci), mais, malheureusement, ne dépassera jamais vraiment le stade de groupe local de la West Coast.

Reste que les pérégrinations braillardes d'Oingo Boingo sont pour Danny l'occasion de faire ses premiers pas dans la mise en scène et l'osmose acoustique avec le spectacle offert sur scène. Ironie débridée et délire sonore sont les deux mamelles de ce groupe qui sort plusieurs albums dont très peu sortent du microcosme alternatif californien. Multipliant les projets excentriques, Richard Elfman se lance dans la réalisation de Forbidden Zone, en 1980. Film d'horreur réalisé avec quelques morceaux de scotch, des hectolitres de ketchup et un enthousiasme inversement proportionnel à son budget, Forbidden Zone est accompagné par les compositions musicales de Danny qui fait ainsi ses premiers pas dans le milieu du cinéma. Aujourd'hui encore, ce très décalé film amateur réalisé cependant avec professionnalisme conserve un statut-culte auprès d'une certaine jeunesse branchée américaine.

Danny & Tim

Parmi les premiers fans de Mystic Knight Of The Oingo Boingo se trouve un jeune animateur de dessins animés, fraîchement engagé par les studios Disney ayant quelques velléités de réalisation à l'aube des années 80. Soufflé par la qualité de l'habillage musical de Forbidden Zone, Tim Burton contacte Danny Elfman pour les besoins d'un projet qu'il porte avec l'animateur de télévision pour enfants Paul Reubens, autre fan du groupe : Pee Wee's Big Adventure (1985). Elfman accepte de contribuer au métrage, mais, une fois celui-ci mis en boîte, regrette d'avoir contribué à gâcher le film par ses musiques. Grossière erreur : le film est un succès à travers tous les Etats-Unis et une solide amitié s'installe entre Burton et Elfman, qui laisse augurer leurs futures collaborations, en dépit des caractères très forts (pour ne pas dire « de cochon ») des deux hommes, capables de claquer la porte en hurlant et de se réconcilier aussitôt après pour mieux se reprendre le bec dans les minutes qui suivent. Importe peu les frictions : le dynamique tandem est désormais constitué et le meilleur reste à venir.

Des Mystic Knights au Dark Knight

S'il ne se lance pas immédiatement dans l'écriture de la musique de films et continue à tourner avec Oingo Boingo, Danny Elfman n'en répond pas moins aux quelques sollicitations de Tim Burton dans les temps qui suivent. Tout d'abord pour les besoins d'un épisode de la série Alfred Hitchcock présente, que Burton réalise, puis, pour ceux d'un ambitieux projet du metteur en scène, Beetlejuice (1988). Si le film lance la carrière du réalisateur, la bande originale, et surtout le morceau « Day-O » interprété par Harry Belafonte, fait d'Elfman un compositeur de musiques de films bankable, quand bien même certains critiques lui reprochent son style trop débridé et sa méthode de création hétérodoxe. Mais si Beetlejuice contribue à faire des deux hommes des gens qu'Hollywood commence à regarder avec intérêt, c'est leur collaboration suivante qui les propulse au sommet.

À la fin des années 1980, le film de super-héros est un genre en déshérence, ne faisant plus guère recette depuis les derniers Superman et les adaptations malheureuses des 4 Fantastiques (de Roger Corman, dans une version jamais sortie au cinéma) et du Punisher (avec Dolph Lundgren). La Warner, pourtant, a décidé de miser quelques millions sur un renouveau du genre en mettant en chantier une adaptation du Chevalier Noir de Gotham City, la première depuis le film semi-parodique de 1966. Le projet de ce Batman effraie un peu Elfman, qui fait part de ses doutes à Burton, lequel l'impose cependant à la conception sonore de l'univers du Dark Knight. Un temps pressenti pour interpréter le morceau-phare de la bande oirignale, Michael Jackson est écarté au profit de Prince, dont la « Batdance » très marquée par son temps, doit constituer le produit d'appel majeur de la bande-son. Quelques années plus tard, si tout le monde a oublié le morceau de Prince, tous les cinéphiles gardent en tête le thème d'ouverture composé par Elfman, qui sera repris dans les suites, mais aussi dans la série animée de 1992, tant il colle parfaitement avec l'ambiance gothique que Burton a élaboré autour de l'univers du Carpet Crusader.

