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De la critique: Précis de sociologie de l'émancipation [Broché]

Luc Boltanski
3.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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Description de l'ouvrage

24 septembre 2009 NRF Essais
La sociologie doit-elle être mise au service d'une critique de la société ? La critique détourne-t-elle la sociologie de son projet scientifique ? Luc Boltanski propose ici un cadre permettant d'articuler ces deux approches, apparemment antagoniques. Ce travail d'unification a pour ambition de contribuer au renouvellement actuel des pratiques de l'émancipation.

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Présentation de l'éditeur

Le rapport que la sociologie entretient avec la critique sociale n'a cessé de hanter cette discipline depuis les origines. La sociologie doit-elle être mise au service d'une critique de la société, ce qui suppose de rendre compatibles description et critique? La critique détourne-t-elle la sociologie de son projet scientifique ou en est-elle la finalité sans laquelle la sociologie ne serait qu'une activité vaine, détachée des préoccupations que nourrissent les personnes en société ? Cette question a déterminé les couples d'oppositions fondateurs - entre faits et valeurs, idéologie et science, déterminisme et autonomie, structure et action, approches macro et micro sociales, explication et interprétation, etc. Elle dicte deux des principaux programmes qui aujourd'hui configurent la discipline : la sociologie cri-tique des années 1970, particulièrement dans la forme que lui a donnée, en France, Pierre Bourdieu ; la sociologie pragmatique de la critique, développée dans les années 1980-1990. Dans la sociologie critique, la description en termes de rapports de forces met l'accent sur la puissance des mécanismes d'oppression, sur la façon dont les opprimés les subissent passivement, allant, dans leur aliénation, jusqu'à adopter les valeurs, intériorisées sous la forme d'idéologies, qui les asservissent. La sociologie pragmatique décrit les actions d'hommes révoltés mais dotés de raison, porte l'accent sur leur capacité, dans certaines conditions historiques, à se lever contre leur domination, à forger des interprétations nouvelles de la réalité au service d'une activité critique. Luc Boltanski propose ici un cadre permettant d'articuler ces deux approches, apparemment antagoniques - l'une déterministe et réservant le beau rôle à la science éclairante du sociologue, l'autre soucieuse de se tenir au plus près de ce que (lisent et font les personnes. Ce travail d'unification le conduit à réélaborer des notions centrales pour la sociologie comme celles de pratique, d'institution, de critique et, finalement, de " réalité sociale ". Il a pour ambition de contribuer au renouvellement actuel des pratiques de l'émancipation.

Quatrième de couverture

Le rapport que la sociologie entretient avec la critique sociale n'a cessé de hanter cette discipline depuis les origines. La sociologie doit-elle être mise au service d'une critique de la société, ce qui suppose de rendre compatibles description et critique ? La critique détourne-t-elle la sociologie de son projet scientifique ou en est-elle la finalité sans laquelle la sociologie ne serait qu'une activité vaine, détachée des préoccupations que nourrissent les personnes en société ? Cette question a déterminé les couples d'oppositions fondateurs - entre faits et valeurs, idéologie et science, déterminisme et autonomie, structure et action, approche macro et micro sociales, explication et interprétation, etc. Elle dicte deux des principaux programmes qui aujourd'hui configurent la discipline : la sociologie critique des années 1970, particulièrement dans la forme que lui a donnée, en France, Pierre Bourdieu ; la sociologie pragmatique de la critique, développée dans les années 1980-1990. Dans la sociologie critique, la description en termes de rapports de forces met l'accent sur la puissance des mécanismes d'oppression, sur la façon dont les opprimés les subissent passivement, allant, dans leur aliénation, jusqu'à adopter les valeurs, intériorisées sous la forme d'idéologies, qui les asservissent. La sociologie pragmatique décrit les actions d'hommes révoltés mais dotés de raison, porte l'accent sur leur capacité, dans certaines conditions historiques, à se lever contre leur domination, à forger des interprétations nouvelles de la réalité au service d'une activité critique. Luc Boltanski propose ici un cadre permettant d'articuler ces deux approches, apparemment antagoniques - l'une déterministe et réservant le beau rôle à la science éclairante du sociologue, l'autre soucieuse de se tenir au plus près de ce que disent et font les personnes. Ce travail d'unification le conduit à réélaborer des notions centrales pour la sociologie comme celles de pratique, d'institution, de critique et, finalement, de «réalité sociale». Il a pour ambition de contribuer au renouvellement actuel des pratiques de l'émancipation.

