Un Essentiel amazon.fr
Des poubelles new-yorkaises, réputées pour leurs odeurs sonores diverses et variées (Ramones, Television, John Zorn, New York Dolls, Velvet Underground), ont surgi ces quatre étudiants en art. Le titre du film était clair : Sonic Youth. On est jeune, on fait du bruit ; voire du son. Et de couches de ces sons violés en accords de guitare partouzés, Sonic Youth vomit ici un double album, sorti après sept ans d'expérimentations plus ou moins convaincantes. Surtout que Sonic Youth lorgne ici vers des thèmes de cinq voire sept minutes. Une durée où l'on respire New York, ses ondes, ses radiations, son mépris, tout le reste...
Daydream Nation marque en fait un tournant dans l'oeuvre du quatuor "art core". Ouvertement plus accessible que les précédents attentats sonores à la Jackson Pollock, c'est la première vraie grande toile de Sonic Youth. Une sculpture de distorsion, de larsen, de désaccords ; un son pétri à pleines mains par Thurston Moore et Lee Ranaldo. Approche basée sur la variation, construction pyramidale ("'Cross The Breeze") et répétitive (le final de "Total Crash"),
Daydream Nation fait dans l'électricité sérielle. Le
A la recherche du son perdu des années quatre-vingt.
--Marc Zisman
Critique
Daydream Nation satisfait exactement à la définition d’un chef-d’œuvre. Œuvre vaste, difficile d’accès et déterminante pour son époque, le sixième album des Sonic Youth est considéré comme leur meilleur. Et même comme une balise dans leur carrière, puisque le disque est le dernier à être signé sur un label indépendant. Sonic Youth sortira de Daydream Nation avec le respect de tous et une signature sur la major Geffen.
On entre dans Daydream Nation par une porte dérobée. Avec, en ouverture, l’hymne «Teenage Riot», Sonic Youth prend le contre-pied de son style habituel. Bien sûr, les attaques soniques sont toujours là mais pour la première fois, les New-Yorkais y introduisent une lumineuse mélodie capable d’envoyer le titre en orbite sur les college radios. Non seulement, le résultat est génial mais en plus, il peut se voir comme un manifeste de la scène indie émergente, «Teenage Riot» imaginant la campagne de J. Mascis (alias Dinosaur Jr.) à la présidence des Etats-Unis.
Du punky «Silver Rocket» à l’atmosphérique «The Sprawl» en passant par la déflagration «Eric’s Trip», Sonic Youth enchaîne les réussites, amenées à devenir des classiques du groupe. L’art du larsen y est poussé à son paroxysme et sert des ambiances anxiogènes. Sonic Youth joue aussi brillamment la carte des accords dissonants («‘Cross The Breeze» ). Si peu ont fini l’album (le «Trilogy» final dure 14 minutes), Daydream Nation reste dans les mémoires comme le point d’orgue de la scène indépendante américaine des années 80.
Vincent Glad - Copyright 2012 Music Story