A la sortie de "In absentia", les fans du Porcupine Tree auront remarqués que la musique du groupe avait eu tendance à se durcir par endroit. Etait-ce dû à l'arrivée de leur nouveau (génialissime) Batteur ? Toujours est-t-il que les guitares s'y montraient plus présentes et manifestement plus acérées qu'auparavant. Cette composante, que certains auront affilié à la famille Metal, se voie encore accentuée sur celui-ci. Alors c'est vrai, jouant souvent la carte de la saturation et/ou du riff tranchant, les guitares ne manquent clairement pas de mordant. Est-ce à dire que Porcupine Tree doit désormais être classé dans la catégorie Metal ? J'affirme que non. La bande à Steve Wilson ne joue définitivement pas dans le même registre qu'un groupe comme Dream Theater par exemple ... Et c'est tant mieux !!!
Comme pour tout album de Porcupine Tree, il est très difficile de décrire celui-ci avec exactitude, tant (une fois de plus) les ambiances, les couleurs et les multiples tonalités qui le compose se fondent et se confondent entre elles. Seule certitude me concernant, Wilson est un génie. Car si les premières oeuvres du groupe évoquaient par endroits quelques fantômes Floydien (le timbre de Steve n'étant pas si éloigné que ça de celui de Roger Waters), "Deadwing" tend à se démarquer de certaines de ses influences relatives à l'ère Progressive. Résultat, Porcupine Tree peut se targuer de nous offrir à chaque fois un voyage sensoriel et sensuelle, tout en faisant le grand écart entre douceurs indicibles ("Lazarus" et "Mellotron scratch" entre autres) et hautes tensions nerveux, à l'instar des deux morceaux ouvrant l'album.
Avec "Deadwing", PT renforce encore son crédit, et prouve, sans apparentes difficultés, qu'il est définitivement à ranger au rang des très grands groupes contemporains de ce début de siècle. 18,5/20