Un roman réaliste, bien écrit, selon un procédé original, et dont l'intrigue a de quoi exciter la curiosité. Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'envie de lire cette histoire d'une seule traite, afin d'arriver le plus vite possible à la révélation attendue impatiemment. Mais l'auteur se plaît à nous faire languir - narration oblige -, s'attardant beaucoup à raconter la vie et les problèmes de chacun des protagonistes. Bon! C'est sans doute nécessaire pour la compréhension du dénouement. Cependant, dans ce noir scénario, le lecteur navigue en eaux troubles, dans des pages où l'émotion est absente. C'est juste un constat!
Enfin, et ce n'est pas trop tôt, au chapitre 9, un petit enfant, avec ses mots fondants, vient apporter un petit rayon de soleil! Quatre pages qui pour moi sauvent le reste. Rien de tel que l'apparition d'un bambin pour dégeler une atmosphère oppressante. "Lorsque l'enfant paraît..." disait Monsieur Victor HUGO. Il avait bien raison!
Ce livre hantera sans doute mon esprit pendant quelque temps, preuve quand même qu'il a une certaine valeur. Bien sûr le sujet donne à réfléchir. La société et la famille n'y apparaissent pas sous leur jour le plus reluisant. Oui, pauvre humanité! Ce roman laisse un goût amer. Plus tard, si je le vois dans ma bibliothèque, je n'aurai pas envie de le reprendre, d'y revenir. Il n'est pas du genre que l'on savoure, mais qu'on dévore, puis qu'on digère et c'est fini. Je ne donnerai pas non plus ce livre à quelqu'un de mon entourage, que ce choix laisserait perplexe. Comment le pourrai-je, ayant effectué, à travers ces pages, cette visite désenchantée dans une famille dépourvue de valeurs morales, qui s'enfonce dans la tragédie? J'aurais mauvaise conscience! Pourtant on peut en tirer des enseignements.
De toute façon, ayant jeté un oeil sur le résumé, d'emblée, je n'aurais pas acheté ce livre sombre. Il ne m'aurait pas attirée. Je l'ai eu en cadeau (pas de ma famille, ni de mes amis, mais d'une société). Finalement, je ne regrette pas de l'avoir lu. Lisez-le aussi si vous voulez en partager le secret avec moi.
Comme dit si bien le petit garçon dans le chapitre 9 : "...Comment on peut se souvenir d'un secret, si on ne le dit à personne?".