Hé bien c'est un SAEZ assez prévisible qui débarque sur ce 3ième opus.
Après un double album studio de 2h30 (enchaînées) de grande envergure, il nous revient avec 11 titres, sur 1h. Ce qu'on aime chez lui, c'est la voix d'ange en larmes, de bébé grandi trop vite, ce fluet filet si particulier. Hé bien vous allez en manger: Damien n'a fait aucun effort pour atténuer cette caractéristique. Le titre bonus acoustique de l'édition limitée est même pénible.
Côté musique, il lorgne toujours du même côté, le rock indé écorché, français ou anglosaxon, et la chanson française classique à la Brel. Le mélange est souvent savoureux, mais Saez ne sait pas cacher ses influences pour les digérer: on avait assisté, avec le morceau "jours étranges" à un pur plagiat de quelques mesures de Radiohead ("Exit Music"); ici, dans "Debbie", il pompe noir désir, époque "Veuillez rendre l'âme / "Du ciment sous les plaines". Ils les méprisait pourtant ouvertement dans une interview de 2000. On trouve chez lui cette tendance charmante à la musique "trippante" mais il fonce dans le cliché à la vitesse de l'éclair: ses textes s'avèrent toujours aussi naïfs.
Alors, musique de lycéens, oui et non. Saez fait toujours ce savant mélange révolte/desespoir à la sauce poète de bohème. Il gâche un peu son bon niveau musical et ses influences en les parodiant presque systématiquement. A croire qu'il le fait exprès, et que son (jeune) public ne s'en rend pas compte.
J'ai 27 ans. Je ne cesse de me dire que je n'ai plus l'âge de l'écouter: pourtant j'y reviens, car il y a chez lui, à certains moments, de véritables frissons, une grâce particulière, qui promet.
Attendons!
En tous cas, derrière "God Blesse", Debbie est vite avalé.
Quelques perles sont disséminées dans ces 65 minutes, et elles coulent avec bonheur. Jetez une oreille.
Quant aux anti-Saez, ils vont encore se gausser longtemps.