Les goths et les geeks

L'arrivée de l'électron-libre Elfman dans le Landerneau des compositeurs de musique pour le cinéma est loin de faire l'unanimité. Le chanteur d'Oingo Boingo doit en effet, essuyer les plâtres de critiques acerbes lui reprochant ses méthodes de travail et sous-entendant même de manière diffamatoire qu'il ne serait qu'un prête-nom derrière lequel se dissimuleraient d'autres compositeurs bien plus prestigieux (le nom de John Williams circule alors). Qu'importe car deux autres commandes majeures lui sont bientôt passées, mais pour la télévision cette fois. Celle du dessin animé satirique de Matt Groening, Les Simpson, tout d'abord, puis le générique d'une série de courts-métrages d'horreur, Les Contes de la Crypte. Dans les deux cas, Elfman s'en tire avec les honneurs et ses mélodies sont encore dans la mémoire des amateurs. Puisant son inspiration aussi bien dans le punk rock que chez les compositeurs classiques, Danny Elfman commence à devenir un auteur apprécié par certains mouvements esthétisants, notamment les gothiques, qui se retrouvent en phase avec ses musiques de film, contribuant à faire du compositeur l'une des références de la « contre-culture ».

Un phénomène qui n'échappe pas à plusieurs réalisateurs qui lui demandent de composer pour eux. S'il est amené à travailler pour Warren Beatty (Dick Tracy) ou Clive Barker (Nightbreed), Danny Elfman commence, dès 1990 à travailler avec un autre geek dans la lignée de Burton avec qui il entame une collaboration riche (bien que pas autant fusionnelle qu'avec le réalisateur de Beetlejuice) : Sam Raimi. Propulsé par le succès d'Evil Dead, Sam Raimi est de la même trempe que Tim Burton ou Danny Elfman lui-même, l'un de ces nerds biberonnés aux comics, au punk rock et aux séries B qui deviennent les valeurs montantes d'Hollywood. Si leur première collaboration passe relativement inaperçue (Darkman, en 1990), les deux hommes resteront fidèles l'un à l'autre pour les futures productions de Raimi, d'Evil Dead III : l'Armée des Ténèbres (en 1993) à Spider Man (en 2002).

En dépit de ses nombreuses participations aux musiques du cinéma hollywoodien, Elfman reste avant tout fidèle aux univers gothico-romantiques de son ami Tim Burton avec lesquels ses morceaux atteignent l'osmose complète. Au duo Burton / Elfman vient s'ajouter un troisième larron, l'acteur Johnny Depp, véritable réceptacle des créations des deux autres, capable d'habiter et de s'accaparer les univers visuels et sonores des deux hommes pour en tirer le meilleur. Edward aux mains d'argent (Edward Scissorhands, en version originale - 1990) est la première collaboration entre les trois hommes et elle s'avère artistiquement efficace. Elle se poursuivra sans discontinuer au cours des années futures avec Sleepy Hollow (1999), Charlie et la Chocolaterie ou Les Noces funèbres en 2005. Seuls faux bonds, Elfman ne participe à l'écriture ni des musiques d'Ed Wood (Howard Shore lui sera préféré) ni de celles de Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (le livret de cette comédie musicale signé Stephen Sondheim et Jonathan Tunick préexistait à l'adaptation de Burton). Cabotin occasionnel, Elfman ne néglige pas de faire quelques apparences en vedette, en forme de clin d'oeil au public initié, dans certaines productions, qu'il en ait assuré la bande originale ou pas. On l'a ainsi vu dans Forbidden Zone (interprétant Satan en personne), et les fans de V.O. auront reconnu sa voix dans Les Noces funèbres ou L'Etrange Noël de Mister Jack.

