Emilie est coiffeuse. Sa vie est réglée sur l'horloge de son salon, et ponctuée de temps en temps par les fantaisies de sa mère dépressive qui vient d'être larguée par son goujat de mari, lequel considère qu'une jeune plante vigoureuse a plus de chance de passer l'hiver.
Emilie qui ne demande rien, reçoit un jour une lettre d'amour anonyme. Et l'idée saugrenue lui vient de l'adresser à sa mère pour lui remonter un peu le moral. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que cette lettre a été écrite par Jean, l'homme à tout faire du salon, dont la vraie place serait au CNRS si la crise n'inventait pas sans arrêt des nouveaux métiers.
Forcément, un tel scénario est rempli de portes, mais le trousseau de clés est bien garni.
Ce triangle improbable crée un labyrinthe de situations où le bon chemin n'est pas toujours celui qu'on avait pris.
Nathalie Baye domine tellement le casting, que l'énergie qu'elle tire du personnage donne parfois l'impression que les autres rament à ses côtés. Audrey Tautou joue une garce qui ne restitue peut-être pas tout le cynisme que lui offre le rôle. Quand à Sami Bouajila il incarne bien ce côté lunaire que Pierre Salvadori avait déjà donné à Gad Elmaleh dans « Hors de prix ». Je note au passage que les deux s'appellent Jean comme d'autres s'appellent toujours Pignon.
Salvadori est un bon dialoguiste-scénariste dans le paysage français de la comédie. Aucune raison que ça foire.
Ludi