Enaiat est né en Afghanistan hazara -une ethnie méprisée et considérée comme une race d'esclaves par les Patchounes et les talibans-, alors qu'il a environ 10 ans sa mère pour le protéger -d'une vengeance due a la mort brutale du père- fuit avec lui leur vallée pour passer au Pakistan et l'abandonne le jour après lui avoir donner 3 conseils moraux essentiels, le matin il se retrouve seul face à son destin et il va devoir se débrouiller pour survivre sans jamais perdre sa joie de vivre et va avancer sur la carte du monde -du Pakistan en Iran, en Turquie, en Grèce puis finalement en Italie- à son rythme d'immigré -plus de 4 ans avant de s'installer en Italie- et il va nous raconter ses pérégrinations involontairement picaresques avec les passages d'un pays à l'autre, ses différents travaux, son exploitation, sa crainte de la police et de la prison, exposant la méchanceté humaine se cachant derrière des lois -exceptons deux rencontres salvatrices une en Grèce et l'autre en Italie- regardant toujours en avant sans jamais se retourner, intelligent, malin et par moments chanceux (eh Oui!)... c'est un témoignage d'une expérience vécue à la toute fin du XXe et au début du XXIe siècle que Fabio Geda rapporte d'après les mots de ce garçon Enaiatolah Akbari car ils ont travaillé ensemble mais on sent bien la fraîcheur désarmante de la voix d'Enaia qui dit simplement son parcours de vie -qui pour nous nantis d'Occident nous semble de la survie- sans aucun misérabilisme ni appel à la pitié. Poignant. Je le conseille.