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Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Les villes aussi sont mortelles......,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dead cities (Broché)
Mike Davis, professeur d'histoire urbaine à l'université de Californie, s'était fait remarquer en publiant en 1998, "City of quartz" City of Quartz : Los Angeles, capitale du futur, dans lequel il analysait l'anti-modèle absolu du développement urbain que constituait alors la ville de Los Angeles...Il récidive aujourd'hui avec cet ouvrage, "Dead cities", dans lequel il s'interroge sur le caractère éminemment périssable des villes modernes. Le livre regroupe trois contributions qui se situent à trois instants différents dans l'histoire de la ville. Le premier article décortique le processus qui a abouti, durant la seconde guerre mondiale, à la destruction massive des villes allemandes et japonaises par la voie du bombardement aérien. Alors que britanniques et américains, au début de la guerre, étaient plutôt hostiles aux stratégies de bombardement anti-villes, préférant privilégier les objectifs militaires ciblés, le bombardement intensif de Londres par la Luftwaffe, à compter d'aout 1940, les fera progressivement changer d'avis pour aboutir à la planification de la destruction systématique des villes allemandes et japonaises à compter de 1943. Bombes incendiaires, au napalm, au phosphore...toutes les techniques de destruction les plus meurtrières seront testées avec application et perfectionnées jusqu'à obtenir des résultats effrayants : d'immenses quartiers dévastés par des déluges de flammes dans lesquelles périront des centaines de milliers (peut-être des millions?) de victimes, brulées vives ou asphyxiées : Berlin, Dresde, Hambourg, Tokyo, pour finir par l'apocalypse atomique d'Hiroshima et de Nagazaki.... Le second article s'interroge sur le destin tragique de New York, victime de l'attentat du 11 septembre 2001, mais cité auparavant maintes fois détruite dans les oeuvres de fiction, littéraires ou cinématographiques, et réceptacle de toutes les peurs urbaines depuis plus d'un siècle. HG Wells dans une nouvelle de 1907, "la guerre dans les airs", faisait bombarder New York par les Zeppelins du Kaiser Guillaume La guerre dans les airs. Puis ce sera au tour de King Kong de s'attaquer en 1933 aux gratte-ciel de la Grosse Pomme. Suivront Batman, tentant de rétablir l'ordre et la justice dans un Gotham/New York City, dévasté par la criminalité et, à sa suite, tous les super-héros de l'Amérique. La ville devra encore subir les attaques de monstres ("godzilla"), de virus mortels ("Couvre feu") ou d'extra-terrestres ("indépendance day"), avant d'être livrée, mais cette fois pour de vrai, à la folie meurtrière des djihadistes d'Al Qaida...La ville moderne, s'interroge l'auteur, secrèterait-elle les peurs responsables de sa propre destruction ? Le troisième article se projette dans l'avenir et se demande combien de temps une ville comme Londres résisterait-elle à la puissance destructrice de la nature sans l'intervention de l'homme ? Le livre est, sur ce thème, à mettre en parallèle avec un autre ouvrage remarquable, "Homo Disparitus" Homo disparitus du journaliste Alan Weismann. Les deux auteurs tombent d'accord pour considérer que des espèces végétales invasives, aidées par les animaux, ne mettraient pas longtemps à recoloniser les territoires gagnés par la ville. Quelques dizaines d'années suffiraient pour faire disparaitre la majeure partie des constructions, même les structures en béton armé ne résisteraient pas plus d'un ou deux siècles à la disparition de l'homme... En définitive, un livre pas désagréable à lire, où l'on apprend une foule de choses sur un sujet au départ pas forcément porteur et ce, en dépit de développements parfois abscons, voire ésotériques (la traduction ?), qui justifient le retrait d'une étoile. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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