Faire un voyage en compagnie d'Alberto Manguel est assurément plus dépaysant que d'effectuer un vol long courrier vers une destination lointaine. Car la plus lointaine destination est sans doute celle qui se niche au c½ur de l'âme du lecteur qu'il est. Et l'auteur nous en fait profiter dans cette série d'essais placée sous les auspices de Lewis Caroll. Nous y croisons des livres, des écrivains (Chesterton, Cortazar, Borges bien sûr, Vargas Llosa), mais aussi des réflexions sur l'érotisme, la littérature gay, les divergences entre l'oeuvre et la vie réelle d'un écrivain, Che Guevara. Nous y effectuons également des promenades au musée, avec ses classifications artificielles,...
Nous les textes n'ont pas la même vigueur et je n'ai pas accroché à certains (les espions de Dieu, les irrésolutions de Cynthia Ozick). Cependant, une chose est certaine : c'est qu'Alberto Manguel, en dialoguant avec les livres, dialogue aussi silencieusement avec les hommes. Assurément, voici un "honnête homme" de la Renaissance égaré en ce siècle, avec lequel il est agréable de marcher en silence dans la forêt des livres.