Tout à fait incroyable, cette B.O. me semble indissociable du film de Jim Jarmusch,
et difficile à appréhender pour qui n'aurait pas vu Dead Man.
Pour accompagner les scènes, Neil Young a joué tout en visionnant les rush du film: Une projection,une prise de son.
Le réalisateur savait, à la fin du tournage, que le "loner" était en tournée dans l'état voisin.
La rencontre a pu se faire, et cet accompagnement est né très Simplement.
Nous sommes ici en présence d'une longue improvisation électrisée, façon Loren Mazzacane Connors,soutenue par des extraits de la
bande-son originale: parfait pour revivre la magie de ce film onirique et sombre, tourné en noir et blanc.
Très peu de dialogues, dans ce film étrange.A l'écoute,on se remémore donc les scènes plus par les bruitages que par
les voix des acteurs. L'artiste a dessiné de sa 6 cordes plusieurs thèmes,disons plutôt plusieurs ambiances, qui reviennent tout au long de l'album,qui s'enchaînent se déclinent et se défont selon les scènes qu'ils illustrent, comme le font habituellement ceux qui composent pour le cinéma.
Seule, tendue , menaçante, la guitare de Neil Young nous fait vivre les différentes ambiances du film avec franchise,justesse et vérité.
Aux antipodes des formats folk ou rock, ce CD n'est surtout pas destiné aux amateurs de chansons pures, comme le fait habituellement Neil Young, mais plutôt à celles et ceux qui sont prêts à revivre la traque que raconte "Dead Man", ou encore à s'inventer des voyages intérieurs sur la durée d'un disque.