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Daredevil: Born Again [Anglais] [Broché]

Frank Miller , David Muzzucchelli
5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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Détails sur le produit

  • Broché: 248 pages
  • Editeur : Marvel Comics (20 janvier 2010)
  • Langue : Anglais
  • ISBN-10: 0785134816
  • ISBN-13: 978-0785134817
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Broché
Born Again est tout simplement la meilleure histoire de Daredevil jamais publiée à ce jour.
Parue en 1986, elle bénéficiait de la plume de Frank Miller et des crayons de David Mazzucchelli, tous deux au mieux de leur forme à cette époque.
Au programme pour Matt Murdock alias Daredevil : trahisons, déchéance, défaites avant... la renaissance, qui donne son titre à l'album.
Pendant une bonne partie de l'histoire, Matt Murdock, dont l'identité secrète a été révélée au Caïd (son pire ennemi) par Karen Page (une de ses ex), est réduit à l'état de clochard, broyé moralement, socialement puis physiquement.
Frank Miller déchire le super-héros pour révéler le héros. Celui qui continue à lutter, qui n'abandonne jamais. Parce qu'"un homme sans espoir est un homme sans peur" ?
Mazzucchelli livre là son avant dernier travail sur les super-héros (après Batman : year One, il s'orientera vers les comics indépendants). Plus de 20 après, il reste une référence : son story-telling et ses compositions sont d'une très grande maîtrise.
Pour les fans de Daredevil, Born Again est incontournable.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
Par MilOvni TOP 1000 COMMENTATEURS
Format:Relié
Rares sont les comics qui vous prennent à la gorge comme le fait Daredevil Renaissance (Born Again en vo).

Imaginez donc un instant que vous êtes un super-héros ... Formidable, dites-vous ! Mais que se passerait-il si votre pire ennemi, un abject individu ayant le bras long, apprenait votre identité réelle ?

Une simple question qui trouvera multiples réponses à la lecture de ce comic book doté d'une narration taillée sur le fil du rasoir.

Recommandé par les cieux !
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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Présence TOP 50 COMMENTATEURS
Format:Broché
Ce tome regroupe les épisodes 226 à 233 parus en 1986. L'épisode 226 constitue une forme de tour de chauffe (il a d'ailleurs été relégué en fin de volume), les épisodes 227 à 233 forment l'histoire intitulée "Born again".

Dans l'épisode 226, Melvin Potter (Gladiator) reprend sa vie de criminel en cambriolant des bijouteries. Matt Murdock a du mal à croire qu'il ait ainsi retourné sa veste et il se décide à enquêter même s'il souffre d'un fort sentiment de déprime. Cette histoire est écrite par Denny O'Neil et Frank Miller, et dessinée par David Mazzucchelli et Dennis Janke. Elle ressemble à un galop d'essai avant "Born Again". C'est un peu court, un peu manichéen et parfois un gauche dans les illustrations. Par contre, ça permet aux lecteurs de se faire une idée de l'état émotionnel de Matt Murdock.

Épisodes 227 à 233 (scénario de Frank Miller, illustrations de David Mazzucchelli) - Quelque part dans un bled paumé au Mexique, Karen Page dévoile l'identité secrète de Daredevil à un dealer pour obtenir un fix. À New York, c'est l'hiver, Matt Murdock est sans emploi, et le courrier du matin apporte son lot de mauvaises nouvelles et de tracas : la banque qui refuse d'honorer des chèques, les impôts qui inspectent sa comptabilité et bloquent ses comptes, une cassette audio de sa copine et pas d'offres d'emploi... et le facteur qui apporte un ordre de comparution devant le tribunal pour une accusation de corruption contre Matt Murdock. Glorianna O'Breen (la copine du moment de Matt) est victime d'un saccage dans son appartement et va trouver refuge et réconfort auprès de Foggy Nelson. Ben Urich est victime d'intimidations. Et pas un malfrat ne sait quoi que ce soit, même sous les coups assénés par Daredevil.

Frank Miller a transformé Daredevil de 1980 à 1983 : d'un personnage au bord de perdre sa série mensuelle, Daredevil est devenu le symbole du renouveau des comics de superhéros. Ces épisodes ont été regroupés dans Daredevil 1, Daredevil 2 et Daredevil 3. En 1986 il revient donc le temps de ces 7 épisodes, en tant que scénariste. Le fond de commerce reste le même : mélanger au genre superhéros, des ingrédients du polar urbain. Le Kingpin a récupéré l'identité secrète de Daredevil et il utilise tous les moyens à sa disposition pour dépouiller Matt Murdock de tout ce qu'il possède, au propre (emploi, logement, possessions matérielles, argent), comme au figuré (amis, espoirs, projets d'avenir). La descente aux enfers est celle d'un homme qui perd tout jusqu'au sens de sa lutte contre le crime dans un costume coloré. En ce sens Miller franchit un nouveau pas vers la maturité, vers la sophistication des histoires qui peuvent être racontées avec un superhéros. La violence est toujours présente, les superpouvoirs de Matt Murdock également, mais il s'agit bien d'un criminel omnipotent qui écrase un ancien adversaire grâce à une information. Les codes du roman noir (chantage, cous et blessures, intimidation, pègre, etc.) sont intégrés au récit de manière naturelle et organique. Le personnage de Murdock génère de l'empathie chez le lecteur tout en restant un individu peu probable dans la réalité, ne serait-ce que du fait de sa capacité à voir malgré sa cécité.

