Sepultura a eu beaucoup de mal a se remettre du départ de son leader : Max Cavalera, c’est un fait. Après trois albums oscillant entre le correct et le catastrophique (Against), le groupe semble sur les bons rails puisque Dante XXI s’avère le meilleur depuis Roots.
Dante XXI est un concept album dans la mesure où les titres illustrent des passages de la Divine Comédie de Dante. Outre les paroles, plusieurs interludes atmosphériques samplant des voix, chants religieux, bruits de jungle, etc. émaillent les chansons. On trouve aussi des titres dans la lignée de Valtio (album Nation) utilisant principalement les instruments à corde et les percussions. La succession des différents titres n’est pas particulièrement fluide et prouve que les chansons ont été écrites indépendamment plutôt que dans la perspective de présenter un seul « bloc musical » de 40 minutes.
Les titres les plus classiques sont intéressants : Dark Wood of Error est un morceau hardcore dans le style de Roorback et donne l’impression que l’intro dure les trois quarts de la chanson, ce qui est surprenant mais convainquant au final. Convicted in Life démarre après une succession de roulements de batterie et est dans le même ton que Dark Wood : tempo rapide ponctué de break et d’un refrain un peu plus lent. City of Dis est un morceau metal où Igor ajoute tout le groove possible. False est l’un des sommets du disque : un riff qu’on croirait sorti d’Arise où Greene ajoute son chant typiquement hardcore. Fighting On est peu en-dessous du lot mais les parties de batterie sont impressionnantes. Ostia utilise très bien les arrangements orchestraux qui lui donnent un ton menaçant. Enfin Nuclear Seven est très réussie : bon riff de Kisser sur lequel Greene pose très bien son chant. Au final sans rien réinventer, Sepultura pond ici un bon album qui réjouira la plupart de ses fans.