Depuis le troublant Central Reservation sorti en 1999, l'ensorceleuse chanteuse anglaise au timbre aussi fragile qu’envoûtant n'avait plus donné signe de vie en solo. Seules une présence furtive sur les 3 derniers albums des Chemical Brothers et sur plusieurs titres des Red Snapper avaient permis au fan que je suis de supporter cette absence.
Presque trois ans de silence donc enfin comblés par Daybreaker, troisième essai élégant qui donne enfin toute la mesure de son talent d'auteur-compositeur Avec ce nouvel opus, la belle Anglaise du conté de Norfolk, que l'on rapproche volontiers de Suzanne Vega ou Fiona Apple, nous promène dans un monde intemporel, onirique et fragile. De rêveries pop en délices folk, les dix nouvelles compositions privilégient les dégradés de couleurs, les pleins et les déliés, font défiler zones d'ombre et de lumière en alternant chansons émouvantes et douces ballades.
Beth Orton livre un disque voluptueux qui convoque avec une rare acuité aussi bien des réminiscences country, folk et soul que des touches pop et électroniques contemporaines. Une sorte de mariage d'«irraison» savamment orchestré entre dépouillement et tensions rythmiques.
En un mot, un disque indispensable qui accompagnera à merveille vos rêveries solitaires et vous propulsera dans un monde délicat et fragile, à l’image du physique de la chanteuse.