Dans Ma Bulle, la troisième oeuvre de Diam's, est le disque de la consécration. Dans ce
best-seller de l’année devançant les têtes couronnées de la chanson française, la rappeuse y déploie son habituel franc-parler, restant fidèle à son image de combattante.
A l’instar du titre autobiographique
« Petite banlieusarde », l’album reprend les thèmes déjà abordés par l'artiste, face à des détracteurs doutant de sa sincérité suite au succès fulgurant de
Brut de Femme : « Au-delà de la musique j'ai surtout rencontré l'amour du public et reste la petite banlieusarde ». Cassant les idées reçues avec classe, Diam’s n’a pas peur de revendiquer sa place dans le milieu du rap, refusant les clichés du r’n’b avec ses rimes assassines et efficaces qui tiennent tête aux plus durs.
La rappeuse est particulièrement douée dans l’utilisation du champ lexical de son époque. En saisissant les expressions à la mode, elle reste proche de sa génération et des plus jeunes. Sur un autre plan, celui du militantisme, elle se bat pour un sujet qui lui tient à cœur : le droit des femmes, dans
« Par amour ». Sans relâche, Diam’s continue à blâmer la violence au quotidien. Dans
« Ma France à moi » et
« Marine », lettre ouverte à l’élue du Front National, Diam’s fait connaître sa ligne de conduite et incite sa génération à participer au vote.
Pour ne pas frôler la surdose d’engagement, Diam’s s’accorde une pause avec
« Jeune demoiselle », titre en forme de petite annonce pour trouver
« le mec mortel » qui la fera
« kiffer », et livre une adresse email. Résultat : des dizaines de milliers de réponses électroniques lui parviennent.
Mais le titre emblématique et le grand succès reste
« La boulette », critique au vitriol adressée à la
« génération nan nan ». Ce n’est pas seulement la jeunesse qui adopte le slogan, mais bien un large public conquis par ses vers et sa verve.
Michaël Monnier - Copyright 2012 Music Story
L'enfant de la banlieue, née à Chypre et tombée très jeune dans la marmite du rap (MC Hammer, Public Enemy, Dr Dre et NTM comptent parmi ses principales influences), donne suite à son Brut de femme paru en 2003, dont les titres 1980, Ma souffrance ou Évasion sont encore dans sur bien des lèvres. Diam's a confié la réalisation de cette quinzaine de nouveaux titres percutants à Tefa et Masta. Mieux dans sa prose et son flow, deux de ses atouts enrichis par les expériences de la vie, elle s'affirme dans ce troisième album comme une artiste sincère qui ne mâche pas ses mots (Ma France à moi, Car tu portes mon nom, Par amour) et refuse la facilité. À des années-lumière des donneuses de leçon factices du R&B, elle se livre sans fausse pudeur et n'hésite pas à montrer son vrai visage dans le portrait de quarante minutes signé Fred Musa accessible en complément de programme.