Danny aux mains d'argent

Régulièrement nominé aux Emmy Awards ou dans d'autres cérémonies de récompenses musicales, Danny Elfman n'est plus le marginal de l'écriture musicale qu'il a été a ses débuts et dont, paradoxalement, la réputation atroce dans le milieu, loin de constituer un boulet, lui a ouvert les portes de la culture populaire. Cet esprit sautillant, désormais appelé aussi bien par Barry Sonnenfeld que Peter Jackson, Gus Van Sant ou Rob Marshall, se voit proposer en 2005 la direction artistique de Serenada Schizophrana, une série de compositions de facture classique interprétée par l'American Composers Orchestra sous la direction de John Mauceri et Steven Sloane. Une reconnaissance qui vaut tous les Oscars du monde pour ce fou de musique, qui, à force de talent, et surtout d'instinct musical, est parvenu à se hisser au niveau de ses confrères légendaires que sont John Williams et Ennio Morricone.

A la fin de la décennie, Danny Elfman renouvelle son amitié et son attachement à l'oeuvre de Tim Burton en composant la musique de l'adaptation (très personnelle) du Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Sa partition d'Alice in Wonderland est publiée simultanément au film début 2010. La même année sort le film The Wolfman dont il signe également la partition. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Fils d'un pilote de l'US Air Force, Daniel Robert Elfman voit le jour le 29/5/1953. Nul, à part lui-même et l'administration américaine, ne sait vraiment s'il pousse ses premiers vagissements à Los Angeles (Californie) ou à Amarillo (Texas), mais c'est cependant dans la Cité des Anges qu'il passe la majeure partie de sa jeunesse, prenant pour modèle son frère, Richard, aussi excentrique que lui. Passant une grande partie de son temps libre dans les divers cinémas de Los Angeles, le jeune Danny, qui se rêve déjà en réalisateur oscarisable, développe très vite une acuité particulière pour l'habillage sonore des films, et montre très jeune une sincère admiration pour Bernard Herrmann, le compositeur attitré d'Alfred Hitchcock, celui-là même qui est à l'origine de la bande originale de Psychose (1960) et, bien évidemment, du célèbre « thème de la douche ».

Intuitivement, Elfman commence à appréhender le concept de la fusion nécessaire entre un film et son environnement musical. C'est tout naturellement qu'il se lance lui-même dans la musique, sous le patronage de Richard, sans prendre la peine de passer par la case « école de musique ». Autodidacte surdoué, Danny Elfman est - et restera - un intuitif complet misant davantage sur la spontanéité créative, la primauté de l'ambiance sonore et l'approche globale autant que fusionnelle entre image et son, que sur le strict respect des partitions. Cette vision plus qu'originale de la composition lui vaudra de se faire considérer comme un fumiste doublé d'un jean-foutre par quelques-uns de ses futurs confrères.

Autodidacte de la contre-culture

Mais, à la seconde moitié des années 1970, le plus créatif de la famille n'est pas Danny, mais son aîné, Richard. Théâtreux avant-gardiste et particulièrement déjanté, Richard est à la Californie ce que Richard O'Brien (concepteur et metteur en scène du Rocky Horror Picture Show) est à la Grande-Bretagne. Fou de séries B, Z et de cinéma de plein-air autant que de punk rock et de théâtre « conceptuel », l'aîné des frères Elfman est le créateur de la troupe de théâtre-rock The Mystic Knight Of The Oingo Boingo auquel Danny se joint pour le chant, la guitare rythmique et, déjà, la composition musicale. Avec sa voix haut perchée et ses arrangements foutraques, Danny devient le leader charismatique de ce groupe atypique, dont l'ambiance sonore mêle synthés, cuivres et instruments acoustiques. Difficilement classable dans un genre musical, Oingo Boingo devient l'une des formations cultes de la scène alternative californienne avec ses titres bigarrés (« Perfect System », « Wild Sex (in the Working Class) » ou le très dérangeant « Little Girls » dénonciation mordante de la pédophilie sous forme d'apologie vacharde de celle-ci), mais, malheureusement, ne dépassera jamais vraiment le stade de groupe local de la West Coast.

