J’avais beaucoup aimé et apprécié
Feed, Tome 1 en son temps, démontrant qu’il était possible de faire quelque chose d’autre que du post-apocalyptique avec nos nouveaux héros morts que sont les Zombis.
Cependant lorsqu’un livre au contexte aussi original est suivi d’un autre, on court le risque que l’univers soit simplement réutilisé, perdant du même coup une part importante de l’intérêt.
C’est hélas ce qui est arrivé dans Deadline, entre autre chose.
Vous vous souvenez en effet de la mort dramatique de Georgia à la fin de Feed, par conséquent le narrateur ne pouvait être que Shaun. Mais le personnage introverti, baroudeur de Shaun est loin d’avoir le même charisme que sa sœur (l’auteur a respecté en cela ses propres personnages). La narration est donc moins vivante, moins personnelle que celle à laquelle nous avons eu droit dans Feed.
Pourtant Georgia est toujours là … dans la tête de Shaun, qui se pense simplement fou, car sa voix n’est pas qu’un souvenir, elle le conseille, l’aide. Mais bon, le monde étant également devenu fou, ce n’est pas le handicap que ça aurait pu être en d’autres temps ! Shaun continue donc sa vie, apparemment seul et réunit une nouvelle équipe de journalistes des temps modernes pour poursuivre l'enquête.
Cependant, suite aux extraordinaires révélations de la fin de Feed, nous pouvions raisonnablement nous attendre à l’exposition puis à l’explosion d’une conspiration qui dépasse l’entendement. Et là lecteur, il faudra apprendre à ronger ton frein, Deadline ne fera avancer l'intrigue que de façon limitée, même si il en augmentera les enjeux.
Il te faudra donc revivre Feed, certains lecteurs apprécieront certes de retrouver un univers qu'ils ont bien aimé, quant à moi j'ai été agacé de cette stagnation de l'intrigue.
N'ayant donc pas grand chose à rajouter au pot, l'auteur amplifie encore ses répétitions concernant les procédures de protection contre la contagion du virus Kellis-Amberlee.
Enfin le contexte assez rigoureux dans lequel l'auteur nous avait plongé dans Feed, et qui donnait un grand sentiment de réalisme, est partiellement perdu ici tant l'auteur y a intégré de la pseudo-science concernant les virus et surtout concernant l'explication de la présence de Georgia dans la tête de Shaun.
Snif, encore un livre gâché par sa propre suite.