Il n'est pas trop tard pour découvrir un des meilleurs albums pop de l'année écoulée : ce nouvel opus de "Loney Dear", Émile Svanangen pour l'état-civil. Un brillant et attachant song-writer suédois arrivé ici à une maîtrise certaine d'un genre en pleine expansion : la ballade mélancolique aux (faux) airs de bricolage maison. Déjà plus que convaincant sur "Sologne" et "Loney Noir", son univers s'est enrichi pour cet album d'arrangements électro-pop inventifs et de choeurs émouvants (réminiscences de la chorale pop alternative de "I"m From Barcelona" avec lesquuels il est copain?). À l'écoute de bijoux tels que "I Was Only Going Out" ou "Under A Silent Sea", merveilleuses chansons où la voix fragile et plaintive de Loney Dear touche au coeur, on oserait même évoquer le souvenir des plus belles heures des Beach Boys. Là où certains artistes pourtant respectables - comme Bonnie Prince Billy ou Michael J. Sheehy - proposent un folk-rock à la longue dépressif qui nous barbe un peu, cet outsider inspiré nous emballe avec une mélancolie fragile, et toujours mélodique. Évitant les pièges de l'artiste tourmenté rébarbatif, c'est juste un splendide voyage dans son monde intérieur, qui, mine de rien, vous embarque jusqu'au bout. Un excellent disque donc, avec juste un titre plus faible : "Harm/Slow" - qui reprend inutilement l'Adagio d'Albinoni - mais ça ne parvient pas à gâcher l'excellence du moment qui vous attend à l'écoute de ce disque de chambre. Un de ceux qui ont confirmé la vigueur en 2009 de la musique "pop-folk indie" du Nord, à l'instar des derniers Peter Bjorn and John, Anna Ternheim ou Kings of Convenience...