Reste que les pérégrinations braillardes d'Oingo Boingo sont pour Danny l'occasion de faire ses premiers pas dans la mise en scène et l'osmose acoustique avec le spectacle offert sur scène. Ironie débridée et délire sonore sont les deux mamelles de ce groupe qui sort plusieurs albums dont très peu sortent du microcosme alternatif californien. Multipliant les projets excentriques, Richard Elfman se lance dans la réalisation de Forbidden Zone, en 1980. Film d'horreur réalisé avec quelques morceaux de scotch, des hectolitres de ketchup et un enthousiasme inversement proportionnel à son budget, Forbidden Zone est accompagné par les compositions musicales de Danny qui fait ainsi ses premiers pas dans le milieu du cinéma. Aujourd'hui encore, ce très décalé film amateur réalisé cependant avec professionnalisme conserve un statut-culte auprès d'une certaine jeunesse branchée américaine.

Danny & Tim

Parmi les premiers fans de Mystic Knight Of The Oingo Boingo se trouve un jeune animateur de dessins animés, fraîchement engagé par les studios Disney ayant quelques velléités de réalisation à l'aube des années 80. Soufflé par la qualité de l'habillage musical de Forbidden Zone, Tim Burton contacte Danny Elfman pour les besoins d'un projet qu'il porte avec l'animateur de télévision pour enfants Paul Reubens, autre fan du groupe : Pee Wee's Big Adventure (1985). Elfman accepte de contribuer au métrage, mais, une fois celui-ci mis en boîte, regrette d'avoir contribué à gâcher le film par ses musiques. Grossière erreur : le film est un succès à travers tous les Etats-Unis et une solide amitié s'installe entre Burton et Elfman, qui laisse augurer leurs futures collaborations, en dépit des caractères très forts (pour ne pas dire « de cochon ») des deux hommes, capables de claquer la porte en hurlant et de se réconcilier aussitôt après pour mieux se reprendre le bec dans les minutes qui suivent. Importe peu les frictions : le dynamique tandem est désormais constitué et le meilleur reste à venir.

Des Mystic Knights au Dark Knight

S'il ne se lance pas immédiatement dans l'écriture de la musique de films et continue à tourner avec Oingo Boingo, Danny Elfman n'en répond pas moins aux quelques sollicitations de Tim Burton dans les temps qui suivent. Tout d'abord pour les besoins d'un épisode de la série Alfred Hitchcock présente, que Burton réalise, puis, pour ceux d'un ambitieux projet du metteur en scène, Beetlejuice (1988). Si le film lance la carrière du réalisateur, la bande originale, et surtout le morceau « Day-O » interprété par Harry Belafonte, fait d'Elfman un compositeur de musiques de films bankable, quand bien même certains critiques lui reprochent son style trop débridé et sa méthode de création hétérodoxe. Mais si Beetlejuice contribue à faire des deux hommes des gens qu'Hollywood commence à regarder avec intérêt, c'est leur collaboration suivante qui les propulse au sommet.

À la fin des années 1980, le film de super-héros est un genre en déshérence, ne faisant plus guère recette depuis les derniers Superman et les adaptations malheureuses des 4 Fantastiques (de Roger Corman, dans une version jamais sortie au cinéma) et du Punisher (avec Dolph Lundgren). La Warner, pourtant, a décidé de miser quelques millions sur un renouveau du genre en mettant en chantier une adaptation du Chevalier Noir de Gotham City, la première depuis le film semi-parodique de 1966. Le projet de ce Batman effraie un peu Elfman, qui fait part de ses doutes à Burton, lequel l'impose cependant à la conception sonore de l'univers du Dark Knight. Un temps pressenti pour interpréter le morceau-phare de la bande oirignale, Michael Jackson est écarté au profit de Prince, dont la « Batdance » très marquée par son temps, doit constituer le produit d'appel majeur de la bande-son. Quelques années plus tard, si tout le monde a oublié le morceau de Prince, tous les cinéphiles gardent en tête le thème d'ouverture composé par Elfman, qui sera repris dans les suites, mais aussi dans la série animée de 1992, tant il colle parfaitement avec l'ambiance gothique que Burton a élaboré autour de l'univers du Carpet Crusader.

