Quatrième de couverture
L'effondrement du communisme - rival historique de la social-démocratie sur les plans politique et idéologique pendant soixante-quinze ans - n'a pas inauguré " un nouveau siècle social-démocrate " mais a plutôt entraîné une crise et un déclin de la gauche démocratique en Europe de l'Est et de l'Ouest. Autre paradoxe : hier encore, les partis sociaux-démocrates, après quarante ans d'hésitations et d'efforts, étaient sur le point de dépasser les modèles classiques du réformisme national et s'engageaient sur la voie de la stratégie d'intégration européenne, allant jusqu'à soutenir le traité de Maastricht. Aujourd'hui, ils doivent affronter l'émergence, voire la renaissance, sur le vieux continent (Scandinavie, Italie, Belgique, France, Europe centrale et orientale ...), de puissants besoins d'appartenance nationale et locale ainsi que des replis ethnocentriques. Questionnés par ces paradoxes, les partis sociaux-démocrates se heurtent au dilemme suivant : au tournant du siècle, leurs stratégies doivent-elles reposer sur la réédition de l'identification du socialisme à la nation ou, au contraire, s'appuyer sur un renforcement de la coopération transnationale afin de relever les pressants défis de la mondialisation et de l'interdépendance (crise économique et instabilité monétaire, chômage, migrations, sécurité, environnement) ? Quel équilibre nouveau est-il possible d'envisager et de réaliser entre les niveaux local, régional, national et européen de l'action social-démocrate ?