Sous un ton journalistique, Emmanuel Carrère raconte deux drames proches de sa vie: la mort d'une petite fille et la fin de vie de sa belle-soeur. La première partie est plus difficile à digérer: peut-être parce que le deuil d'une enfant est insurmontable, peut-être que la vie sentimentale d'alors de l'auteur était trop truffée de doutes, peut-être aussi que le parallèle avec la nouvelle vie de ce même auteur rend ce drame trop insupportable pour lui. Bref, le " moi, je " face au décès de la petite fille n'est pas tolérable. En deuxième partie, l'auteur est plus en retrait et enquête sur la vie de son ancienne belle-soeur : le "moi, je" fait place à "elle fut" et là, vraiment on est bluffé(e) par son écriture, ses entrevues avec les hommes qui ont compté. On pleure sur cette femme et maman qui n'est plus. Les mots d'Emmanuel Carrère sonnent justes et la dernière scène est tout simplement magnifique. Voilà, juste pour cette scène-là et pour les autres, il faut lire ce livre.