Les goths et les geeks

L'arrivée de l'électron-libre Elfman dans le Landerneau des compositeurs de musique pour le cinéma est loin de faire l'unanimité. Le chanteur d'Oingo Boingo doit en effet, essuyer les plâtres de critiques acerbes lui reprochant ses méthodes de travail et sous-entendant même de manière diffamatoire qu'il ne serait qu'un prête-nom derrière lequel se dissimuleraient d'autres compositeurs bien plus prestigieux (le nom de John Williams circule alors). Qu'importe car deux autres commandes majeures lui sont bientôt passées, mais pour la télévision cette fois. Celle du dessin animé satirique de Matt Groening, Les Simpson, tout d'abord, puis le générique d'une série de courts-métrages d'horreur, Les Contes de la Crypte. Dans les deux cas, Elfman s'en tire avec les honneurs et ses mélodies sont encore dans la mémoire des amateurs. Puisant son inspiration aussi bien dans le punk rock que chez les compositeurs classiques, Danny Elfman commence à devenir un auteur apprécié par certains mouvements esthétisants, notamment les gothiques, qui se retrouvent en phase avec ses musiques de film, contribuant à faire du compositeur l'une des références de la « contre-culture ».

Un phénomène qui n'échappe pas à plusieurs réalisateurs qui lui demandent de composer pour eux. S'il est amené à travailler pour Warren Beatty (Dick Tracy) ou Clive Barker (Nightbreed), Danny Elfman commence, dès 1990 à travailler avec un autre geek dans la lignée de Burton avec qui il entame une collaboration riche (bien que pas autant fusionnelle qu'avec le réalisateur de Beetlejuice) : Sam Raimi. Propulsé par le succès d'Evil Dead, Sam Raimi est de la même trempe que Tim Burton ou Danny Elfman lui-même, l'un de ces nerds biberonnés aux comics, au punk rock et aux séries B qui deviennent les valeurs montantes d'Hollywood. Si leur première collaboration passe relativement inaperçue (Darkman, en 1990), les deux hommes resteront fidèles l'un à l'autre pour les futures productions de Raimi, d'Evil Dead III : l'Armée des Ténèbres (en 1993) à Spider Man (en 2002).

En dépit de ses nombreuses participations aux musiques du cinéma hollywoodien, Elfman reste avant tout fidèle aux univers gothico-romantiques de son ami Tim Burton avec lesquels ses morceaux atteignent l'osmose complète. Au duo Burton / Elfman vient s'ajouter un troisième larron, l'acteur Johnny Depp, véritable réceptacle des créations des deux autres, capable d'habiter et de s'accaparer les univers visuels et sonores des deux hommes pour en tirer le meilleur. Edward aux mains d'argent (Edward Scissorhands, en version originale - 1990) est la première collaboration entre les trois hommes et elle s'avère artistiquement efficace. Elle se poursuivra sans discontinuer au cours des années futures avec Sleepy Hollow (1999), Charlie et la Chocolaterie ou Les Noces funèbres en 2005. Seuls faux bonds, Elfman ne participe à l'écriture ni des musiques d'Ed Wood (Howard Shore lui sera préféré) ni de celles de Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (le livret de cette comédie musicale signé Stephen Sondheim et Jonathan Tunick préexistait à l'adaptation de Burton). Cabotin occasionnel, Elfman ne néglige pas de faire quelques apparences en vedette, en forme de clin d'oeil au public initié, dans certaines productions, qu'il en ait assuré la bande originale ou pas. On l'a ainsi vu dans Forbidden Zone (interprétant Satan en personne), et les fans de V.O. auront reconnu sa voix dans Les Noces funèbres ou L'Etrange Noël de Mister Jack.

Danny aux mains d'argent

Régulièrement nominé aux Emmy Awards ou dans d'autres cérémonies de récompenses musicales, Danny Elfman n'est plus le marginal de l'écriture musicale qu'il a été a ses débuts et dont, paradoxalement, la réputation atroce dans le milieu, loin de constituer un boulet, lui a ouvert les portes de la culture populaire. Cet esprit sautillant, désormais appelé aussi bien par Barry Sonnenfeld que Peter Jackson, Gus Van Sant ou Rob Marshall, se voit proposer en 2005 la direction artistique de Serenada Schizophrana, une série de compositions de facture classique interprétée par l'American Composers Orchestra sous la direction de John Mauceri et Steven Sloane. Une reconnaissance qui vaut tous les Oscars du monde pour ce fou de musique, qui, à force de talent, et surtout d'instinct musical, est parvenu à se hisser au niveau de ses confrères légendaires que sont John Williams et Ennio Morricone.

