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– Qui est-ce ?…
– Je ne sais pas ! C’est la première fois qu’il vient, dit Adèle en exhalant la fumée de sa cigarette.
Et elle décroisa paresseusement les jambes, tapota ses cheveux sur les tempes, plongea le regard dans un des miroirs tapissant la salle pour s’assurer que son maquillage n’était pas défait.
Elle était assise sur une banquette de velours grenat, en face d’une table supportant trois verres de porto. Elle avait un jeune homme à sa gauche, un jeune homme à droite.
– Vous permettez, mes petits ?…
Elle leur adressa un sourire gentil, confidentiel, se leva et, balançant les hanches, traversa la salle pour s’approcher de la table du nouvel arrivant.
Les quatre musiciens du jour, sur un signe du patron, ajoutaient leur voix à celle des instruments. Un seul couple dansait : une femme attachée à la maison et le danseur professionnel.
Georges Simenon, écrivain belge de langue française, est né à Liège en 1903. Il est l’un des auteurs les plus traduits au monde. À seize ans, il devient journaliste à La Gazette de Liège. Son premier roman, publié sous le pseudonyme de Georges Sim, paraît en 1921 : Au pont des Arches, petite histoire liégeoise. En 1922, il s’installe à Paris et écrit des contes et des romans populaires. Près de deux cents romans, un bon millier de contes et de très nombreux articles sont parus entre 1923 et 1933... En 1929, Simenon rédige son premier Maigret : Pietr le Letton. Lancé par les éditions Fayard en 1931, le personnage du commissaire Maigret rencontre un immense succès. Simenon écrira en tout soixante-quinze romans mettant en scène les aventures de Maigret (ainsi que vingt-huit nouvelles). Dès 1931, Simenon commence à écrire ce qu’il appellera ses « romans durs » : plus de cent dix titres, du Relais d’Alsace (1931) aux Innocents (1972). Parallèlement à cette activité littéraire foisonnante, il voyage beaucoup. À partir de 1972, il cesse d’écrire des romans. Il se consacre alors à ses vingt-deux Dictées, puis rédige ses Mémoires intimes (1981). Simenon s’est éteint à Lausanne en 1989. Il fut le premier romancier contemporain dont l’œuvre fut portée au cinéma dès le début du parlant avec La Nuit du carrefour et Le Chien jaune, parus en 1931 et adaptés l’année suivante. Beaucoup de ses romans ont été portés au grand écran et à la télévision. Les différentes adaptations de Maigret ou, plus récemment, celles de romans durs (La Mort de Belle, avec Bruno Solo) ont conquis des millions de téléspectateurs.
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Commentaires client les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
"Je pousse la prudence, moi, jusqu'à rester inconnu de la police locale. Il ne faut pas une seule indiscrétion.",
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Danseuse du Gai-Moulin (Broché)
on est à Liège, on suit deux jeunes hommes (17ans et 19ans) -un fils de riche oisif et meneur, un fils de petit-bourgeois pauvre et suiveur- prêt à dévaliser la caisse d'un cabaret le "Gai-Moulin" où ils ont leurs habitudes Mais quand ils veulent agir après la fermeture ils découvrent à la lumière d'une allumette un cadavre, un Turc qu'ils avaient vu entant que client de la gargote... le lendemain ce cadavre se retrouve dans une malle en osier sur une pelouse du jardin d'acclimatation... le commissaire locale enquête ; Maigret apparaîtra tardivement dans l'histoire, bien entendu il résoudra l'énigme bien plus complexe qu'elle n'y paraît au premier abord. Ce que j'aime dans cette série écrite par le grand Simenon c'est la surprise, une enquête ne ressemble que fort rarement à une autre, et il y a la patte de l'écrivain qui esquisse en peu de mots des personnages, des ambiances "L'atmosphère était lourde, pleine d'odeurs familières, avec des reflets sur les casseroles de cuivre, les taches vives d'un calendrier réclame fixé au mur depuis trois ans et servant de porte-journaux." "Delfosse avait plus que jamais la tête en lame de couteau, et, tandis qu'il passait sous un bec de gaz, son compagnon constata qu'il était livide. Il fumait à petites bouffées fiévreuses." "Dans l'obscurité, c'est vaste comme une cathédrale. On sent un vide immense. Des bouffées de chaleur suintent encore des radiateurs." "C'est la promenade traditionnelle des Liégeois. Dans la grande artère, la foule: des familles, des jeunes filles se tenant par le bras, des bandes de jeunes gens dévisageant les passantes et quelques élégants marchant à pas lents, aussi raides que s'ils étaient vêtus d'or." Publié en 1931 c'est historique sans avoir pris une ride.
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