Disons-le de suite, l'auteur déchaine les passions. Il a des chauds partisans et des féroces opposants. Et pourquoi donc ? Parce que l'auteur est l'un des rares 'presque le seul ' à faire le lien entre deux disciplines qui, au mieux, s'ignorent royalement, et quand elles se rencontrent, se détestent farouchement. Je veux parler des égyptologues et des archéologues bibliques. J. Davidovits découvre par hasard dans une bibliothèque un rapport de fouille datant de 1935. Il constate que le texte de cette fresque est copié mot pour mot dans la Bible. Les égyptologues qui l'ont découverte 70 ans plus tôt n'avaient pas fait le rapprochement. Aujourd'hui, le plus vieux fragment "officiel" date de -800 av. J.-C., et l'auteur fait donc remonter une partie de la Genèse à -1300.
Formidable, me direz-vous ? Et bien pas du tout. Cela n'arrange ni les égyptologues, ni les sémitisants. Les premiers ne veulent pas voir les seconds s'occuper de leurs "affaires" et ces derniers refusent l'origine égyptienne de la Bible alors que la Bible ne parle que de ça. Les représentants des deux disciplines se tournent le dos, car il faut dire qu'en fonds, il y a l'aspect religieux que les protagonistes n'arrivent pas mettre de côté, et ce malaise crée l'immobilisme que nous connaissons.
Mais attention, Davidovits ne défend pas la thèse qui prétendrait qu'Akhénaton est l'inventeur du monothéisme et qui aurait été une source d'inspiration des hébreux. C'est tout l'inverse puisqu'il qualifie cet épisode d'hérésie et d'accident historique. Il donne un nom, un visage et surtout une "date" au patriarche Joseph qui serait le grand scribe Aménophis fils de Hapou. À partir de ce qu'il faut bien qualifier de "fait historique", l'auteur tire sur le fil pour dévoiler qui sont les hébreux et pourquoi leur esclavage, qui sont les arabes ' leurs frères ', mais surtout, qu'une grande partie d'entre eux ne sont pas des sémites, mais des égyptiens. Et c'est cela conduit à l'exode qui est la conséquence de la "première grève de l'histoire". Les anciens égyptiens ont laissé beaucoup de traces écrites de cette période troublée, et l'on arrive maintenant à les comprendre en les plaçant dans le bon contexte puisqu'on dispose du bon fil directeur. Je vous laisse toutes les autres "surprises" que vous ferez en lisant ce livre passionnant, très documenté et illustré. C'est comme cela que la science devrait avancer.