17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Splendide, enivrant, hallucinogène, 31 juillet 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dead Man (DVD)
Dead Man, ou un voyage totalement hallucinogène et enivrant, mystique et intense, à travers l'histoire sans queue ni tête de William Blake, un comptable du XIXème siècle homonyme d'un célèbre poète et peintre anglais du XVIIIème siècle, qui croise le chemin de l'indien Nobody persuadé qu'il s'agit du véritable William Blake. Nobody le considère alors comme une âme morte égarée qu'il se doit de guider j'usqu'au "miroir", là où se touchent le ciel et la terre.
William Blake nous apparaît comme un antihéros dont l'inconsistance est magistralement interprétée par Johnny Depp, qui réussit à lui insuffler des notes tragiques d'une finesse remarquable.
L'évolution de ce personnage, son changement de personnalité sont frappants : de comptable rangé en costume engoncé, il devient poète sanguinaire au sein d'une nature grandiose et sauvage
Nobody, très attachant en guide philosophe (il cite tout au long du film des vers tirés des poèmes du véritable William Blake) est très différent de l'image virile et athlétique que renvoient habituellement les indiens.
Le film de Jim Jarmusch touche au genre du western qui sert de support à la mise en scène d'une culture américaine bestiale et violente, où les armes à feu sont reines et où la mort est une banalité. La civilisation des Dickinson y prospère dans la plus grande inhumanité et incivilité.
Le noir et blanc, sublime, divulgue de magnifiques jeux de lumière et des plans tantôt oppressants, au plus près des visages, tantôt panoramiques.
Chaque image a son importance dans ce film où les symboles et les métaphores abondent, tels le faon mort dont le corps paraît aussi frêle et fragile que celui de Blake, et l'élévation spirituelle de ce dernier représentée par sa vision troublée au moment où Nobody le prive de ses lunettes.
Il est indispensable de souligner le brio de la bande originale de Neil Young, composée d'accords de guitare électrique lancinants et hypnotisants qui contribuent largement à plonger le spectateur dans une dimension proche de la transe chamanique.
En somme, Dead Man apparaît comme un film merveilleusement poétique, somptueusement maîtrisé, hors des conventions.
C'est toute l'Amérique que décrit le réalisateur, à travers un conte sur l'effondrement, la mort, le cercle de la vie et le destin.
Une image de toute beauté soutenant un scénario juste et une expressivité envoûante des deux protagonistes principaux laissent le specteteur dans un état second, entre la fascination, l'enchantement et l'incompréhension face à cette "histoire sans histoire".
Une perle que tout cinéphile se doit de connaître, de préférence en version originale pour en garder toute l'authenticité.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Mystique et envoutant, 5 janvier 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dead Man (DVD)
Tous les personnages hautement symboliques apparaissant dans ce film, sont la quintessence d'une société dictatoriale ou la démocratie est utilisée comme un leurre à la culpabilité et au pouvoir de l'argent incarné par un père (Robert Mitchum) dont la récupération de son cheval importe plus que la mort de son fils tué par un pauvre comptable (Johnny Deep) qui commençait à peine à entrevoir la lumière par l'intermédiaire d'un amour imparfait dans sa conclusion (la mort)
Débute alors Le chemin de croix de Johnny Deep (William Blake) aidé par un hérétique indien (Nobody) au milieu d'un territoire hostile, ou l'issue fatale rend le noir et blanc du film magnifique.
Le tabac, comme la vie qui part en fumée de William Blake, étant le leitmotiv de cet indien qui fait parler les pierres, comme William Blake réincarnation du poète anglais fait parler la poudre en tuant des blancs méprisants et surs de leur force.
Un film superbe et lent comme la vie s'échappant du héros et dont l'interprétation magnifique de Johnny Deep sublime le personnage.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
une pièce maitresse du noir et blanc moderne, 24 janvier 2006
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Il est des films pour lesquels on ne sait pourquoi, la magie s’opère de façon envoutante comme les effets d’une bouffée d’opium. Il en ai qui vous charge d’adrénaline tout en puisant dans votre influx, vous laissant toutefois une saveur éphémère. La vous êtes bercé par une histoire somme toute simple et philosophique, mais chaque images chaque portraits valent leur pesant de mystère, d’originalité voir d’admiration. Le noir et blanc contribue à l’atmosphère du film imageant la frontière ici indécise entre la vie et la mort. Ne sachant ou se positionner la composition de Neil Young et sa guitare, précise et ardente comme un enfer vous font vaciller d’un bord à l’autre de cette ligne. Johnny « belle gueule » est bien profond dans son interprétation. Décalé à souhait dans cet univers il mue tout au long de l’histoire pour troquer son angélisme naïf contre cette froideur implacable d’un tueur malgré lui.
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