Détails sur le produit

  • Broché: 312 pages
  • Editeur : Gallimard (24 septembre 2009)
  • Collection : NRF Essais
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070126560
  • ISBN-13: 978-2070126569
  • Dimensions du produit: 20,4 x 14 x 2,2 cm
  • Moyenne des commentaires client : 3.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 24.102 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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4.0 étoiles sur 5 Une réflexion de fond sur le statut de la sociologie 12 décembre 2009
Par Claude
Format:Broché|Achat authentifié par Amazon
En reprenant la matière d'un cycle de conférences, Luc Boltanski remet en ordre sa vision du statut de la sociologie, en prenant des distances vis à vis d'une sociologie strictement critique. Le texte est très riche, d'accès ardu il faut l'admettre, mais gratifiant si on se donne la peine de s'accrocher et de repérer les développements les plus accessibles. A recommander la fin de l'ouvrage et la description de la la domination gestionnnaire, qui apporte des clés de compréhension pour nos sociétés modernes.
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11 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Attention, chute de truismes. 14 février 2011
Format:Broché
Luc Boltanski a publié en décembre 2009 De la critique, dans la collection Essais de Gallimard. Shuffle Master, à qui Le Nouvel esprit du capitalisme, en dépit d'une langue bien pâteuse, n'avait pas déplu, avait jeté son dévolu sur cet ouvrage, toujours dans le but de contribuer à l'édification de ses (malheureux) contemporains. Mal lui en a pris.
À l'adresse de ses nouveaux lecteurs, parfois rebutés par la profondeur des analyses, Shuffle Master va recourir à la métaphore filée (de tennis/de volley/de badminton) sportive.
Ce livre est donc un essai. Sans avoir besoin de faire appel à l'arbitrage vidéo, on peut dire qu'il n'est pas transformé, et ce, pour trois raisons : Luc Boltanski n'avait pas le ballon, il avait mis dès le début le pied en touche, et il ne faisait pas partie de l'équipe. Ce qui fait beaucoup.
Luc Boltanski n'avait pas le ballon : le sous-titre de l'ouvrage est Précis de sociologie de l'émancipation. Faisons dès l'abord litière de ces trois prédicats (moi aussi je sais causer comme à l'EHESS). « Précis », qui emprunte au vocabulaire juridique (cf les Précis Dalloz), est bien mal choisi. Le texte est un fatras de considérations théoriques, issues de trois exposés donnés par l'auteur, et cimentées tant bien que mal, dans un objectif qu'on peine à discerner. De sociologie, il n'y a guère, si on entend par sociologie une tentative d'explication de la société dans laquelle on vit. Pas de références à des études de terrain, pas de chiffres, pas de statistiques, rien, du vent, et encore du vent. Ce n'est pas les deux misérables contributions lexicales dont se targue Boltanski qui donneront du corps à l'ouvrage : pas plus la contradiction herméneutique (en termes clairs, la contradiction entre les principes et la réalité, s'agissant des institutions), dont les chamans du néolithique avaient déjà épuisé toutes les possibilités, que le grotesque néologisme de mon&réal (ce n'est pas une faute de frappe), page 204 et suivantes. Quant à l'émancipation, il faut attendre la toute fin du livre, plus précisément la page 233 pour que l'auteur nous donne enfin la clé du camion : l'émancipation passera par la révolte. Bon sang, mais c'est bien sûr ! On se demande où ils vont chercher tout ça. Tant de lucidité laisse sans voix. Ce n'est pas tout ; on apprend également que les règles (le droit) ne s'appliquent pas de la même manière à tout le monde et que ceux qui les édictent s'en affranchissent, que quand une épreuve est mise à la portée de tous, les dominants s'en détournent pour se diriger vers d'autres épreuves dans lesquels ils disposent des avantages qu'ils ont perdus dans les précédentes, que la nouvelle élite est internationale et financière, que le mode de domination est désormais gestionnaire, que les experts ont la mainmise sur le débat public...etc, enfin une succession de truismes assez désolante. Allez plutôt voir chez Pierre Le Goff ; tout y est, et c'est bien écrit.
Luc Boltanski a mis le pied en touche. Pour appuyer son argumentation, qui, seule, paraît de guingois, il doit convoquer la linguistique (la métacritique...etc), la philosophie (Wittgenstein, Deleuze...), le droit. Il ne fait d'ailleurs que les convoquer, personne ne vient. Pas c... Il va falloir arrêter avec cette fumisterie de l'interdisciplinarité. On ne fait pas du jardinage avec des outils de plombier. Ici, une sirène doit normalement retentir, signalant l'argument populiste. Une contribution, pourtant, aurait été intéressante : l'analyse psychologique, voire psychiatrique des « décideurs » et des « responsables » dans leur double statut de personnes et de représentants d'une institution. Mais un truc sérieux, pas de la matassinade à la Erving Goffman, que semble apprécier Boltanski, comme par un fait exprès.
Luc Boltanski ne fait pas partie de l'équipe. On pourrait même le soupçonner de jouer contre son camp. Les «dominants » peuvent dormir tranquilles. Deux exemples. Tout d'abord, entre les lignes et souvent dedans, Boltanski n'en finit plus de régler ses comptes avec Bourdieu et avec l'analyse marxiste, qui présentent, malgré qu'il en ait, et sûrement à son grand dépit, des grilles d'analyse bien plus performatives (c'est bon, coco, ça, performatif) que les siennes. Ensuite, Boltanski rejette la notion d'aliénation (par les médias, notamment) pour faire des acteurs des personnes, certes sans illusion sur la réalité (construite) et le monde (réel), mais libres de leurs décisions et de leurs pensées. On ne doit pas fréquenter les mêmes personnes. On dira simplement que c'est sur cette fiction de l'acteur individuel, libre et responsable que s'est bâtie la société libérale qui est en train de nous faire crever après nous avoir pourri la vie.
Tested but not approved by Shuffle Master.
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