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La fin d'une grande époque, avant celle de Brubaker/Lark, 30 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Daredevil 2: The Man Without Fear! (Relié)
Daredevil, Matthew Murdock pour le civil, est un personnage particulier dans le monde des super-héros. Pour commencer, il n'a pas grand'chose comme pouvoirs. Certes, il dispose de sens hyper-développés (audition, odorat, toucher...) et d'une sorte de radar, tous acquis suite à un accident survenu lorsqu'il était jeune. Mais c'est le même accident qui l'a privé de la vue. Enfant unique élevé pour l'essentiel par son seul père à Hell's Kitchen, un quartier déshérité de New York, son origine sociale n'est pas des plus hautes. Boxer professionnel sans grand succès, son père a été tué par "the mob" pour avoir refusé un match truqué. L'adolescent devenu orphelin s'est juré de combattre le mal, par des études de droit qui l'ont conduit à devenir avocat, mais aussi et surtout par un entraînement physique et aux techniques de combat du type de celui suivi par Batman. Avocat de jour avec son meilleur ami Foggy Nelson, Daredevil parcourt Hell's Kitchen de nuit, seul, pour maintenir l'ordre dans un quartier miné par diverses mafias et défendu par une police véreuse. Plutôt bel homme, Murdock a une vie sentimentale tourmentée, particulièrment depuis la mort de l'amour de sa vie, Karen Page, l'assistante de son cabinet d'avocats. Pour l'essentiel circonscrits à Hell's Kitchen quand ses collègues parcourent la Terre, la galaxie, l'univers ou bien les dimensions parallèles et autres zones négatives, les exploits de Daredevil n'en restent pas moins parmi les plus attachants dans le registre super-héroïque. Les plus "humains" avec ceux de Spider-man. Bien que moins flamboyant que d'autres super-héros, Daredevil est le seul héros Marvel ou DC, à ma connaissance, à bénéficier d'une compilation en édition omnibus de la quasi totalité de ses aventures des 10 ou 12 dernières années. Les "runs" initiaux de Stan Lee (avec Wally Wood et Gene Colan au dessin, notamment), celui de Frank Miller avec divers collègues au dessin ou scénario, celui de Ann Nocenti avec John Romita Jr., celui plus récent de Brubaker et Lark sont aisément disponibles. Le personnage a en effet connu plusieurs grandes époques. Celle qui se conclut avec ce 2nd volume de l'ère Bendis/Maleev en fait partie. Notre héros tourmenté tente de résister à la pression médiatique qui l'a démasqué, se sépare de son épouse (voir le mariage dans le 1er volume), retrouve d'anciens flirts (la Veuve Noire, Elektra...), se confronte successivement à 2 terribles mafieux, met sur les rails une nouvelle super-héroïne, refuse d'intégrer les Vengeurs, affronte une fois de plus Bullseye et le Gladiateur... et finit en prison malgré tous les soutiens qui sont les siens (Spider-Man, Luke Cage, Iron Fist et la plupart des héros Marvel, Captain America et Reed Richards en tête). Sur des scénarios très solides, les dialogues de Bendis, parfois bavards, privilégient l'interaction entre personnages. Les dessins d'Alex Maleev, vieux compagnon de route de Bendis, sont excellents, très réalistes bien que stylisés. Comme Alex Ross, Maleev aime à travailler d'après photographies mais avec un résultat totalement différent. Le tout apparaît comme un gros roman noir de très bon cru, mais projeté dans le monde des super-héros. En bonus à ces aventures publiées en France en recueils de 6 épisodes mensuels par Panini, un "what if?" développant une vie de Daredevil dans laquelle Karen Page ne serait pas morte et un tryptique dans le monde "ultimate" mettant en présence Daredevil, le Punisher et Spider-Man.
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