A la fin de la décennie, Danny Elfman renouvelle son amitié et son attachement à l'oeuvre de Tim Burton en composant la musique de l'adaptation (très personnelle) du Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Sa partition d'Alice in Wonderland est publiée simultanément au film début 2010. La même année sort le film The Wolfman dont il signe également la partition. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Fils d'un pilote de l'US Air Force, Daniel Robert Elfman voit le jour le 29/5/1953. Nul, à part lui-même et l'administration américaine, ne sait vraiment s'il pousse ses premiers vagissements à Los Angeles (Californie) ou à Amarillo (Texas), mais c'est cependant dans la Cité des Anges qu'il passe la majeure partie de sa jeunesse, prenant pour modèle son frère, Richard, aussi excentrique que lui. Passant une grande partie de son temps libre dans les divers cinémas de Los Angeles, le jeune Danny, qui se rêve déjà en réalisateur oscarisable, développe très vite une acuité particulière pour l'habillage sonore des films, et montre très jeune une sincère admiration pour Bernard Herrmann, le compositeur attitré d'Alfred Hitchcock, celui-là même qui est à l'origine de la bande originale de Psychose (1960) et, bien évidemment, du célèbre « thème de la douche ».

Intuitivement, Elfman commence à appréhender le concept de la fusion nécessaire entre un film et son environnement musical. C'est tout naturellement qu'il se lance lui-même dans la musique, sous le patronage de Richard, sans prendre la peine de passer par la case « école de musique ». Autodidacte surdoué, Danny Elfman est - et restera - un intuitif complet misant davantage sur la spontanéité créative, la primauté de l'ambiance sonore et l'approche globale autant que fusionnelle entre image et son, que sur le strict respect des partitions. Cette vision plus qu'originale de la composition lui vaudra de se faire considérer comme un fumiste doublé d'un jean-foutre par quelques-uns de ses futurs confrères.

Autodidacte de la contre-culture

Mais, à la seconde moitié des années 1970, le plus créatif de la famille n'est pas Danny, mais son aîné, Richard. Théâtreux avant-gardiste et particulièrement déjanté, Richard est à la Californie ce que Richard O'Brien (concepteur et metteur en scène du Rocky Horror Picture Show) est à la Grande-Bretagne. Fou de séries B, Z et de cinéma de plein-air autant que de punk rock et de théâtre « conceptuel », l'aîné des frères Elfman est le créateur de la troupe de théâtre-rock The Mystic Knight Of The Oingo Boingo auquel Danny se joint pour le chant, la guitare rythmique et, déjà, la composition musicale. Avec sa voix haut perchée et ses arrangements foutraques, Danny devient le leader charismatique de ce groupe atypique, dont l'ambiance sonore mêle synthés, cuivres et instruments acoustiques. Difficilement classable dans un genre musical, Oingo Boingo devient l'une des formations cultes de la scène alternative californienne avec ses titres bigarrés (« Perfect System », « Wild Sex (in the Working Class) » ou le très dérangeant « Little Girls » dénonciation mordante de la pédophilie sous forme d'apologie vacharde de celle-ci), mais, malheureusement, ne dépassera jamais vraiment le stade de groupe local de la West Coast.

Reste que les pérégrinations braillardes d'Oingo Boingo sont pour Danny l'occasion de faire ses premiers pas dans la mise en scène et l'osmose acoustique avec le spectacle offert sur scène. Ironie débridée et délire sonore sont les deux mamelles de ce groupe qui sort plusieurs albums dont très peu sortent du microcosme alternatif californien. Multipliant les projets excentriques, Richard Elfman se lance dans la réalisation de Forbidden Zone, en 1980. Film d'horreur réalisé avec quelques morceaux de scotch, des hectolitres de ketchup et un enthousiasme inversement proportionnel à son budget, Forbidden Zone est accompagné par les compositions musicales de Danny qui fait ainsi ses premiers pas dans le milieu du cinéma. Aujourd'hui encore, ce très décalé film amateur réalisé cependant avec professionnalisme conserve un statut-culte auprès d'une certaine jeunesse branchée américaine.

