C'est un peu le lecteur qui erre dans cette "nuit brune" dans laquelle A. Desarthe l'a plongé et dont elle tarde un peu trop à le sortir, par la multiplication des genres et des thèmes qu'elle aborde.
Ce roman est avant tout un roman psychologique qui se construit à partir des états d'âme de Jérome, personnage lunaire, homme en souffrance toujours à côté de sa vie, incapable d'agir, de penser, de parler comme il le souhaiterait. Pendant toute la première partie du roman nous sommes plongés dans les affres de ce personnage qui assiste impuissant au desespoir de sa fille qui vient de perdre son amoureux et qui souffre de ne pas arriver à la soulager de ce deuil terrible.
C'est aussi un roman sur la quête des origines car Jérôme est un enfant trouvé et cette clé qui nous est donnée dès le départ nous permet de mieux cerner ses angoisses.
Et brusquement, dans la deuxième partie du roman, tout va se précipiter; nous sommes d'abord plongés dans une enquête policière avec l'entrée en scène d'un détective, personnage solitaire à la fois chaleureux et inquiétant, qui nous entraîne sur la piste de la disparition d'une ado et d'un meurtre déguisé en accident. Puis dans un second temps, vient s'ajouter une histoire d'amour menée tambour battant par une écossaise fantasque et plutôt virile qui va mettre un peu d'animation dans un récit qui commençait à tourner en rond.
Malgré une écriture rythmée, agréable et souvent poétique, je dois avouer que je suis restée sur ma faim et que j'ai parfois galéré comme Jérome pour atteindre un dénouement qui m'a laissée indifférente.