Ce texte épuré puise ses racines dans les affres de la 1ère G.M., où les hommes, ennemis par obligation, attendaient la mort dans les tranchées, la trouvaient sur des champs de bataille, véritable boucherie dans laquelle ceux-ci courraient les uns vers les autres, baïonnette aux canon.
Depuis quelques années, G. De Fonclare, souffrant d'une maladie auto-immune orpheline, ne connait plus de moments de tranquillité, ses mouvements devenant chaque jour plus douloureux. A un siècle d'écart, il se sent si proche de ceux qui ont laissé leurs peaux sous terre, cette terre qui est son horizon, la Somme, cette terre qu'il foule avec grande difficulté, cette terre qui gardent ses cadavres.
Toute cette violence qui jonche l' "Historial de la Grande Guerre" dont il est le Directeur, il la côtoie et la ressent au quotidien.
La douleur ici, dans sa nudité la plus sobre, la plus assainie, nous livre un livre écorché, à la fois dans son aveu et dans sa retenue, toujours lancinante entre espérance et désespoir.
Alors, nécessité que ce récit ? Remède ? Repentir ? Courage ? Modestie à coup sûr sans aucun apitoiement, jamais. En effet, comment geindre lorsqu'on œuvre au centre de la mémoire de ces poilus mutilés, estropiés, amputés, ou enterrés dans le souffre des combats ?
Un livre admirable par sa sobriété, sa subtilité, ses failles et ses forces, quelques cent pages d'où se dégagent toute l'humilité et la force de ce bonhomme de 42 ans, une poignée de pages qui brûlent, une leçon de dignité, d'humanité.