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Né dans le Piémont en 1932, titulaire de la chaire de sémiotique de l’université de Bologne, Umberto Eco a enseigné à Paris au Collège de France ainsi qu’à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Il est l’auteur de six romans parmi lesquels le célèbre Nom de la Rose et de nombreux essais, dont Comment voyager avec un saumon et À reculons comme une écrevisse.
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Un roman populaire est également, et avant toute chose, un roman « commandité » par le peuple. Dans ce type de roman, l’auteur donne au lecteur exactement ce qu’il a demandé. Ces romans sont le reflet d’une réalité politique et sociale et bien sûr, cela permet au lecteur de s’identifier avec une facilité déconcertante tant aux personnages qu’au milieu qui les entourent.
Loin de dénigrer ces romans, Eco tient seulement à préciser qu’ils ont tous recours au même schéma (Zola, Dumas, Sue, Hugo, …) et qu’en plus, ils ont souvent des points communs au niveau de l’édition : publication hebdomadaire au sein d’un journal et paiement à la ligne ! Cela donne des lourdeurs et des redondances parfois difficiles à digérer. D’ailleurs, Eco s’est essayé à la traduction italienne de Monte-Cristo, gagnant parfois jusqu’à 25% de mots, mais il dut abandonner après une centaine de feuillets parce que, je cite : « J’ai capitulé car j’ai compris que j’allais devoir continuer [à tout réécrire] sur deux mille feuillets et aussi parce que je me suis demandé si les formes ampoulées, la platitude et les redondances ne faisaient pas partie de la machine narrative. »
Il dit encore : « Le roman dumasien est une machine à produire de l’agonie, et ce n’est pas la qualité des râles qui compte, c’est bien leur longueur. »
Et de clôturer : « Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier est sans aucun doute mille fois mieux écrit que le Comte de Monte-Cristo, mais il alimente l’imagination et la sensibilité d’un petit nombre, il n’est pas immense comme Monte-Cristo, pas aussi homérique, il n’est pas destiné à nourrir avec une égale vigueur et une aussi longue durée l’imaginaire collectif. »
(Je me demande ce qu’il pense de la Cartland !?)
Dans la deuxième partie de cette étude, Eco enchaîne sur Superman. Il nous montre que celui-ci (et tous les super-héros, depuis Tarzan) est en fait le parfait modèle d’un homme « hétérodirigé », c’est-à-dire qui vit au sein d’un monde technique, doué d’une structure socio-économique forte et auquel la société suggère constamment les faits et gestes (publicité, télévision, …). Le choix idéologique est donc imposé ! Bien sûr, il le dit mieux que moi, mais en plus de pages et je ne voudrais pas vous fatiguer… Cela dit, la filiation est claire, les romans populaires sont des romans qui s’adaptent au peuple et ce, à chaque époque, et c’est pour cela qu’ils marchent… et cela n’a rien à voir avec la « qualité » d’un livre. Les « Comics Books » et autre « Pulp Magazines » se vendent, se sont toujours vendus et se vendront toujours… Donnez au peuple, etc… la formule est connue !
(Mais où reste la qualité !?)
Quand on pense qu’Umberto Eco a écrit cette étude en 1978, on ne peut que le féliciter de la justesse de ses vues avant Star Academy et autres inepties débilitantes…
Ah Eco… pour longtemps encore mon maître à penser ! Et j’en suis fier !
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