Un labyrinthe. Perdu au coeur d'un labyrinthe. Perdu au coeur d'un autre millier de labyrinthes.
Des ténèbres. Fondues à mille ténèbres. Fondues à mille autres rideaux de ténèbres.
Dark City se décline tout entier en nuances de noir, de sombre, de tortueux, d'indistinct et d'obscur. Film de genre multiréférencé, passionnant, inventif, élégant, original, Dickien (option "Philip.K.", excusez du peu), il sait se faire hommage autant qu'il sait se faire unique, policier autant qu'il sait se faire fantastique, parabole autant qu'il sait se faire divertissement. Sur le fil du rasoir, il explore les méandres de l'esprit humain comme un dédale de nuit peuplé d'ombres menaçantes, mises en scène et filmées avec un souci de recherche formelle confinant à la perfection (ceci, sans jamais tomber dans l'excès ou dans le mauvais goût). Ambiance, malaise, matière, souffle, réflexion, beauté fatale : tout y est, tout y brille (un paradoxe), magistralement mis en valeur par un casting de conte de fée.
Seuls les effets spéciaux accusent parfois un peu leur âge, c'est vrai, mais ceci mis à part, Dark City a (de sa toute première à sa toute dernière seconde) tout ce qui fait l'étoffe d'un grand classique : esthétisme, poésie, profondeur, intemporalité.
Une Oeuvre, donc.
A voir absolument.