Danny & Tim

Parmi les premiers fans de Mystic Knight Of The Oingo Boingo se trouve un jeune animateur de dessins animés, fraîchement engagé par les studios Disney ayant quelques velléités de réalisation à l'aube des années 80. Soufflé par la qualité de l'habillage musical de Forbidden Zone, Tim Burton contacte Danny Elfman pour les besoins d'un projet qu'il porte avec l'animateur de télévision pour enfants Paul Reubens, autre fan du groupe : Pee Wee's Big Adventure (1985). Elfman accepte de contribuer au métrage, mais, une fois celui-ci mis en boîte, regrette d'avoir contribué à gâcher le film par ses musiques. Grossière erreur : le film est un succès à travers tous les Etats-Unis et une solide amitié s'installe entre Burton et Elfman, qui laisse augurer leurs futures collaborations, en dépit des caractères très forts (pour ne pas dire « de cochon ») des deux hommes, capables de claquer la porte en hurlant et de se réconcilier aussitôt après pour mieux se reprendre le bec dans les minutes qui suivent. Importe peu les frictions : le dynamique tandem est désormais constitué et le meilleur reste à venir.

Des Mystic Knights au Dark Knight

S'il ne se lance pas immédiatement dans l'écriture de la musique de films et continue à tourner avec Oingo Boingo, Danny Elfman n'en répond pas moins aux quelques sollicitations de Tim Burton dans les temps qui suivent. Tout d'abord pour les besoins d'un épisode de la série Alfred Hitchcock présente, que Burton réalise, puis, pour ceux d'un ambitieux projet du metteur en scène, Beetlejuice (1988). Si le film lance la carrière du réalisateur, la bande originale, et surtout le morceau « Day-O » interprété par Harry Belafonte, fait d'Elfman un compositeur de musiques de films bankable, quand bien même certains critiques lui reprochent son style trop débridé et sa méthode de création hétérodoxe. Mais si Beetlejuice contribue à faire des deux hommes des gens qu'Hollywood commence à regarder avec intérêt, c'est leur collaboration suivante qui les propulse au sommet.

À la fin des années 1980, le film de super-héros est un genre en déshérence, ne faisant plus guère recette depuis les derniers Superman et les adaptations malheureuses des 4 Fantastiques (de Roger Corman, dans une version jamais sortie au cinéma) et du Punisher (avec Dolph Lundgren). La Warner, pourtant, a décidé de miser quelques millions sur un renouveau du genre en mettant en chantier une adaptation du Chevalier Noir de Gotham City, la première depuis le film semi-parodique de 1966. Le projet de ce Batman effraie un peu Elfman, qui fait part de ses doutes à Burton, lequel l'impose cependant à la conception sonore de l'univers du Dark Knight. Un temps pressenti pour interpréter le morceau-phare de la bande oirignale, Michael Jackson est écarté au profit de Prince, dont la « Batdance » très marquée par son temps, doit constituer le produit d'appel majeur de la bande-son. Quelques années plus tard, si tout le monde a oublié le morceau de Prince, tous les cinéphiles gardent en tête le thème d'ouverture composé par Elfman, qui sera repris dans les suites, mais aussi dans la série animée de 1992, tant il colle parfaitement avec l'ambiance gothique que Burton a élaboré autour de l'univers du Carpet Crusader.

Les goths et les geeks

L'arrivée de l'électron-libre Elfman dans le Landerneau des compositeurs de musique pour le cinéma est loin de faire l'unanimité. Le chanteur d'Oingo Boingo doit en effet, essuyer les plâtres de critiques acerbes lui reprochant ses méthodes de travail et sous-entendant même de manière diffamatoire qu'il ne serait qu'un prête-nom derrière lequel se dissimuleraient d'autres compositeurs bien plus prestigieux (le nom de John Williams circule alors). Qu'importe car deux autres commandes majeures lui sont bientôt passées, mais pour la télévision cette fois. Celle du dessin animé satirique de Matt Groening, Les Simpson, tout d'abord, puis le générique d'une série de courts-métrages d'horreur, Les Contes de la Crypte. Dans les deux cas, Elfman s'en tire avec les honneurs et ses mélodies sont encore dans la mémoire des amateurs. Puisant son inspiration aussi bien dans le punk rock que chez les compositeurs classiques, Danny Elfman commence à devenir un auteur apprécié par certains mouvements esthétisants, notamment les gothiques, qui se retrouvent en phase avec ses musiques de film, contribuant à faire du compositeur l'une des références de la « contre-culture ».