Mais pourtant dans le deux premiers tiers, Frank Miller n'arrive pas complètement à s'affranchir de certains clichés, ou de certaines facilités narratives. Foggy Nelson reste un personnage se limitant à 2 ou 3 caractéristiques psychologiques superficielles. Glorianna O'Breen reporte son affection de Matt sur Foggy d'une manière soudaine, entière et peu crédible. Et j'ai vraiment beaucoup de mal avec l'arrivée providentielle de la bonne soeur, ainsi qu'avec son identité secrète, même si Miller joue le jeu de "non, je ne l'ai pas dit". À la fois je ne peux pas croire un seul instant que de vrais individus auraient joué ce jeu de cache-cache consenti, à la fois cette apparition providentielle s'apparente plus à une grosse ficelle de comédie dramatique dans le genre coup de théâtre impossible à avaler (comment aurait-elle pu rester travailler dans le quartier fréquenté par Matt sans que jamais il ne la croise ?), qu'à un développement sensé de l'histoire. Miller succombe au sensationnel qui dessert l'histoire, plus qu'il ne l'enrichit.

Mais à coté de ces rémanences infantiles, Frank Miller construit des séquences et des situations d'une maturité impensables dans ce médium à cette époque. Il y a tout d'abord le chantage effroyable dont est victime Ben Urich : machination implacable pour broyer l'individu et museler la vérité. Miller ressert l'étau de manière magistrale. Et puis il y a Karen Page. Impossible de la cantonner au rôle de traître tragique, elle existe en tant que junkie comme jamais auparavant dans un comics. Miller dépeint une femme consciente de sa déchéance, souffrant du manque, esclave de sa dépendance, amaigrie physiquement, payant de sa personne, abjecte à ses propres yeux. D'un coté, Karen Page existe tellement qu'elle fait ressortir les facilités du scénario comme autant de maladresses impardonnables, de l'autre elle a une telle véracité qu'elle éclipse tout le reste et qu'elle porte le récit, qu'elle le transforme en roman intelligent et sensible sur l'addiction et le manque.

Karen Page existe d'autant plus que David Mazzucchelli s'occupe fort bien d'elle. Il soigne son apparence physique pour que le lecteur ne puisse pas ignorer les ravages de la drogue et de son métier sur son physique. Il n'y a ni complaisance, ni voyeurisme, juste une femme abimée. Dans le premier épisode, Mazzucchelli semble complètement sous la coupe de Miller, jusqu'à copier sa célèbre mise en page : une case verticale de la hauteur de la page, et des cases superposées à coté. Puis petit à petit, il gagne en confiance pour une mise en page très traditionnelle de cases rectangulaires sagement juxtaposées. Il gagne également en efficacité et en précision dans ses traits, plus marqués, plus signifiants. Les illustrations deviennent de plus en plus organiques, simples, évidentes, proches de ces êtres humains. La case la plus anodine se révèle à chaque fois la plus efficace. Comment oublier cette scène de baiser de cinéma devant la gare (épisode 230) ? Karen Page met en oeuvre tout son savoir-faire pour un geste écoeurant, veule, résigné, atroce. La symbiose entre le dessin et le texte transforme cette vision banale en une vision d'horreur absolue.

Et puis arrivée à l'épisode 232, la narration (scénario et dessins) bascule soudainement dans le registre superhéros pur et dur. Je me souviens qu'à la première lecture j'avais été particulièrement décontenancé et déçu par cette rupture de ton. À la relecture, j'ai pleinement apprécié le fait que Murdock reconquiert également sa place parmi les superhéros, par l'efficacité de Miller dans ce registre, et par les particularités évidentes de ladite place de Daredevil par rapport aux autres superhéros. Miller s'en donne également à coeur joie avec Captain America qu'il transforme en une vision patriotique crédible et respectable (un exploit). Miller et Mazzucchelli arrivent même à rendre Nuke crédible et tragique.

La présente édition se termine avec la reproduction des couvertures sans logo, ni texte, 24 pages de crayonnés de Mazzucchelli, et le script de Miller pour l'épisode 233.

"Born again" sort de l'ordinaire des superhéros, transfigure Daredevil et Matt Murdock et atteint une narration romanesque sophistiqué, malgré quelques facilités. À la relecture, j'ai été surpris et transporté par l'humanité inattendue de Karen Page et Nuke.
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