J'ai découvert Paul Auster il y a bien 15 ans de cela. La Trilogie New Yorkaise, que je serais bien incapable de résumer aujourd'hui, m'avait fait forte impression. J'étais tombée sous le charme. Peu après je lisai L'invention de la solitude, dont le propos et la forme m'avait laissée morte d'ennui. Depuis, bien qu'y pensant régulièrement, je n'avais jamais osé lire autre chose de cet auteur. Et là, ô joie ! je suis à deux doigts de relire La trilogie, et pour moi qui ne relis quasiment jamais, c'est dire à quel point Dans le scriptorium m'a emballée.
Le personnage principal, un vieil homme nommé Mr Blank par le narrateur, se réveille dans une chambre, sans mémoire. Il ne sait pas ce qu'il fait là, comment il s'y est retrouvé, et ignore jusqu'à sa propre identité. Mr Blank est filmé en permanence, il reçoit des visites troublantes, d'individus qu'il est supposé connaitre, mais dont il ne conserve que quelques bribes de souvenir. On apprend peu à peu que Mr Blank est enfermé, que ses "chargés de mission" lui en veulent. Il en rencontre certains, moins rancuniers, plus reconnaissants. Le récit est une mise en abime vertigineuse, et tourne autour du rapport de l'auteur à ses créations, de la survivance de ses dernières bien après la mort, de leur vie propre. Il est difficile de résumer le livre sans trop en dire (je déteste ça !).
Je vais donc m'arrêter là, en espérant retrouver La trilogie New Yorkaise dans les cartons, et en attendant de recevoir Le voyage d'Anna Blume.