Un phénomène qui n'échappe pas à plusieurs réalisateurs qui lui demandent de composer pour eux. S'il est amené à travailler pour Warren Beatty (Dick Tracy) ou Clive Barker (Nightbreed), Danny Elfman commence, dès 1990 à travailler avec un autre geek dans la lignée de Burton avec qui il entame une collaboration riche (bien que pas autant fusionnelle qu'avec le réalisateur de Beetlejuice) : Sam Raimi. Propulsé par le succès d'Evil Dead, Sam Raimi est de la même trempe que Tim Burton ou Danny Elfman lui-même, l'un de ces nerds biberonnés aux comics, au punk rock et aux séries B qui deviennent les valeurs montantes d'Hollywood. Si leur première collaboration passe relativement inaperçue (Darkman, en 1990), les deux hommes resteront fidèles l'un à l'autre pour les futures productions de Raimi, d'Evil Dead III : l'Armée des Ténèbres (en 1993) à Spider Man (en 2002).

En dépit de ses nombreuses participations aux musiques du cinéma hollywoodien, Elfman reste avant tout fidèle aux univers gothico-romantiques de son ami Tim Burton avec lesquels ses morceaux atteignent l'osmose complète. Au duo Burton / Elfman vient s'ajouter un troisième larron, l'acteur Johnny Depp, véritable réceptacle des créations des deux autres, capable d'habiter et de s'accaparer les univers visuels et sonores des deux hommes pour en tirer le meilleur. Edward aux mains d'argent (Edward Scissorhands, en version originale - 1990) est la première collaboration entre les trois hommes et elle s'avère artistiquement efficace. Elle se poursuivra sans discontinuer au cours des années futures avec Sleepy Hollow (1999), Charlie et la Chocolaterie ou Les Noces funèbres en 2005. Seuls faux bonds, Elfman ne participe à l'écriture ni des musiques d'Ed Wood (Howard Shore lui sera préféré) ni de celles de Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (le livret de cette comédie musicale signé Stephen Sondheim et Jonathan Tunick préexistait à l'adaptation de Burton). Cabotin occasionnel, Elfman ne néglige pas de faire quelques apparences en vedette, en forme de clin d'oeil au public initié, dans certaines productions, qu'il en ait assuré la bande originale ou pas. On l'a ainsi vu dans Forbidden Zone (interprétant Satan en personne), et les fans de V.O. auront reconnu sa voix dans Les Noces funèbres ou L'Etrange Noël de Mister Jack.

Danny aux mains d'argent

Régulièrement nominé aux Emmy Awards ou dans d'autres cérémonies de récompenses musicales, Danny Elfman n'est plus le marginal de l'écriture musicale qu'il a été a ses débuts et dont, paradoxalement, la réputation atroce dans le milieu, loin de constituer un boulet, lui a ouvert les portes de la culture populaire. Cet esprit sautillant, désormais appelé aussi bien par Barry Sonnenfeld que Peter Jackson, Gus Van Sant ou Rob Marshall, se voit proposer en 2005 la direction artistique de Serenada Schizophrana, une série de compositions de facture classique interprétée par l'American Composers Orchestra sous la direction de John Mauceri et Steven Sloane. Une reconnaissance qui vaut tous les Oscars du monde pour ce fou de musique, qui, à force de talent, et surtout d'instinct musical, est parvenu à se hisser au niveau de ses confrères légendaires que sont John Williams et Ennio Morricone.

A la fin de la décennie, Danny Elfman renouvelle son amitié et son attachement à l'oeuvre de Tim Burton en composant la musique de l'adaptation (très personnelle) du Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Sa partition d'Alice in Wonderland est publiée simultanément au film début 2010. La même année sort le film The Wolfman dont il signe également la partition. Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


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